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Gilets jaunes : Paris se prépare à un samedi sous tension

Les magasins de luxe protègent leur vitrine avec de larges panneaux de bois avant la mobilisation des Gilets jaunes.
Les magasins de luxe protègent leur vitrine avec de larges panneaux de bois avant la mobilisation des Gilets jaunes. Philippe Wojazer, Reuters

Dans la perspective de l'acte IV de mobilisation nationale des Gilets jaunes samedi, des mesures de sécurité exceptionnelles ont été prises partout en France. À Paris, 8 000 membres des forces de l'ordre sont mobilisés par crainte de violences.

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Magasins et musées fermés, Champs-Elysées barricadés, évènements sportifs annulés… Des mesures exceptionnelles ont été décrétées dans Paris, samedi 8 decembre, par crainte d'une nouvelle escalade lors de l'acte IV de mobilisation nationale des Gilets jaunes. Ces derniers jours, le gouvernement a multiplié les appels au calme alors que plusieurs figures de cette contestation très diverse ont appelé à défiler pacifiquement.

>> À voir aussi : Reporters : avec les Gilets jaunes de Montargis, entre colère et solidarité

Pour éviter que les scènes de guerilla urbaine de la semaine passée ne se répètent, 89 000 membres des forces de l'ordre seront mobilisés partout dans l'Hexagone, dont 8 000 dans la seule capitale française.

Le point sur la situation à 8h de notre envoyé spécial, Karim Hakiki

Des contrôles renforcés ont lieu dans les gares et les autorités pratiquent la fouille systématique aux abords des lieux de manifestation. Quelque 320 personnes ont été interpellées samedi à Paris avant 9 h 45 et le début de la mobilisation à haut risque des Gilets jaunes, a indiqué la préfecture de police.

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a de nouveau appelé les Gilets jaunes à ne pas se mêler aux "casseurs", en marge d'un passage en revue du dispositif de sécurité dans les rues de Paris.

"On sait que les casseurs ne sont forts que parce qu'ils se déguisent en Gilets jaunes et qu'ils s'immiscent, ils se mettent au milieu des Gilets jaunes", a-t-il déclaré au média en ligne Brut.

Paris, ville morte

Signe des tensions, les grands magasins parisiens seront fermés, du jamais vu pour un samedi précédant les fêtes, une période où clients français et touristes affluent habituellement pour faire leurs courses de Noël. Des spectacles ont été annulés, les matches de foot de Ligue 1 reportés, le programme du Téléthon et le parcours de la marche pour le climat changés...

À Paris, la tour Eiffel et le Louvre seront fermés, tout comme de nombreux commerces et restaurants et 36 stations de métro. 2 000 éléments de mobilier urbain ont été démontés.

Dans un large périmètre autour des Champs-Élysées, les vitrines ont été couvertes de planche de bois. Le tout devrait donner des allures de ville morte à Paris. Les hôpitaux ont prévu des "renforts", et l'État déploiera des "VBRG", ces véhicules blindés à roues de la gendarmerie.

En région, une interdiction de manifester a été décrétée dans plusieurs points sensibles du Pas-de-Calais tandis qu'à Montauban, 28 cocktails Molotov et trois bombes artisanales ont été saisis sur un rond-point occupé par des Gilets jaunes.

Plusieurs pays européens ont conseillé la prudence à leurs ressortissants, voire à éviter Paris ce week-end comme la Belgique. Les Américains sont eux encouragés à faire "profil bas".

La situation reste tendue trois semaines après le lancement de ce mouvement pour le pouvoir d'achat né de la contestation de l'augmentation de la taxe sur les carburants.

"Macron nous prend de haut. Il faut rester mobilisés"

"Laissons Paris aux casseurs"

Soucieux d'éviter "des morts et des blessés", des représentants des "Gilets jaunes libres", un collectif qui réclame au gouvernement plus de mesures pour aider ceux qui "arrivent de moins en moins à boucler leurs fins de mois", ont appelé à manifester pacifiquement, et pas à Paris pour éviter de se faire assimiler à des "casseurs".

Plus radical, l'un des initiateurs de la contestation, Éric Drouet, qui avait appelé à "rentrer" dans l'Élysée et est à ce titre visé par une enquête, a semblé vendredi jouer l'apaisement en invitant les Gilets jaunes à finalement "aller sur le périphérique" parisien samedi matin. "Laissons Paris au casseurs !!", a-t-il posté sur Facebook.

Les "Gilets jaunes libres", qui se veulent "modérés", ont été reçus pendant une heure et demie vendredi soir à Matignon par Édouard Philippe.

"Le Premier ministre nous a écoutés et promis de porter nos revendications au président de la République. Maintenant nous attendons M. Macron. J'espère qu'il [...] prendra des décisions fortes", a déclaré à la sortie l'un d'eux, Christophe Chalençon.

Silencieux toute la semaine, Emmanuel Macron ne s'exprimera qu'en "début de semaine prochaine" sur la crise, selon le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand.

Avec AFP et Reuters

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