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Cesare Battisti menacé d'arrestation au Brésil et d'extradition vers l'Italie

Cesare Battisti photographié à Sao Paulo,  le 20 octobre 2017.
Cesare Battisti photographié à Sao Paulo, le 20 octobre 2017. Miguel Schincariol, AFP

Pour empêcher "toute tentative de fuite", un juge brésilien a ordonné jeudi l'arrestation en vue de l'extradition de Cesare Battisti, l'ancien militant d'extrême gauche italien condamné par contumace par son pays pour quatre homicides.

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Un juge de la Cour suprême brésilienne a ordonné, jeudi 13 décembre, l'arrestation "en vue d'une extradition" de l'ancien militant d'extrême gauche italien Cesare Battisti, réclamé par la justice de son pays après une condamnation par contumace pour quatre homicides.

"J'intime l'ordre de placer en détention en vue d'une extradition le ressortissant italien Cesare Battisti", a écrit le juge Luiz Fux, dans une ordonnance dont l'AFP a obtenu copie. Ce juge souhaite éviter "toute tentative de fuite".

La détention avait été requise par la procureure générale de la République du Brésil, Raquel Dodge, qui a pris ses fonctions en septembre. Interrogé par l'AFP, l'avocat de Cesare Battisti, Igor San'Anna Tamasauskas, a indiqué qu'il n'avait "pas reçu" de notification de la décision du juge Fux.

Il clame son innocence

Cesare Battisti, 63 ans, a été condamné en 1993 à la réclusion à perpétuité pour quatre meurtres et complicité de meurtres à la fin des années 1970. Il clame aujourd'hui son innocence.

"J'ai toujours dit que je suis coupable d'avoir pris part à un groupe armé et d'avoir pris position contre un État fasciste, mafieux et voleur. Mais les crimes pour lesquels j'ai été condamné, ils doivent en fournir les preuves", expliquait-il à l'AFP en octobre 2017. Quand on lui demandait ce qu'il risquait en Italie pour son passé au sein du groupe Prolétaires armés pour le communisme (PAC), il répondait alors : "La torture et l'assassinat".

Après s'être évadé de prison en 1981, il avait fui d'abord au Mexique, puis en France à partir de 1990. Le président socialiste François Mitterrand s'était en effet engagé à n'extrader aucun militant d'extrême gauche renonçant à la lutte armée. Par ailleurs, la justice française avait relevé que le condamné n'aurait pas droit en Italie à un nouveau procès où il pourrait présenter sa défense, comme le prévoit le droit français.

Promesse électorale de Bolsonaro

Mais le successeur de François Mitterrand, le président de droite Jacques Chirac, n'étant pas aussi bien disposé, l'Italien avait rejoint clandestinement le Brésil en 2004. Au terme d'un séjour en prison et d'un long processus judiciaire pour l'extrader, le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva avait décidé en 2010 de ne pas livrer le fugitif à l'Italie. Battisti y vit libre depuis 2011, sur la côte atlantique à Cananeia (sud). Il a eu un enfant avec une Brésilienne, qu'il a ensuite épousée.

La décision judiciaire de jeudi va dans le sens des promesses électorales du président élu d'extrême droite Jair Bolsonaro, qui souhaite une extradition. "Nous montrerons au monde notre engagement dans la lutte contre le terrorisme", avait-il dit en octobre, critiquant un personnage "adoré par la gauche brésilienne".

>> À lire aussi : Comment le Brésil se prépare à l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro

Cette promesse avait été saluée par le ministre de l'Intérieur et vice-Premier ministre d'extrême droite italien Matteo Salvini. "Après des années de palabres, je demanderai qu'ils [le futur gouvernement brésilien] nous renvoient en Italie le terroriste rouge Battisti", avait-il écrit sur Twitter, au moment de se réjouir de la victoire électorale de Jair Bolsonaro.

L'idée "qu'un condamné à la perpétuité profite de la vie sur les plages du Brésil provoque chez moi un agacement indescriptible", déclarait encore lundi le bouillant ministre de la Ligue du Nord.

Avec AFP

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