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Ce que l'on sait de l'attaque de Strasbourg

Les forces de police montent la garde à Strasbourg après la fusillade du 11 décembre.
Les forces de police montent la garde à Strasbourg après la fusillade du 11 décembre. Sebastien Bozon, AFP

Un homme fiché S, identifié comme Chérif Chekatt, a ouvert le feu, mardi soir, sur le marché de Noël de Strasbourg, faisant au moins deux morts et 12 blessés. La police nationale a lancé mercredi un appel à témoins. Le point sur l'enquête.

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• Au moins deux morts et 12 blessés

Un tireur, identifié comme Chérif Chekatt, a abattu au moins deux personnes près du marché de Noël de Strasbourg, mardi 11 décembre, et en a blessé 12 autres, dont six sont dans un état grave, selon le procureur de la République, Rémy Heitz.

Les victimes ont "entre 20 et 65 ans", selon le professeur Pascal Bilbault, responsable du Samu et des urgences à Strasbourg.

"Il y a aujourd'hui deux morts, une 3e personne en état de mort cérébrale, et deux personnes dont le pronostic vital est engagé", a ajouté la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui s'est rendue à l'hôpital de Hautepierre dans l'après-midi, où elle a rendu hommage au "travail remarquable des services de santé".

D'après le maire de Strasbourg, Roland Ries, qui s'exprimait sur BFM TV, un touriste thaïlandais figure au nombre des personnes décédées. Il a précisé que les victimes de la fusillade étaient principalement des hommes et que certaines avaient reçu une balle dans la tête. "Il n'y a pas d'enfants."

• Le déroulé de la fusillade

L’assaillant a ouvert le feu "à partir de 19h50" et "semé la terreur" en "trois points" de l’hyper-centre de Strasbourg, notamment à proximité du marché de Noël et de la cathédrale. L'homme a utilisé une arme de poing et un couteau. Le tireur a ensuite fait face à une patrouille de soldats de l'opération Sentinelle qui sécurisaient le marché de Noël.

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Lors de ces échanges de tirs, l'assaillant a été blessé par une patrouille de soldats de l'opération Sentinelle qui sécurisent le marché de Noël. Dans des circonstances encore floues, l'assaillant a ensuite réussi à prendre un taxi pour se rendre dans le quartier du Neudorf, où a eu lieu un nouvel échange de tirs avec la police, avant qu'il ne disparaisse.

Selon le procureur de la République, des témoignages recueillis dans le cadre de l'enquête affirment que le tireur a crié "Allah akbar" lorsqu'il faisait feu. "Au regard du lieu ciblé, du mode opératoire employé par l'assaillant, de son profil et des témoignages recueillis auprès de ceux qui l'ont entendu crier 'Allah Akbar', la section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisi des faits", a-t-il déclaré.

"Trois personnes, des citoyens, ont tenté de l'interpeller. L'une d'elles a été blessée à coups de couteau", a déclaré le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, parlant de "héros".

• Chasse à l’homme

Des centaines de policiers et de gendarmes, appuyés par des moyens aériens, sont mobilisés pour retrouver le tireur, selon des sources au sein de la police et de la gendarmerie. Un appel à témoins a été émis mecredi soir pour retrouver Chérif Chekatt.

Les autorités ont pensé un moment qu'il pouvait avoir passé la frontière et s'être réfugié à Kehl, juste de l'autre côté du Rhin, mais une intervention des polices française et allemande n'ont pas permis de retrouver sa trace.

Le préfet du Bas-Rhin a signé "un arrêté interdisant les manifestations qui seraient programmées demain pour permettre au force de l'ordre de se mobiliser totalement dans la recherche de [l'auteur des faits]", alors que des Gilets jaunes avaient encore occupé un certain nombre de sites routiers dans la journée.

Le gouvernement a décidé de porter le dispositif Vigipirate au niveau "urgence attentat" avec contrôles renforcés aux frontières. "Il y aura aussi en complément une mobilisation plus forte encore du dispositif sentinelle sur l'ensemble du territoire".

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "assassinats, tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle".

• Un suspect fiché S

Chérif Chekatt est un homme de 29 ans, fiché S pour sa proximité avec la mouvance islamiste, déjà condamné pour des faits de droit commun en France et en Allemagne. Selon franceinfo et France 3 citant une source proche de l'enquête, le suspect, né et vivant à Strasbourg, devait être interpellé mardi matin par les gendarmes dans le cadre d'une enquête pour tentative d'homicide et braquage.

"Il a un casier qui est assez important. Il a fait plusieurs séjours en prison et c'est à l'occasion de ces séjours en prison qu'a été détectée une radicalisation, mais dans la pratique religieuse, jamais de signe de passage à l'acte. C'est à ce titre uniquement qu'il était suivi, de manière assez sérieuse, par les services de renseignement. Mais comme beaucoup d'autres individus qui ont pu manifester une pratique radicale religieuse en détention", a indiqué Laurent Nuñez.

>> À lire aussi : Le tireur présumé de Strasbourg, un fiché S condamné à 27 reprises dans trois pays

L'assaillant, qui faisait l'objet d'un "suivi actif" depuis sa sortie de prison "fin 2015", n'a "pas essayé de se rendre en Syrie", selon le secrétaire d'État. Il a fait l'objet de 27 condamnations en France, en Allemagne et en Suisse.

Selon la presse allemande, Chérif Chekatt avait écopé en Allemagne en 2016 d'une peine de prison de deux ans et trois mois pour vol aggravé. Expulsé en 2017 en Suisse, il a fait un an et demi de prison à Bâle pour des cambriolages.

"Plusieurs perquisitions ont été réalisées cette nuit dans des lieux qu'il est susceptible d'avoir fréquenté", a indiqué Rémy Heitz. Selon des sources proches de l'enquête, les quatre personnes placées en garde à vue après la fusillade sont le père, la mère et les deux frères du suspect.

• Le confinement levé

Après l'attaque, le centre historique de Strasbourg a été entièrement bouclé par les forces de l'ordre. Selon la préfecture, les mesures de confinement avaient été levées dans la nuit et l'accès au centre-ville était de nouveau possible à partir de 2h00. La rue des Grandes Arcades, où l'attaque s'est en partie déroulée, est bloquée par des policiers armés en empêchant l'accès.

Pour sa part, le maire de Strasbourg a indiqué dans un communiqué qu'"en lien avec le gouvernement et le rectorat", il avait été décidé qu'il n'y "aurait pas de cours dans les écoles maternelles et élémentaires dans lesquelles un accueil sera toutefois proposé aux enfants dont les parents ne peuvent assurer la garde". Le marché de Noël restera fermé mercredi et "tous les spectacles prévus dans les équipements culturels strasbourgeois" sont annulés.

Pour d'évidentes raisons de sécurité, le marché de Noël a été fermé mercredi et le restera jeudi. Le préfet estime que les conditions de sécurité ne sont pas encore suffisantes. Mais l'ensemble des équipements culturels et sportifs de la ville rouvriront.

• Le marché de Noël, cible privilégiée

Le traditionnel marché de Noël de Strasbourg, qui attire chaque année 2 millions de visiteurs, avait fait l'objet d'un projet d'attentat en décembre 2000. Il est protégé en permanence par un important dispositif de surveillance. Environ 260 policiers nationaux sont notamment mobilisés.

En décembre 2016, le marché de Noël de Berlin avait été visé par un attentat au camion-bélier revendiqué par le groupe État islamique qui avait fait douze morts.

Avec AFP

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