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Le Danemark envisage d'envoyer les migrants délinquants sur l'île de Lindhomen

Des migrants arrivent à la gare de Copenhague, le 12 novembre 2015.
Des migrants arrivent à la gare de Copenhague, le 12 novembre 2015. Carsten Rehder, AFP (archives)

Le Danemark souhaite envoyer les migrants délinquants en attente d’expulsion sur l'île de Lindhomen, au large de Copenhague. Amnesty International dénonce un véritable lieu de "détention".

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Le Danemark, qui ne cesse de durcir sa politique migratoire, vient de franchir un nouveau cap. À partir de 2021, le pays envisage d'envoyer les migrants délinquants en attente d’expulsion sur l'îlot de Lindhomen, un bout de terre de 7 hectares situé à une centaine de kilomètres au large de Copenhague. La mesure, dévoilée le 30 novembre, a été prise dans le cadre de l’accord sur le budget négocié entre le gouvernement conservateur du Premier ministre, Lars Lokke Rasmussen, et son allié, le parti d'extrême droiteanti-migrant Dansk Folkeparti.

Le public concerné ? Les étrangers condamnés à l'expulsion après avoir commis un crime, ceux soupçonnés ou accusés d’un délit ou d’un crime, ainsi que les étrangers délinquants dont la demande d'asile a été rejetée, explique Le Monde dans son édition de mardi.

"Signal très clair"

Un projet dénoncé par l'antenne danoise d'Amnesty International, qui regrette le tour de vis opéré par le Danemark depuis quelques années. "Le gouvernement va toujours plus loin, en envoyant aux demandeurs d’asile un signal très clair : vous n’êtes pas les bienvenus", regrette Clauss Juul, expert juridique à Amnesty Danemark, contacté par France 24. Il insiste par ailleurs sur le fait que certaines des personnes concernées courraient le risque d’être persécutées si elles retournaient dans leur pays d’origine.

Les lieux, qui seront en capacité d’accueillir 125 personnes, seront gérés par l’administration pénitentiaire, mais les autorités assurent qu’il ne s’agira pas d’une prison. "Un ferry leur permettra de faire des allers-retours sur l’île, mais il ne naviguera pas vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et les délinquants devront être au centre la nuit. Ainsi, nous pourrons mieux surveiller où ils se trouvent", a ainsi avancé le ministre des Finances Kristian Jensen.

"Déclaration d’intention"

Pour Amnesty Danemark, le gouvernement met tout en place pour faire de cet isolement une véritable détention. "Les ferrys sont rares et chers, la traversée prend du temps et les pointages quotidiens vont évidemment coincer les migrants sur l’île, les empêchant d’avoir des contacts avec leur famille ou avec l’extérieur", déplore Clauss Juul.

L’ONG considère que Copenhague violerait les conventions internationales, et en particulier la Convention de Genève, si cette mesure venait à être appliquée. "Nous formerions alors des recours, par tous les moyens possibles, pour l’empêcher, mais pour l’instant nous ne savons pas si une action en justice pourra être menée contre ce qui n’est pour l’heure qu’une déclaration d’intention", poursuit-il.

Avant que ce projet n’entre en application en 2021, il faut d’abord… décontaminer l’île. Elle servait jusqu’alors de laboratoire à des chercheurs de l’Institut vétérinaire, qui y menaient des travaux sur la rage canine et la peste porcine.

La mesure danoise répond aux inquiétudes des habitants de Bording, petite commune dans les terres où un centre réservé aux déboutés a été installé en 2016 et où les riverains se plaignent d'une insécurité croissante.

Chute des demandes d’asile

La politique d'immigration danoise s’est accélérée depuis que le Parti populaire danois est devenu aux élections législatives de 2015 la première formation de la droite.

Ainsi, le projet de loi asile et immigration de février 2018 a réduit les allocations aux nouveaux arrivants et restreint les règles en matière de regroupement familial – pour lequel il faut aujourd’hui attendre trois ans, contre 6 mois en 2014. Le Danemark a aussi proposé la création de camps d'expulsés au Kosovo ou en Albanie pour accueillir les déboutés du droit d'asile du Danemark et de l'Autriche.

En 2017, le petit pays de 5,7 millions d’habitants pays a enregistré 3 500 demandes d’asile, contre 21 000 en 2015.

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