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Sévère camouflet pour Theresa May qui perd un vote clef sur le Brexit au Parlement

Theresa May quittant le 10 Downing street, le 4 décembre 2018.
Theresa May quittant le 10 Downing street, le 4 décembre 2018. Henry Nicholls, Reuters

Accusé d'"outrage", le gouvernement britannique a perdu mercredi un vote clé. Les députés reprochent à la Première ministre Theresa May de ne pas avoir publié la totalité de l'avis juridique sur le projet d'accord de Brexit.

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C'est un vote clé sur le Brexit. Les députés ont estimé à 311 voix contre 293, mardi 4 décembre, que l'exécutif de la Première ministre Theresa May avait commis un "outrage au Parlement" en refusant de publier l'intégralité d'un avis juridique sur l'accord de Brexit, âprement négocié durant 17 mois avec Bruxelles.

"C'est très significatif sur les plans constitutionnel et politique. Le fait que cette Chambre estime que tout le gouvernement a commis un outrage est sans précédent", a commenté le député de l'opposition travailliste Keir Starmer.

Face à ce nouveau coup dur, le gouvernement conservateur a immédiatement fait amende honorable. La ministre chargée des Relations avec le Parlement, Andrea Leadsom, a promis que "l'avis final et complet" rédigé par l'Attorney General, ministre chargé de conseiller juridiquement le gouvernement, serait publié "demain", mercredi.

Le vote historique du 11 décembre et les multiples oppositions

Le vote a retardé de plusieurs heures le début de cinq jours de débats au Parlement britannique sur le Traité de retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, qui risque fort d'être recalé par la chambre des Communes lors d'un vote historique le 11 décembre.

"Le peuple britannique veut que nous allions de l'avant avec un accord qui respecte le résultat du référendum et nous permette de rassembler le pays, quelle que soit la manière dont nous avons voté", doit plaider Theresa May mardi soir, selon des extraits de son discours publiés à l'avance.

>> À lire : Theresa May et son plan sur le Brexit, la chasse aux 320 voix

L'opposition travailliste, les europhiles du Parti libéral-démocrate et les députés écossais indépendantistes s'opposent à l'accord de divorce négocié par la Première ministre, qui affronte aussi l'hostilité de son allié nord-irlandais, le petit parti unioniste DUP, et de députés conservateurs favorables à une rupture franche avec l'UE.

Le DUP a d'ailleurs voté contre le gouvernement mardi, a reconnu le député Nigel Dodds.

L'ombre d'une motion de défiance contre Theresa May

Menacée d'un échec au Parlement, la cheffe du gouvernement a fait planer la menace d'un départ de l'UE sans accord, avec de lourdes conséquences pour l'économie britannique. Elle a aussi averti qu'il pourrait bien ne pas y avoir de Brexit du tout.

Le Labour compte déclencher une motion de défiance si Theresa May échoue à faire adopter le texte. Sans compter les eurosceptiques de son propre camp qui voudraient aussi la renverser.

>> À lire : Theresa May : "Nul ne sait ce qui adviendra si l’accord de Brexit est rejeté"

Le référendum de juin 2016, remporté à 52 % par le camp du "Leave", a laissé le pays profondément divisé. Et après des mois de discussions, le texte conclu avec l'UE laisse les deux camps frustrés.

L'adoption de la motion d'outrage, mardi, laisse penser que l'opposition au projet d'accord sur les modalités du Brexit est particulièrement forte. Après ce vote, la livre sterling est tombée à son plus bas niveau depuis juin 2017, cédant autour de 0,5 % à 1,2659 dollar vers 17 h 35 GMT.

Avec AFP et Reuters

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