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Belgique : les indépendantistes flamands mettent le gouvernement en minorité

Le Premier ministre belge, Charles Michel, est désormais à la tête d'un gouvernement minoritaire.
Le Premier ministre belge, Charles Michel, est désormais à la tête d'un gouvernement minoritaire. Emmanuel Dunand, AFP

Les nationalistes flamands ont quitté le gouvernement belge en raison de désaccords sur le Pacte de l'ONU sur les migrants. Avec ce départ, le Premier ministre, Charles Michel, prend la tête d'un gouvernement sans majorité au Parlement.

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Le Premier ministre belge, Charles Michel, a pris, dimanche 9 décembre, la tête d'un gouvernement minoritaire, après la démission des ministres nationalistes flamands de la coalition gouvernementale, en raison d'une divergence profonde sur le Pacte de l'ONU sur les migrations. Ces démissions ont été "acceptées" par le roi des Belges à la mi-journée à l'issue d'une rencontre au Palais royal avec Charles Michel, venu lui présenter la situation politique.

L'ex-ministre de l'Intérieur Jan Jambon, issu de l'Alliance néoflamande (N-VA, nationalistes flamands), avait confirmé dimanche sur la télévision publique RTBF que lui-même et les autres ministres de son parti allaient démissionner. "C'est clair, c'est net", avait-il dit, mettant fin à plusieurs heures de flou.

Avec ce départ de la N-VA, poids lourd de cette coalition belge, le Premier ministre prend la tête d'un gouvernement sans majorité au Parlement, à cinq mois des prochaines élections législatives prévues fin mai.

Le pacte de la discorde

Le gouvernement a souvent tangué depuis quatre ans en raison des prises de positions jugées radicales de la N-VA sur la question des migrations. La pomme de discorde actuelle concerne le Pacte de l'ONU sur les migrations qui doit être soumis à une approbation lundi et mardi au Maroc, avant d'être ratifié lors d'un vote au siège des Nations Unies à New York le 19 décembre.

>> À lire : "Pacte sur les migrations : la coalition au pouvoir en Belgique menace d'imploser"

Non contraignant, le Pacte de l'ONU recense des principes – défense des droits de l'Homme, des enfants, reconnaissance de la souveraineté nationale – et une vingtaine de propositions pour aider les pays à faire face aux migrations. L'Italie, l'Autriche, la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, l'Estonie, la Lettonie, la Suisse, l'Australie, Israël et la République dominicaine ont décidé de ne pas se rendre à Marrakech. Les États-Unis s'étaient retirés de l'élaboration du Pacte en décembre dernier.

"Pacte avec le diable"

La N-VA était le seul des quatre partis de la coalition opposé à ce texte onusien. Le pacte avait d'abord fait l'objet d'un consensus gouvernemental cet été, mais la N-VA a changé d'avis fin octobre. La crise, latente depuis plusieurs semaines, a éclaté mardi soir quand Charles Michel a annoncé son intention de se tourner vers le Parlement, faute d'unanimité au sein de son gouvernement. Il en allait de la "crédibilité" de la Belgique au plan international, avait expliqué le Premier ministre, qui avait lui-même défendu ce texte à la tribune de l'ONU fin septembre.

Jeudi, une large majorité droite-gauche s'est dégagée en plénière à la Chambre en faveur d'une résolution demandant au gouvernement de soutenir le pacte. La N-VA s'est retrouvée isolée au côté du parti d'extrême droite Vlaams Belang.

Ce parti anti-immigration a d'ailleurs tenu samedi un meeting à Bruxelles avec Marine Le Pen, cheffe de l'extrême droite française, et Steve Bannon, ex-conseiller de Donald Trump, afin de dénoncer ce Pacte, brandi comme épouvantail par les populistes à travers l'Union européenne (UE) à l'approche des élections européennes en mai prochain. "Le pays qui signera ce pacte, évidemment, il signera un pacte avec le diable", avait affirmé Marine Le Pen.

Avec AFP

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