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Biya lève les poursuites contre 289 détenus de la crise du Cameroun anglophone

Le président camerounais Paul Biya.
Le président camerounais Paul Biya. Archives AFP

Le président camerounais Paul Biya a ordonné, jeudi, l'arrêt des poursuites contre 289 détenus arrêtés pour des délits commis dans le cadre de la crise dans les régions anglophones. Le nom des bénéficiaires de cette mesure n'a pas été communiqué.

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Le président camerounais, Paul Biya, joue la carte de l'apaisement. Dans un communiqué publié jeudi 13 décembre, il a annoncé l'arrêt des poursuites engagées contre 289 personnes arrêtées dans le cadre du conflit armé qui touche la partie anglophone du pays.

Le président "a décidé (...) de l'arrêt des poursuites pendantes devant les tribunaux militaires contre un certain nombre de personnes arrêtées pour des délits commis dans le cadre de la crise dans les régions (anglophones) du Nord-Ouest et du Sud-Ouest", selon ce communiqué.

>> À lire : Amnesty s'inquiète d'une "escalade de la violence" au Cameroun anglophone

Le texte, lu à la radio d'État et signé par le secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, ne précise pas le nom des bénéficiaires de cette mesure.

"Intervenant après la création d'un Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration, cette décision du chef de l'État procède de sa volonté de permettre à (...) nos jeunes compatriotes de ces deux régions de renoncer à la violence et de revenir dans le droit chemin", ajoute-t-il.

Aucun nom divulgué

Plusieurs centaines de personnes arrêtées dans le cadre de la crise anglophone, qui a débuté en 2016 pour se transformer fin 2017 en conflit armé, sont actuellement détenues dans différentes prisons camerounaises, selon des sources concordantes.

Parmi elles figure le leader séparatiste anglophone, Julius Sisiku Ayuk Tabe, accusé notamment de "terrorisme" et de "sécession", dont le procès s'est ouvert il y a une semaine devant le tribunal militaire de Yaoundé, puis a été renvoyé au 10 janvier. On ignore s'il fait partie des personnes concernées par l'arrêt des poursuites, dans la mesure où aucun nom n'a encore été divulgué.

Les États-Unis "réclament un dialogue immédiat" et "sans conditions préalables entre le gouvernement du Cameroun et les séparatistes des régions du nord-ouest et du sud-ouest", ainsi que "l'arrêt de la violence", a affirmé jeudi l'ambassadeur adjoint américain à l'ONU, Jonathan Cohen. "Nous exhortons toutes les parties à renoncer à la violence, à rétablir la paix et à résoudre leurs griefs par le dialogue politique", a ajouté le diplomate américain lors d'une réunion du Conseil de sécurité consacrée aux pays du centre de l'Afrique.

Sept cents morts dans le conflit

Depuis fin 2017, des dizaines de séparatistes ont pris les armes dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pour en finir avec ce qu'ils estiment être "la marginalisation" de la minorité anglophone du Cameroun.

>> À voir : Retour sur la crise qui secoue le pays

Selon des sources concordantes, aux séparatistes, se sont ajoutées des bandes armées de bandits et de pillards qui rackettent les populations et les entreprises.

Plus de 200 membres des forces de défense et sécurité camerounaises ont perdu la vie dans ce conflit ainsi que plus de 500 civils, selon le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG). Ce conflit, qui n'a cessé de prendre de l'ampleur, a déjà forcé plus de 437 000 personnes à fuir leur domicile dans ces régions, selon l'ONU.

Avec AFP

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