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Après l'attaque de Strasbourg, les Gilets jaunes restent mobilisés

Les Gilets jaunes souhaitent poursuivre leur mouvement, malgré les appels à la suspension suite à l'attaque de Strasbourg.
Les Gilets jaunes souhaitent poursuivre leur mouvement, malgré les appels à la suspension suite à l'attaque de Strasbourg. Boris Horvat, AFP

Malgré les appels du gouvernement "à la responsabilité générale" face à l'attaque de Strasbourg, les Gilets jaunes entendent maintenir un acte V samedi. Le gouvernement fera face à une motion de censure jeudi après-midi à l'Assemblée nationale.

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Face à l'attaque de Strasbourg, l'acte V de mobilisation nationale des Gilets jaunes aurait-il lieu ? Après la fusillade du marché de Noël, le mouvement semblait décidé, mercredi 12 décembre, à poursuivre, malgré les appels du gouvernement et des partis d'opposition.

De Tours à Marseille en passant par Calais, de nombreux Gilets jaunes expriment leur solidarité avec les victimes de Strasbourg mais restent déterminés à faire entendre leur colère, dans la rue ou autour de ronds-points, après les mesures annoncées lundi soir par le chef de l'État.

Dans les Bouches-du-Rhône, le mouvement est "parti pour un acte V, en plus important même", affirme Thierry Marre, coordinateur des Gilets jaunes à Istres, qui continue de réclamer comme d'autres "la démission" d'Emmanuel Macron.

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"On ne se sent pas concernés, par ça, les attentats. C'est pour nous faire peur. On ne changera rien", lâche également "Mamyray", une retraitée de 65 ans rencontrée par l'AFP sur un rond-point à Rennes. "Eux pensent que c'est une raison pour nous faire arrêter. Pour moi, cela [l'attaque de Strasbourg et les Gilets jaunes, NDLR] n'a aucun rapport", estime à ses côtés, Paul, brocanteur de 24 ans.

Les annonces présidentielles, notamment la hausse de 100 euros de la
rémunération au niveau des salariés touchant le SMIC, n'ont semble-t-il pas suffi à éteindre la colère des Gilets jaunes, pas plus que les appels du gouvernement à observer une pause après l'attaque terroriste sur le marché de Noël de Strasbourg, qui a fait au moins deux morts et douze blessés.

Complotisme chez certains Gilets jaunes

De légers tiraillements traversent toutefois ce mouvement lancé le 17 novembre contre la hausse des prix du carburant avant de s'étendre à une contestation plus générale de la politique gouvernementale. À Strasbourg, "Il faut que tout le monde stoppe au vu des événements", reconnaît Patrick, un Gilet jaune local, appelant à faire "profil bas jusqu'à ce week-end".

Le mouvement sans leader ni idéologie doit aussi faire face à la propagation par certains de ses membres de thèses complotistes selon lesquelles l'attaque de Strasbourg serait un "coup monté" destiné à éclipser la mobilisation.

"Un mec a sans doute dégénéré [...] dans les rues de Strasbourg et le gouvernement fait passer ça pour un attentat", écrit un internaute sur une page Facebook appelant à un acte V.

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En réaction, le groupe Facebook La France en colère, qui compte parmi ses membres certains initiateurs du mouvement, a suspendu mardi soir ses commentaires en évoquant une "situation particulière".

Dénoncées par le gouvernement, ces thèses conspirationnistes sont également combattues par des Gilets jaunes qui craignent d'être discrédités. "C'est une pensée marginale dans le mouvement", assure Claude Rambour, 42 ans, membre des "Gaulois de Calais".

Appel au calme mais pas d'interdiction

Mercredi matin, le secrétaire d'État à l'Intérieur, Laurent Nuñez, en a appelé à la "responsabilité générale" en disant "espérer qu'il y aura moins de manifestations" de Gilets jaunes samedi. Malgré l'activation de "l'urgence attentat" – plus haut niveau du plan Vigipirate –, les manifestations ne devraient pas être interdites ce week-end, a-t-il précisé.

"Une trêve s'impose, par respect en la mémoire des victimes, et parce que nos forces de l'ordre sont mobilisées", a estimé mercredi le vice-président des Républicains (LR), Damien Abad.

"Le mouvement doit cesser", a insisté la ministre de la Justice, Nicole Belloubet. S'attirant aussitôt une réplique indignée de la députée Clémentine Autain (La France insoumise), accusant le gouvernement d'"instrumentaliser l'événement dramatique" de Strasbourg.

La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, pour sa part, "suppose que les manifestations des Gilets jaunes ne pourront pas avoir lieu samedi", la France étant placée en "urgence attentat".

La motion de censure examinée jeudi

La motion de censure de gauche, déposée contre le gouvernement mardi – avant l'attaque de Strasbourg – pour sa politique dans la crise des Gilets jaunes, sera débattue jeudi à 16 h 30 et soumise au vote de l'Assemblée nationale, malgré la demande de report faite par le groupe socialiste co-signataire de la motion.

Olivier Faure (PS) a plaidé la "décence" dans ce "moment dramatique", après la fusillade mardi soir sur le marché de Noël de Strasbourg, qui a fait deux morts, un blessé en état de mort cérébrale et douze autres blessés. "Le symbole d'une République qui se rassemble est utile", a-t-il aussi estimé.

Si Richard Ferrand (LREM) "faisait un report, nous n'en ferions pas un drame", a lancé Jean-Luc Mélenchon (LFI), moins demandeur, lors des questions au gouvernement.

"Je veux dire que le Premier ministre, le gouvernement est à la disposition de l'Assemblée et ce débat [sur la motion de censure] aura lieu quand l'Assemblée le souhaitera", lui a répondu Édouard Philippe.

"Ce débat aura lieu [...] pleinement, et nous pourrons exprimer nos désaccords parce que fondamentalement, M. le président Mélenchon, nous sommes d'accord pour défendre la République et pour défendre la démocratie", a ajouté le chef du gouvernement, déclenchant des applaudissements debout de l'hémicycle dont, image rare, ceux des députés de La France insoumise.

Avec AFP

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