Le maire de Beaune, ancien député, sa femme et leur fille mis en examen pour malversations

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Dijon (AFP)

Le maire LR de Beaune (Côte-d'Or) et ancien député, Alain Suguenot, a été mis en examen mercredi soir avec sa femme et leur fille dans le cadre d'une enquête sur des malversations financières présumées, a annoncé le parquet de Dijon.

M. Suguenot, qui était en garde à vue depuis mardi, est soupçonné "de détournements de fonds publics par dépositaire de l'autorité publique et blanchiment" indique le procureur de la République, Éric Mathais, dans un communiqué.

Son épouse et leur fille, qui se trouvaient aussi en garde à vue, sont quant à elles mises en examen pour "recels habituels de détournements de fonds publics et blanchiment", poursuit le procureur.

Député de 1993 à 1997 puis de 2002 à 2017, M. Suguenot est soupçonné "d'avoir perçu des indemnités de représentation et des indemnités destinées à rémunérer des attachés parlementaires et de les avoir détourné et utilisé à des fins personnelles, notamment en en faisant profiter son entourage familial, et d'avoir, par des montages financiers complexes, cherché à dissimuler l'origine des fonds détournés".

"Les faits sont, en l'état, intégralement contestés", précise le parquet, ajoutant que les trois mis en examen ont été placés sous contrôle judiciaire.

Ils ont ainsi interdiction d'entrer en contact avec les anciens attachés parlementaires de M. Suguenot et interdiction de se rendre à l'Assemblée nationale. Le maire de Beaune doit en outre verser un cautionnement de 250.000 euros dans un délai de deux mois.

"Il est fait immédiatement appel" de cette mise en examen "qui me renforce à défendre l'honneur de ma famille, ma volonté d'action et l'image de notre territoire", a réagi mercredi soir Alain Suguenot dans un communiqué.

Sa femme et sa fille, qui furent ses collaboratrices à l'Assemblée nationale, "travaillaient bien au service de tous, tant dans ma circonscription, qu'à l'Assemblée nationale avec mon troisième assistant", a fait valoir l'ancien député.

Estimant avoir été victime de "calomnie" et de "mensonge" à ce sujet lorsqu'il avait décidé, en 2017, de ne pas se représenter à un nouveau mandat parlementaire, le responsable politique a dénoncé une "affaire (qui) ressurgit comme par enchantement".

Quatre personnes, dont M. Suguenot, avaient été placées en garde à vue mardi et une cinquième mercredi par la section économique et financière de la police judiciaire de Dijon. Les deux autres gardes à vue "ont été levées sans mise en examen", selon le parquet.

Les investigations, menées dans le cadre d'une information judiciaire ouverte contre X depuis le 24 octobre 2017, se poursuivent et devront "déterminer si ces infractions peuvent effectivement être reprochées aux mis en cause", précise la même source.