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Violences à Paris : des peines de 3 à 8 mois avec sursis pour les casseurs

Au total, 412 personnes ont été interpéllées durant les manifestations des "Gilets jaunes", le 1er décembre.
Au total, 412 personnes ont été interpéllées durant les manifestations des "Gilets jaunes", le 1er décembre. Abdulmoman Eassa, AFP

Les salles d'audience du tribunal de Paris dédiés aux comparutions immédiates ont vu affluer sans discontinuer, lundi, les manifestants arrêtés samedi lors des rassemblements de "Gilets jaunes". Selon le parquet, il y a eu 73 comparutions immédiates.

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Parmi les premiers prévenus à se présenter, au rythme d'un toutes les 15 ou 20 minutes, devant la 23e chambre du tribunal de Paris lundi 3 décembre, des hommes venus de province et âgés de 21 à 45 ans. Aucun n'a a priori le profil du casseur professionnel.

Les heurts lors du rassemblement des "Gilets jaunes", samedi, ont fait 133 blessés à Paris, dont 23 parmi les forces de l'ordre, selon le ministère de l'Intérieur.

>> Violences à Paris : des casseurs aux profils très différents

La plupart sont accusés de participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes et de dégradations de biens. Parfois aussi de port d'arme, de rébellion, violence contre personnes dépositaires de l'autorité publique ou destruction et dégradations de biens.

La jeune procureure fait valoir qu'il est étrange de retrouver sur des manifestants censés être pacifiques pétards potentiellement dangereux, couteaux, coups de poing américain, frondes avec leurs munitions et protections en tout genre, du masque à gaz au casque de ski ou de vélo.

Certains ont déjà un casier (conduite sous emprise de stupéfiant, violence, vol, voire trafic de drogue), mais la plupart n'ont pas d'antécédent judiciaire.

C'est ainsi la première fois que Bruno C. et Maxime B. se retrouvent derrière la paroi de verre du box des prévenus. Ces deux conducteurs de poids lourds de Seine-et-Marne et de la Marne, sans problème particulier de logement, en CDI avec un salaire de 1 500 à 2 000 euros pour l'un, 4 000 pour le second, demandent le report de leur procès pour préparer leur défense.

>> À lire aussi : L'exécutif laisse entendre qu'il travaille à un "geste fort"

Prison ferme

Les condamnations tombent : des peines de trois à huit mois de prison avec sursis, parfois assorties d'une interdiction temporaire de venir à Paris. Mais aussi quelques peines de plusieurs mois de prison ferme, dont certaines non aménageables, donc avec maintien en détention.

L'un des avocats commis d'office accuse les forces de l'ordre d'avoir opéré des coups de filet "à l'aveugle". "Ce ne sont pas des profils que vous avez l'habitude de voir en comparution immédiate", déclare-t-il au président de la cour. Il y a là notamment, dit-il, un équarisseur de Moselle, un ouvrier métallurgiste et un marin-pêcheur de Normandie, un menuisier du Val-d'Oise. "Où sont les casseurs ?", lance-t-il.

111 gardes à vue prolongées

Les vrais casseurs viendront plus tard – 111 gardes à vue ont été prolongées pour permettre un supplément d'investigation. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a promis dimanche "une réponse pénale extrêmement ferme" aux débordements de samedi. Selon le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, les peines théoriquement encourues pour les infractions retenues vont de trois ans à sept ans d'emprisonnement.

Au total, 412 personnes ont été interpellées samedi à Paris, dont 378 ont été placées en garde à vue. Parmi ces dernières, 163 majeurs ont été déférés au parquet de Paris, alors que 122 procédures ont fait l'objet d'un classement sans suite. Selon le parquet, il y a eu lundi 73 comparutions immédiates de majeurs.

Avec Reuters

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