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Strasbourg, une cible de longue date du jihadisme

Un militaire de Sentinelle monte la garde près de la cathédrale de Strasbourg.
Un militaire de Sentinelle monte la garde près de la cathédrale de Strasbourg. Patrick Hertzog, AFP

Si les raisons qui ont poussé Cherif Chekatt, l'auteur de la tuerie du marché de Noël de Strasbourg, a passer à l'acte ne sont pas clairement établies, la ville du Grand Est est depuis près de 20 ans une cible des groupes jihadistes.

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Cœur de l'Europe, ville populaire, foyer de plusieurs filières jihadistes… Strasbourg figure depuis longtemps sur la carte des jihadistes, qui ont projeté il y a près de vingt ans d'y commettre  un premier attentat – alors déjoué – sur son célèbre marché de Noël.

Le chef-lieu de la région Grand Est a été la cible mardi d'une attaque commise par un homme, Cherif Chekatt, fiché S, dont ne connaît pas encore les motivations.

La "Babylone française"

La première alerte terroriste remonte au 25 décembre 2000. Ce jour-là, les policiers allemands, avertis par les services français, arrêtent à Francfort quatre suspects et saisissent des armes, des produits chimiques, des détonateurs et un enregistrement vidéo de repérage des accès de Strasbourg, de la cathédrale et du marché de Noël.

Les commentaires sont sans ambiguïté : "Voilà la Babylone française, voici la cathédrale des ennemis de Dieu. Voici les ennemis de Dieu, Vous irez en enfer si Dieu le veut", entend-on en voix off dans cet enregistrement aux images tremblantes.

>> À lire aussi : Attaque de Strasbourg : les forces de l'ordre disposent-elles des effectifs nécessaires ?

Les enquêteurs en acquièrent la conviction : le commando devait passer à l'action avant le 31 décembre 2000.

À l'issue des investigations, en 2004, dix hommes seront condamnés pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" à des peines allant jusqu'à dix ans de prison.

Les prévenus admettent avoir suivi des entraînements militaires en Afghanistan où, selon l'accusation, ils auraient organisé les préparatifs en 1999 en collaboration avec un adjoint d'Oussama ben Laden, Abou Zoubeïda.

Nouveaux projets en 2016

Le contexte est complètement différent, en novembre 2016, lorsqu'une autre cellule préparant un attentat est démantelée à Strasbourg et Marseille. On est alors en pleine vague d'attaques commanditées ou inspirées par l'organisation État islamique (EI), qui agit depuis les pans de territoire alors sous sa coupe en Syrie et en Irak. C'est là qu'est né le projet d'attentats coordonnés qui ont ensanglanté la région parisienne le 13 novembre 2015.

L'un des tueurs du Bataclan, Foued Mohamed-Aggad, venait précisément de Wissembourg, dans le nord de l'Alsace. Il avait intégré un groupe d'une dizaine de jihadistes issus pour la plupart du quartier strasbourgeois de la Meinau et partis pour la Syrie fin 2013.

Deux d'entre eux y ont laissé la vie. Sept autres – dont un frère de Foued Mohamed-Aggad – sont rentrés en 2014 en France, où ils ont été condamnés en 2016 pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste".

L'Alsace a aussi vu grandir l'auteur de l'attaque au couteau qui a fait un mort et plusieurs blessés en mai dernier dans le quartier de l'Opéra, à Paris.

Selon le maire de Strasbourg Roland Ries, cité en mai par Le Figaro, "10 % des fichés S vivraient dans l'Eurométropole [de Strasbourg]".

Avec Reuters

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