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Journaliste au milieu des Gilets jaunes : "Pendant les directs, ils voulaient se confier"

Karim Hakiki, envoyé spécial de France 24 sur les Champs-Élysées à Paris, le 8 décembre 2018
Karim Hakiki, envoyé spécial de France 24 sur les Champs-Élysées à Paris, le 8 décembre 2018 Capture d'écran France 24

Les équipes de France 24 étaient mobilisées samedi pour couvrir la nouvelle mobilisation des Gilets jaunes. Au cœur du cortège des Champs-Élysées, le reporter Karim Hakiki raconte la réaction des manifestants lorsqu'il était en duplex.

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Vous étiez au cœur du cortège des Champs-Élysées, quelle a été la réaction des manifestants à votre égard ?

Nous avons d’abord fait face à des réactions classiques de rejet des médias, car certains manifestants considèrent les médias comme des représentants du "système". En revanche, nous avons constaté que France 24 bénéficiait d’une autre image. Des Gilets jaunes sont venus vers nous spontanément pour s’exprimer. Pendant le direct, des gens m’interpellaient, ils voulaient se confier. Des mères de famille, des retraités sont venus parler de leurs salaires, de leurs craintes pour l’avenir de leurs enfants. Ils voulaient clairement que leurs revendications soient diffusées au monde entier, au-delà du territoire national et en plusieurs langues. Ce sont des gens qu’on n’entendait pas, s’ils mettent des gilets jaunes c’est pour être vus et écoutés. Et par moment nous n’étions pas d’accord, nous avons débattu de leurs contradictions en direct, mais sans accro.

Quelles différences ont noté les équipes de France 24 sur le terrain par rapport à la précédente manifestation des Gilets jaunes ?

La stratégie des policiers a changé. La semaine dernière ils avaient pour instruction de rester sur place. Cette fois-ci une stratégie inverse a été mise en place : ils ont coupé l’herbe sous les pieds des éléments les plus violents en débutant les premières interpellations en amont du rassemblement. Il faut dire qu’ils avaient davantage de renseignements sur ceux qui voulaient en découdre, grâce à une collaboration avec la DGSI. Du côté des Gilets jaunes, il y a eu un effet dissuasif, ils étaient moins nombreux cette semaine et des groupes de manifestants ont décidé de quitter les Champs-Élysées très vite, pour éviter l’amalgame entre Gilets jaunes et casseurs.

Après cette nouvelle journée d’action, quelles suites voyez-vous au mouvement des Gilets jaunes ?

Les Gilets jaunes attendent de voir comment le président de la République va réagir, mais ils envisagent d’ores et déjà de maintenir la pression. Pour eux, il s’agit de négocier en position de force. C’est pourquoi ils souhaitent montrer leur détermination en poursuivant leur mouvement durant les fêtes. Ils ont obtenu une concession du gouvernement et pour eux c’est le signe que l’exécutif peut craquer, donc céder davantage dans leur direction.

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