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Le Pacte mondial sur les migrations adopté lundi malgré les divisions

Un migrant dans le port de Malaga en Espagne, le 9 décembre, après avoir été secouru en mer Méditerranée.
Un migrant dans le port de Malaga en Espagne, le 9 décembre, après avoir été secouru en mer Méditerranée. John Nazca, Reuters

Des représentants de plus de 150 pays étaient réunis lundi à Marrakech, au Maroc, et ont approuvé le Pacte mondial sur les Migrations piloté par l'ONU. Insuffisant pour les uns, néfaste pour les autres, le texte suscite des oppositions de tous bords.

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Ni vote ni signature. C'est par un simple coup de marteau que le Pacte mondial sur les Migrations piloté par l'ONU, a été adopté lundi 10 décembre, dans la matinée, à Marrakech, au Maroc. Le texte, destiné à renforcer la coopération internationale pour une "migration sûre, ordonnée et régulière", doit encore faire l'objet d'un ultime vote de ratification le 19 décembre à l'Assemblée générale des Nations unies.

Soulignant les "efforts" consentis pour parvenir à ce pacte, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres a exhorté à ne "pas succomber à la peur ou aux faux narratifs" sur la migration. Il a dénoncé les "nombreux mensonges" à propos d'un texte qui a soulevé les critiques des nationalistes et des partisans de la fermeture des frontières. Une quinzaine de pays avait ainsi fait part de leur retrait ou du gel de leur décision.

>> À lire : Pacte sur les migrations de l'ONU : Paris met en garde contre les manipulations

"Il est étonnant qu'il y ait eu autant de désinformation à propos de ce que le Pacte est et de ce qu'il dit (...), il ne crée aucun droit de migrer, il ne place aucune obligation sur les Etats", a martelé Louise Arbour, la représentante spéciale de l'ONU pour les migrations, dimanche soir au cours d'une conférence de presse à Marrakech.

Non contraignant

Non contraignant, le Pacte recense des principes - défense des droits de l'homme, des enfants, reconnaissance de la souveraineté nationale - et liste des propositions pour aider les pays à faire face aux migrations - échanges d'information et d'expertises, intégration des migrants. Il interdit les détentions arbitraires, n'autorisant les arrestations qu'en dernier recours.

Les défenseurs des droits de l'Homme le trouvent insuffisant, notamment sur l'accès des migrants à l'aide humanitaire et aux services de base ou sur les droits des travailleurs migrants. Ses détracteurs le voient en revanche comme un encouragement à un flux migratoire incontrôlé.

Les Etats-Unis, qui s'étaient retirés de l'élaboration du texte en décembre 2017 en le jugeant contraire à la politique d'immigration du président Donald Trump, ont lancé vendredi une nouvelle salve contre le Pacte et contre toute forme de "gouvernance mondiale". "Les décisions sur la sécurité des frontières, sur qui est admis à résider légalement ou à obtenir la citoyenneté, figurent parmi les plus importantes décisions souveraines qu'un pays peut prendre", a fustigé la mission diplomatique américaine à l'ONU dans un communiqué.

Echauffourées

Neuf pays s'étaient retirés du processus après avoir approuvé le texte le 13 juillet dernier à New York (Autriche, Australie, Chili, République tchèque, République dominicaine, Hongrie, Lettonie, Pologne et Slovaquie) et sept ont souhaité plus de consultations internes (Belgique, Bulgarie, Estonie, Israël, Italie, Slovénie et Suisse), selon Louise Arbour.

A Ottawa, des échauffourées ont opposé samedi des groupes pro-immigration et des militants de droite opposés à l'adhésion au Pacte. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau, lui, entend bien le signer: "Accueillir les gens venus du monde entier grâce à un système d'immigration rigoureux est ce qui a fait du Canada un pays fort, et c'est quelque chose dont le monde a toujours davantage besoin", selon lui.

Le président français Emmanuel Macron a décidé de déléguer à Marrakech le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne, alors que le sujet suscite l'opposition de la droite, de l'extrême droite mais aussi de certains "gilets jaunes", ces Français qui manifestent depuis trois semaines dans les rues contre la politique fiscale et sociale. Il y a environ 258 millions de personnes en mobilité et migrants dans le monde, soit 3,4 % de la population mondiale.

Avec AFP

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