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L'extrême droite entre au Parlement en Andalousie, une première depuis la fin du franquisme

Le leader du parti d'extrême-droite Vox Santiago Abascal à Grenade le 26 novembre 2018.
Le leader du parti d'extrême-droite Vox Santiago Abascal à Grenade le 26 novembre 2018. Cristina Quicler, AFP

Si le Parti socialiste espagnol reste majoritaire au parlement régional en Andalousie avec 33 élus sur 109, la surprise vient de l'extrême droite. Le petit parti Vox a récolté 12 sièges, une première depuis le retour de la démocratie il y a 40 ans.

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"Tremblement de terre en Andalousie", titrait El Pais dans son édito lundi 3 décembre, quand le journal régional Noticias de Andalucia soulignait le "Retournement historique" dans le paysage politique. L'extrême droite n'est plus un fantôme en Espagne avec l'entrée surprise de Vox. Le petit parti a remporté 12 sièges au parlement andalou. Une première depuis le rétablissement de la démocratie en Espagne après la mort du dictateur Francisco Franco en 1975.

"C'est très symbolique parce que depuis quarante ans, il n'y avait pas de percée de l'extrême droite en Espagne", commente la correspondante de France 24 en Espagne Melina Huet. Le parti conservateur (PP) rassemblait habituellement les voix les plus à droite"

La formation de Santiago Abascal, connue pour ses positions populistes, a mis fin à la domination de la gauche dans la région la plus peuplée du pays, une gifle pour pour le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez. Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) enregistre le pire résultat de son histoire en Andalousie, une région méridionale de 8,4 millions d'habitants.

L'extrême droite fait son entrée en Andalousie : "C'est un parti anti-avortement, anti-immigration, anti-féministe"

"Les Andalous ont fait l'histoire"

Il tombe de 47 à 33 sièges (sur 109). Ceux obtenus par ses alliés de la gauche radicale ne lui suffiront pas pour parvenir à la majorité absolue de 55 sièges et donc pour former un gouvernement.

Le PSOE dirige l'Andalousie, seul ou en coalition, depuis 1982 mais n'a pas réussi à faire reculer le chômage et a été éclaboussé par un vaste scandale dans lequel sont impliqués deux anciens présidents de la région et ayant donné lieu à un procès-fleuve qui approche de son dénouement.

"Les Andalous ont fait l'histoire (...) et se sont débarrassés de 36 ans de de régime socialiste", a lancé son chef Santiago Abascal, en célébrant son "triomphe". Vox, né en 2013 et opposé à l'immigration illégale et à l'indépendantisme catalan, a dépassé les prévisions des sondages qui le créditaient au mieux de cinq sièges.

Avant même la publication des premiers résultats, Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national (France, extrême droite), avait adressé dans un tweet "ses vives et chaleureuses félicitations" à ses "amis de Vox".

"Faisons de l'Espagne un grand pays à nouveau"

"Les positions de Vox contre l'immigration font écho à celles de Donald Trump, comme celles de construire de hauts murs à Ceuta et Melilla, ces deux enclaves entre le Maroc et l'Espagne qui sont des points de passage pour des milliers d'immigrants clandestins", rappelle Melina Huet. "Le slogan du petit parti espagnol "Hagamos España grande de nuevo" ("Faisons de l'Espagne un grand pays à nouveau") fait penser à celui de celui du président américain".

Vox fait campagne contre l'immigration illégale et pour l'interdiction des partis indépendantistes catalans. Il s'est joint à l'accusation dans le procès des indépendantistes accusés de "rébellion" pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne l'année dernière.

Il veut même supprimer l'autonomie des régions au nom des économies budgétaires et de la défense de l'unité de l'Espagne et demande l'abolition de la loi contre la violence machiste, estimant qu'elle va trop loin dans le "politiquement correct".

Reste à voir si les conservateurs du Parti Populaire (PP), qui ont remporté 26 sièges, et le Parti libéral Ciudadanos (centre droit), qui bondit de neuf à 21 sièges, vont accepter le soutien de Vox. Mathématiquement, en s'alliant à Vox, les deux partis de droite auraient une majorité de gouvernement avec 59 sièges. Aucun parti n'a exclu cette alliance sans précédent.

Avec AFP et Reuters

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