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Gilets jaunes : l'opposition juge insuffisantes les annonces d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron à l'Élysée, le 10 décembre 2018.
Emmanuel Macron à l'Élysée, le 10 décembre 2018. Yoan Valat, AFP

Sans surprise, à droite comme à gauche, les réactions aux annonces du président Emmanuel Macron destinées à calmer la contestation des Gilets jaunes sont plutôt négatives, jugeant les concessions insuffisantes et contre-productives.

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Après plusieurs semaines d'une crise qui a paralysé l'action de l'exécutif et affecté l'économie, Emmanuel Macron a tenté lundi de calmer la colère des Gilets jaunes en annonçant une série de mesures sociales, sans convaincre l'opposition de droite comme de gauche.

Les Républicains ont ainsi déploré une "smicardisation" de la société, tandis qu’à l’extrême-gauche, la France insoumise ciblait un président qui épargne "les grandes fortunes et les profits".

Bruno Retailleau, président du groupe LR (les Républicains) au Sénat, a reconnu que le président avait fait des "constats justes" mais déploré qu'il ne s'attaque pas à la baisse de la dépense publique. "Il ne peut pas y avoir de baisses d'impôts s'il n'y a pas de baisse des dépenses publiques", a-t-il dit sur France 2. "À concentrer les aides sur le smic, on va smicardiser la société française", a-t-il aussi déploré. "Ceux qui vont être au-dessus vont avoir toujours la double peine : la CSG et la non indexation".

Stigmatisant un président qui "se trompe d'époque", Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une "distribution de monnaie", tout en confirmant son soutien aux contestataires, dont certains appellent à manifester de nouveau samedi prochain. "L'acte V qui se jouera samedi du début de la révolution citoyenne dans notre pays sera un moment de grande mobilisation", a-t-il dit en direct de l'Assemblée nationale. "Je m'en remets à la décision qui sera prise par ceux qui sont dans l'action."

Le leader des Insoumis a repris le thème du "président des riches", leitmotiv des Gilets jaunes, en affirmant que "toutes les mesures qu'il a annoncées seront payées par les contribuables et les assurés sociaux, aucune par les grandes fortunes et les profits."

Pour Benoît Hamon, ancien candidat du Parti socialiste à la présidentielle, "la lutte paye. Macron a bougé. Un peu. Trop peu. Car le compte n'y est pas. L'augmentation du SMIC par la baisse des cotisations salariales veut dire que c'est la sécurité sociale qui financera les augmentations". Le fondateur du mouvement Génération.s appelle à "une vraie redistribution des richesses".

"Le cap n'est pas modifié"

Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, est lui aussi allé sur ce terrain. "Le cap n'est pas modifié", a-t-il déploré sur France 2, estimant que le gouvernement aurait pu toucher aux "20 milliards" correspondant au "doublement en 2019 du CICE", le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi en passe d'être transformé en baisse de charges pérenne.

Du côté de l’extrême-droite, la présidente du Rassemblement national, Marine le Pen, a dénoncé un chef de l'Etat arc-bouté sur un "modèle" contestable.

"Face à la contestation, Macron renonce à une partie de ses errements fiscaux et c’est tant mieux, mais il refuse d’admettre que c'est le modèle dont il est le champion qui est contesté", a-t-elle écrit sur Twitter.

"Ce modèle, c’est celui de la mondialisation sauvage, de la concurrence déloyale, du libre-échange généralisé, de l’immigration de masse et ses conséquences sociales et culturelles. Bref, Macron recule pour mieux sauter !"

Très acrimonieux depuis le début de la crise, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a décrit sur Périspcope "un grand numéro de théâtre" présidentiel.

"J'allais dire de mauvais théâtre. De fausse empathie, fausses mesures, une hypocrisie incroyable", a insisté le député de l'Essonne. "Il va continuer la même politique avec un petit paquet cadeau et un petit ruban en couleur. La même politique, cela veut dire la même spoliation des Français qui travaillent".

Pour le président de Debout la France, les Français doivent retourner aux urnes. "Il faut absolument maintenant que le peuple arbitre par le suffrage universel."

Avec AFP et Reuters

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