Accéder au contenu principal

Pourparlers inter-yéménites : l'ONU loue la "bonne volonté" et "l'esprit positif" des deux camps

Le délégué Houthi (à gauche) et un négociateur gouvernemental (à droite), lundi 10 décembre 2018.
Le délégué Houthi (à gauche) et un négociateur gouvernemental (à droite), lundi 10 décembre 2018. Essa Ahmed, AFP

Selon l'envoyé spécial de l'ONU au Yémen, le gouvernement yéménite et les rebelles Houthis font preuve de "bonne volonté" dans leurs échanges qui se déroulent en Suède, alors que les discussions se concentrent sur le port stratégique de Hodeida.

PUBLICITÉ

L'ONU, à l'initiative des consultations de paix sur le Yémen en Suède, estime que le gouvernement soutenu par Riyad et les rebelles Houthis appuyés par Téhéran font preuve de "bonne volonté" dans leurs échanges. Il se félicite aussi de "l'esprit positif" des belligérants.

Martin Griffiths, l'envoyé spécial de l'ONU au Yémen et grand architecte des pourparlers inter-yéménites, affirme même avoir été le témoin de multiples "interactions informelles" entre les négociateurs de chaque camp. "Ils se mêlent les uns aux autres, se rencontrent. Nous avons entendu des histoires extraordinaires, que je n'entends pas partager ici, sur ce que les gens se disent", assurait-il à la presse lundi soir.

Scène inimaginable il y a encore quelques semaines, un délégué Houthi, Salim al-Moughaless, et un négociateur gouvernemental, Ahmed Ghaleb, ont échangé une poignée de mains lundi devant des journalistes yéménites et un photographe qui a immortalisé l’évènement.

>> À lire sur France 24 : "Les chances du Yémen de sortir de la crise sont faibles"

Côté discussions, l’ONU concentre ses efforts pour réduire la violence dans deux villes dévastées par la guerre, le port stratégique de Hodeida et la cité assiégée de Taez. Le Britannique Martin Griffiths, a soumis à cette fin deux propositions écrites aux belligérants."Je nourris l'espoir que nous puissions trouver un accord sur la désescalade pour réduire les combats dans ces deux endroits. J'espère que ce sera le cas. Mais nous n'y sommes pas encore", a-t-il déclaré lundi lors d'une conférence de presse à Rimbo, près de Stockholm. Les projets d'accord mis sur la table par le médiateur onusien prévoient, pour les deux villes, un cessez-le-feu.

Hodeida placée sous la double tutelle ?

Selon le document initial sur Hodeida consulté par l'AFP, la coalition militaire progouvernementale sous commandement saoudien cesserait ses opérations militaires contre Hodeida en échange d'un retrait des combattants Houthis de la ville portuaire.

Hodeida, point d'entrée essentiel de l'aide humanitaire au Yémen, serait ensuite placée sous la double tutelle du gouvernement et des rebelles, avec la supervision des Nations unies. La proposition ne prévoit pas le déploiement d'une mission de maintien de la paix.

La crise alimentaire s'est récemment détériorée en raison de l'insécurité dans cette ville portuaire sur la Mer Rouge par où transitent 70 % des importations yéménites, selon le Programme alimentaire mondial (PAM).

Les forces progouvernementales tentent de reprendre Hodeida depuis des mois aux rebelles, soutenus par l'Iran, au prix de combats meurtriers.

Les deux parties planchent par ailleurs sur une proposition de l'ONU sur la ville très éprouvée de Taez (sud-ouest), contrôlée par le gouvernement mais assiégée par les rebelles chiites. La proposition prévoit un cessez-le-feu sans préconditions, la constitution d'un groupe de travail conjoint incluant l'ONU pour vérifier son respect, et la réouverture de toutes les routes et de l'aéroport de Taez pour acheminer l'aide humanitaire.

Toutes les tentatives pour mettre fin à la guerre qui ravage le pays depuis quatre ans ont jusqu'ici échoué, alors que la situation humanitaire au Yémen se dégrade de jour en jour selon l'ONU. Cette dernière a affirmé, lundi, être en quête de quatre milliards de dollars pour fournir en 2019 de l'aide humanitaire à quelque 20 millions de Yéménites, soit 70 % de la population.

Les Houthis se sont dit prêts à de nouvelles discussions avec le gouvernement yéménite si des progrès sont enregistrés lors des consultations en cours. "Si nous quittons ces consultations en ayant fait des progrès, sur l'instauration de la confiance et l'établissement d'un cadre, nous pouvons avoir un nouveau cycle de discussions" dans les prochains mois, a affirmé Mohammed Abdelsalam, le chef de la délégation rebelle, à des journalistes.

Avec AFP et Reuters

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.