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Les Israéliennes en grève pour dénoncer les violences faites aux femmes

Des Israéliennes ont manifesté à Tel-Aviv pour demander d'agir contre les violences faites aux femmes, le 4 décembre 2018.
Des Israéliennes ont manifesté à Tel-Aviv pour demander d'agir contre les violences faites aux femmes, le 4 décembre 2018. Jack Guez, AFP

Après la mort de deux jeunes Israéliennes tuées par des proches, des milliers d’Israéliennes se sont mises en grève et ont manifesté pour demander au gouvernement de Benjamin Netanyahou d’agir contre les violences faites aux femmes.

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Des milliers de femmes israéliennes ont déserté leur poste de travail, mardi 4 décembre, pour rejoindre une manifestation contre les violences faites aux femmes en Israël. Ce mouvement d’une rare ampleur, initié sur Facebook, s’est étendu à l’ensemble du pays et a bénéficié du soutien de dernière minute de nombreuses municipalités et entreprises.

La grève a été décidée après les meurtres de deux jeunes filles de 13 et 16 ans le 26 novembre, portant à 24 le nombre de femmes et jeunes filles tuées cette année en Israël par des hommes de leur entourage, d’après the Women’s International Zionist Organization cité par le quotidien Haaretz.

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Des entreprises soutiennent les femmes

Le principal rassemblement a réuni mardi soir plusieurs dizaines de milliers de manifestants dans le centre de Tel-Aviv, selon les médias israéliens. Une foule, principalement composée de femmes, s'est également réunie aux abords de Jérusalem, sur une route badigeonnée de peinture rouge, pour représenter le sang des victimes. Dans d’autres villes du pays, des routes ont été bloquées et les manifestantes ont observé un moment de silence en mémoire des victimes.

Le mouvement initié par des féministes sur Facebook et soutenu par l’opposition israélienne a mobilisé en dehors de la sphère féministe. D’après les organisatrices, une centaine d’entreprises privées dont des chaînes de supermarché, des chaînes hôtelières, une compagnie aérienne, des groupes de publication ou encore e-bay se sont joints à la protestation symbolique en accordant une journée de congé payé pour appuyer la grève de leur employées.

Le gouvernement de Netanyahou accusé d’immobilisme

Au centre des critiques, Benjamin Netanyahou a été directement ciblé par les slogans des manifestantes. "Bibi, réveille-toi, notre sang n'est pas sans valeur", ont-elles scandé mardi. Aux abords de la résidence du Premier ministre, plusieurs activistes avaient teinté l’eau des fontaines de peintures rouges pendant la journée de samedi.

Le gouvernement israélien est accusé de ne pas prendre au sérieux la lutte contre les violences faites aux femmes. Plusieurs voix dans l'opposition israéliennes ont dénoncé le manque de financements de l’État pour les mesures visant à lutter contre les violences faites aux femmes. "Tout est une question de priorité", a ainsi affirmé Ksenia Svetlova, députée travailliste, lors d'une audition parlementaire. Selon elle, le gouvernement n'a pas transféré les 250 millions de shekels (59 millions d'euros) aux programmes existants de lutte contre les violences faites aux femmes. "Les bureaux d'aide sont au bord de la faillite", a-t-elle alerté.

Une politique également critiquée par Orit Sulitzeanu, directrice de l’association israélienne de prévention des viols et d’aide aux victimes, Association of Rape Crisis Centers. “Si les jeunes filles avaient été assassinée dans des attaques terroristes, le gouvernement aurait condamné ces actions haut et fort à travers le monde. Mais bien que 24 femmes aient été assassinées cette année, la violence contre les femmes n’est pas considérée à la hauteur du terrorisme » a-t-elle déclaré à Haaretz.

Dimanche, Benjamin Netanyahou avait pourtant annoncé la création d'un comité pour combattre la violence domestique alors qu'il visitait un centre d'accueil pour femmes battues. "Nous allons réunir le comité de temps en temps", a-t-il promis, "afin d'offrir un meilleur futur et de l'espoir à ces femmes".

Avec AFP

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