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Gilets jaunes : la sécurité, enjeu majeur d’un samedi à haut risque à Paris

Paris a été le théâtre de débordements samedi 1er décembre.
Paris a été le théâtre de débordements samedi 1er décembre. Stéphane Mahe, Reuters

L’acte IV de la mobilisation des Gilets jaunes prévu samedi 8 décembre est particulièrement redouté par les forces publiques à Paris après les violences du 1er décembre à l’Arc de Triomphe et alentours.

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À l’approche du samedi 8 décembre, date choisie par les Gilets jaunes pour l’acte IV de leur mobilisation, la tension et l’inquiétude sont palpables du côté de l’exécutif.

Jeudi, l’Élysée a ainsi indiqué à l’AFP redouter "une très grande violence" lors de la journée de samedi avec "un noyau dur de plusieurs milliers de personnes [qui viendraient à Paris] pour casser et pour tuer".

La capitale a été le théâtre de débordements spectaculaires samedi 1er décembre, près de l’Arc de Triomphe notamment. Les forces de l'ordre avaient alors procédé à 412 interpellations, un chiffre jamais atteint pour la seule ville de Paris, selon le ministre de l’Intérieur.

Édouard Philippe a donc promis pour samedi des "moyens exceptionnels" en plus des 89 000 policiers et membres des forces de l'ordre mobilisés sur toute la France, sans toutefois en dire plus.

Présence de blindés

Selon plusieurs sources sécuritaires, la quasi-totalité des unités de CRS et d'escadrons de gendarmerie devrait être mobilisée pour assurer le maintien de l'ordre dans le pays.

Il est également prévu de mobiliser à Paris et dans les départements limitrophes 100 % des brigades de police-secours, ainsi que la police des transports, de rappeler les brigades anti-criminalité et "de contact", dit-on de source syndicale. Il en sera de même des compagnies de sécurisation et d'intervention (CSI) de la préfecture de police de Paris.

Mais ce n'est pas tout. "Nous allons utiliser une douzaine de véhicules blindés de la gendarmerie", a annoncé Édouard Philippe sur le plateau du 20 h de TF1, répondant favorablement à une demande des syndicats policiers.

Mais au-delà du renforcement des effectifs, c’est surtout le mode opératoire qui doit être revu, le dispositif du samedi 1er décembre ayant été jugé, y compris en interne, trop statique et trop consommateur en effectifs au vu du périmètre et de l’efficacité. Le nouveau dispositif doit pouvoir répondre à la "mobilité extrême" des casseurs et "l'appel croissant à la violence sur certains réseaux sociaux".

L’exécutif appelle à ne pas manifester à Paris

La préfecture de police de Paris a par ailleurs appelé jeudi les commerçants du secteur des Champs-Élysées à "fermer (leurs) portes et accès" au cours de la quatrième grande journée de manifestations des Gilets jaunes.

La Tour Eiffel sera fermée et une dizaine de musées parisiens ont décidé de ne pas ouvrir leurs portes : le Petit Palais, le Musée d'art moderne de la Ville de Paris, le musée Cernuschi, la maison de Victor Hugo, les Catacombes, le Grand Palais, le Palais de la découverte, le Musée de l'Homme, le musée des Arts et Métiers.

Au-delà du plan d'action des forces de l'ordre pour samedi, le gouvernement tente de dissuader les Gilets jaunes de faire le déplacement à Paris. Christophe Castaner et Édouard Philippe ont ainsi lancé un appel à éviter toute manifestation à Paris.

Le chef de l'État lui-même a appelé, mercredi lors du Conseil des ministres, "au sens des responsabilités de toutes nos parties prenantes" en vue de la mobilisation de samedi. "Le président a demandé aux forces politiques, aux forces syndicales, au patronat, de lancer un appel clair et explicite au calme et au respect du cadre républicain", selon le compte rendu du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.

De nombreuses inconnues concernant la mobilisation à Paris

Des dizaines d’appels à la mobilisation ont toutefois été lancés sur les réseaux sociaux pour une mobilisation samedi à Paris. L’ampleur de la mobilisation est difficile à prévoir. La colère des Gilets jaunes est, en effet, en passe de s’étendre à d'autres secteurs, la FNSEA ayant annoncé que les agriculteurs allaient eux aussi se mobiliser. La situation est également tendue dans les lycées. Mercredi soir, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer a d’ailleurs mis en garde contre les incitations à manifester à destination des lycéens, affirmant qu'elles sont "une incitation à courir un danger grave".

Syndicats de police et pouvoirs publics redoutent surtout samedi à Paris une convergence des activistes d'ultra-droite et d'ultra-gauche avec les Gilets jaunes les plus violents.

La marche pour le climat, également prévue samedi à Paris, suscite également l’inquiétude, les autorités redoutant qu’elle soit "infiltrée par des casseurs". En début de semaine, le ministre de l'Intérieur avait invité les initiateurs de la marche à "ne pas la maintenir". Son parcours a finalement été modifié pour éloigner l'événement des Champs-Élysées.

La marche pour le climat, qui devait à l'origine démarrer du Trocadero, en direction du Champ-de-Mars, partira donc à 14 h de Nation et se terminera par un rassemblement place de la République "avec des prises de parole suivies d'un concert avec de nombreuses personnalités", ont indiqué les organisateurs, parmi lesquels Alternatiba et les Amis de la Terre.

Avec AFP et Reuters

 

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