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"Mardi noir" des lycéens : de nombreuses manifestations, sans incident majeur

Manifestation de lycéens, le 11 décembre 2018, à Paris.
Manifestation de lycéens, le 11 décembre 2018, à Paris. Benoît Tessier, Reuters

De nombreux rassemblements lycéens se sont déroulés mardi, sans incident majeur, dans plusieurs villes de France. Quelque 700 établissements ont répondu à l'appel du "mardi noir" lancé par les principaux syndicats.

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À l'exception de rares incidents, les manifestations lycéennes se sont déroulées dans le calme. Le "mardi noir" appelé de leurs vœux par des syndicats lycéens s’est déroulé dans un climat pacifique, le 11 décembre. Dans les 700 établissements participants se sont mobilisés un millier de manifestants dans la capitale, le même nombre à Rennes, 600 à Nancy et Angoulême, 300 à Auxerre, Dijon, Lyon, Nîmes, Montpellier, ou encore Mérignac, selon les chiffres de la police.

La veille, le mouvement avait pris de l'ampleur au cours de la journée, avec 450 établissements perturbés, selon un décompte officiel communiqué en fin de journée. Ce mouvement, qui proteste notamment contre la réforme du bac, la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur Parcoursup et le service national universel (SNU), est né la semaine dernière dans le sillage de la colère protéiforme des Gilets jaunes.

À Marseille, la manifestation s'est dispersée dans le calme en fin de matinée. Au pied du rectorat, une cinquantaine de jeunes se sont agenouillés, mains derrière la nuque, en référence aux images de Mantes-la-Jolie (Yvelines), où 151 lycéens avaient été interpellés dans des conditions controversées, à proximité d'un établissement de cette ville de la banlieue parisienne.

Tension

La situation était tendue dans quelques endroits en matinée : des voitures ont brûlé dans l'agglomération de Strasbourg et une équipe de France 3 a été prise à partie, un lycéen de 17 ans a été blessé par un tir de lanceur de balles de défense (LBD) lors d'incidents devant un lycée de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), à la suite de feux de poubelles et de tirs de projectiles sur des policiers et sur des passants, selon une source proche de l'enquête.

Quatre organisations (le syndicat lycéen UNL, la fédération des parents d'élèves FCPE, le syndicat SNPES-FSU et le syndicat des avocats de France SAF) ont protesté mardi contre "la répression" infligée aux lycéens qui manifestent contre plusieurs réformes dans l'Éducation nationale.

"Macron nous fait la guerre et sa police aussi, mais on reste déterminé à bloquer le pays", scandaient les manifestants à Paris. Ils réclament l'abandon de Parcoursup, le nouveau dispositif d'entrée dans les études supérieures mis en place en 2018, et protestent contre la réforme du bac, qui introduit une part de contrôle continu dans les notes de l'examen.

Crainte des chefs d’établissement

"Dans les banlieues, on est défavorisé parce que nos notes n'auront pas la même valeur que ceux qui viennent des villes aisées", assure Jérôme, 17 ans, en terminale au lycée Jean-Zay d'Aulnay-sous-Bois. "Je réclame plus de représentation des lycéens pour déterminer notre avenir", ajoute Salma, 17 ans, d'Aubervilliers.

Des lycéens en province ont déploré qu'Emmanuel Macron n'ait pas évoqué leurs revendications lundi soir. Lors de son allocution très attendue, "Macron n'a pas eu un mot pour nous", a ainsi regretté Sacha, du lycée Claude-Fauriel à Saint-Étienne.

Les chefs d'établissement ont exprimé leurs craintes ces derniers jours à propos des flambées de violence (feux de poubelle, bâtiments dégradés, voitures incendiées à proximité des établissements, caillassages, etc.), qui ont parfois accompagné les blocages de lycées.

Avec AFP

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