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Affaire Khashoggi : Riyad refuse d'extrader en Turquie des suspects saoudiens

L'ambassade saoudienne à Istanbul en Turquie, où a eu lieu le meurtre du journaliste dissident Jamal Khashoggi.
L'ambassade saoudienne à Istanbul en Turquie, où a eu lieu le meurtre du journaliste dissident Jamal Khashoggi. Ozan Kose, AFP (Archive)

L'Arabie saoudite n'extrade jamais ses ressortissants, a déclaré dimanche le ministre saoudien des Affaires étrangères en réponse à une demande de la justice turque d'arrêter deux suspects saoudiens dans l'affaire du meurtre de Jamal Khashoggi.

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L’Arabie saoudite a refusé d'extrader vers la Turquie des personnes suspectées d'être impliquées dans l'assassinat à Istanbul du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, a affirmé dimanche 9 décembre à Riyad le ministre des Affaires étrangères Adel al-Jubeir, après une demande en ce sens d'Ankara.

La Turquie avait demandé mercredi l'arrestation de deux proches du prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, en lien avec le meurtre de Jamal Khashoggi le 2 octobre dans le consulat de son pays. "Nous n'extradons pas nos citoyens", a annoncé Adel al-Jubeir.

Pourtant la justice saoudienne s'était dite prête à coopérer avec les enquêteurs turcs qui mènent leurs propres investigations. Mais depuis le début de l'affaire, une extrême méfiance règne de part et d'autre. "Selon nous, les autorités turques n'ont pas été aussi coopératives que ce qu'elles auraient dû être", a affirmé dimanche Adel al-Jubeir.

Riyad veut un procès en Arabie saoudite

D'après l'agence de presse étatique Anadolu, la justice turque a émis des mandats d'arrêt visant Ahmed al-Assiri et Saoud al-Qahtani, accédant à la requête du procureur général d'Istanbul, qui les soupçonne de "faire partie des planificateurs" du meurtre. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a plusieurs fois réclamé l'extradition des suspects arrêtés par Riyad mais Adel al-Jubeir insiste pour que tout procès se déroule en Arabie saoudite.

Les deux suspects saoudiens recherchés par la Turquie ont été démis de leurs fonctions le 20 octobre alors qu'une tempête diplomatique s'abattait sur Riyad après le meurtre de Khashoggi, qui a considérablement terni l'image de la pétromonarchie, notamment celle de Mohammed ben Salmane.

>> À lire : Affaire Khashoggi : le parquet saoudien requiert la peine de mort contre cinq accusés

Le mois dernier, le procureur général saoudien avait annoncé que 11 suspects détenus en lien avec l'enquête sur le meurtre avaient été inculpés, sans communiquer leur identité. Le ministre saoudien des Affaires étrangères avait souligné pour sa part que Mohammed ben Salmane n'avait "rien à voir" avec cet assassinat.

Quant à al-Qahtani, l’un des deux saoudiens recherchés par Istanbul, il fait partie des 17 responsables de la pétromonarchie visés par des sanctions annoncées mi-novembre par le Trésor américain, "pour son rôle dans la préparation et l'exécution de l'opération" contre le journaliste Jamal Khashoggi.

Avec AFP

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