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Inquiétude après la disparition de Lu Guang, un photojournaliste chinois renommé

Né en 1961, Lu Guang jouit du statut de résident aux États-Unis.
Né en 1961, Lu Guang jouit du statut de résident aux États-Unis. Reuters (archives)

Le célèbre photojournaliste chinois Lu Guang, primé à plusieurs reprises, n'a plus donné de nouvelles depuis le 3 novembre. Son épouse affirme qu’il a été interpellé par la Sécurité d'État dans la région à majorité musulmane du Xinjiang.

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Lu Guang, un photojournaliste chinois de renom dont le travail a été récompensé à plusieurs reprises à l'étranger, a disparu dans la région à majorité musulmane du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, après avoir été interpellé.

La semaine dernière, l'épouse de Lu Guang a déclaré par téléphone à l'AFP être sans nouvelles depuis la soirée du 3 novembre du reporter alors qu'il voyageait, selon elle, en tant que touriste. Le Xinjiang, qui était dans le passé régulièrement frappé par des attentats meurtriers, est sous haute surveillance policière.

Les autorités communistes sont accusées d'y avoir construit des camps d'internement au nom de la lutte contre le terrorisme islamiste. Pékin assure qu'il s'agit de centres de formation professionnelle.

L'ambassade des États-Unis "vivement préoccupée" par cette disparition

Lu Guang, né en 1961 et rendu célèbre par ses reportages sur les dégâts sur l'environnement de la croissance à tout prix en vigueur en Chine, a le statut de résident aux États-Unis, selon son épouse, Xu Xiaoli, interrogée depuis New York. Elle dit avoir appris par un proche qu’il avait été interpellé par la Sécurité d'État et emmené dans la ville de Kashgar, au Xinjiang.

Une information qui lui a été confirmée, selon elle, par la police de Yongkang (est), ville natale du photographe. Toutefois, aucun motif justifiant son arrestation n'a pour l'instant été communiqué à sa femme. Sur un compte Twitter dédié au photographe, Xu Xiaoli a indiqué être "extrêmement inquiète", et espèrer "qu'il reviendra à la maison en toute sécurité".

L'ambassade des États-Unis à Pékin a indiqué à l'AFP, dans un communiqué, qu'elle était "vivement préoccupée par les informations faisant état de la détention du photojournaliste Lu Guang par les services de sécurité chinois". "Nous continuons d'exhorter la Chine à permettre à tous les individus d'exprimer leurs opinions sans crainte de représailles et aux journalistes de faire leur travail sans ingérence."

RSF appelle à la libération de Lu Guang

"Nous demandons aux autorités chinoises de faire toute la lumière sur le sort de Lu Guang", a déclaré de son côté Cédric Alviani, directeur du Bureau Asie de l’Est de Reporters sans frontières (RSF), qui rappelle "qu’il est de la responsabilité de l’État chinois d’assurer la libre circulation et la sécurité des journalistes, y compris dans la province du Xinjiang".

En 25 ans de carrière, l’ancien ouvrier devenu photographe indépendant a reçu de nombreuses récompenses, notamment un prix du World Press Photo en 2004 pour son travail sur les villages dont des habitants ont été contaminés par le virus du sida à la suite de prises de sang rémunérées. Il a remporté ce prix à deux autres reprises, en 2011 et 2015. Lu Guang avait exposé des clichés en France en 2017, au festival Visa pour l'Image, où son travail avait été salué.

Interrogée par l'AFP, la police de Yongkang a dit tout ignorer de ces informations. Les services de communication de la région du Xinjiang ne pouvaient être joints et la police de la ville de Kashgar a raccroché après avoir entendu que l'appel provenait de l'AFP.

Dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2018 publié par RSF, la Chine stagne au 176e rang sur 180.

Avec AFP

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