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Procès Gbagbo : l’avenir de l’ancien président toujours en suspens à La Haye

L'audition de Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale, le 19 février 2013.
L'audition de Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale, le 19 février 2013. AFP (archives)

Les juges de la CPI ont convoqué, jeudi, une audience sur une demande de libération provisoire déposée par Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Les débats devaient se poursuivre le lendemain mais aucune audience n'a été organisée.

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Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé seront-ils bientôt remis en liberté provisoire ? Les juges de la Cour pénale internationale de La Haye (CPI) devaient rendre leur décision, vendredi 14 décembre, au lendemain de l’audience organisée à huis clos partiel la veille. Mais cette nouvelle audience n’aura pas lieu.

Malgré ce nouveau rebondissement, les juges pourraient se prononcer prochainement en faveur d’une remise en liberté de l’ancien président ivoirien et de son ministre de la Jeunesse.

>> À lire : Procès Gbagbo suspendu à La Haye, retour sur la chute de l'ex-président ivoirien

"En convoquant l’audience de jeudi, alors que les délibérés sur la demande d’acquittement de Laurent Gbagbo sont toujours en cours, les juges ont montré leur volonté de réfléchir à la possibilité d’une remise en liberté provisoire avant même d’avoir rendu leur décision sur l’acquittement", explique Stéphanie Maupas, correspondante de France 24 à La Haye.

De son côté, Simone Gbagbo a indiqué sur Twitter sa "foi en la libération de Laurent".

Liberté provisoire en Belgique ?

Les juges ont principalement débattu jeudi du pays dans lequel pourraient être accueillis les deux hommes forts d’Abidjan. Le procureur Eric MacDonald a fait savoir qu’il souhaitait que les accusés soient "facilement à la disposition de la Cour". En cas de mise en liberté provisoire, le pays d’accueil serait donc probablement un pays européen mais pas les Pays-Bas, qui ont déjà refusé de les héberger.

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé pourraient être accueillis en Belgique. La Haye n’est qu’à deux heures de Bruxelles et la CPI a conclu en avril 2014 avec la Belgique un accord sur "la mise en liberté provisoire sur le territoire belge de personnes détenues en exécution de décisions rendues par les chambres de la Cour".

C’est en vertu de cet accord que l’ancien vice-président congolais, Jean-Pierre Bemba, s’était installé en Belgique à la suite de sa remise en liberté provisoire en juin dernier.

Mais si les juges de la CPI ont de fortes chances de se prononcer pour une libération provisoire de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, le doute demeure toujours sur la date à laquelle ils rendront leur décision. Les vacances judiciaires débutant ce soir et durant jusqu’au 7 janvier, les juges vont-ils rendre leur décision par écrit dans les prochains jours ou bien attendre la fin des congés pour se prononcer ?

Interdiction de s’exprimer en public et couvre-feu

Au cas où ils obtiendraient leur libération provisoire, les deux accusés se verraient imposer un certain nombre de conditions. "En général, quand il y a mise en liberté provisoire, les accusés n’ont pas le droit de s’exprimer publiquement ou dans les médias. Lorsqu’ils rendront leur décision, les juges vont mettre des conditions à cette liberté provisoire", indique Stéphanie Maupas. Parmi elles, l’interdiction d’entrer en contact de manière directe ou indirecte avec les témoins.

Par ailleurs, le procureur a recommandé que les deux hommes remettent leurs passeports au greffe, qu’ils portent des bracelets électroniques et payent une caution. Il s’agirait d’"une somme qu’ils pourraient perdre si les conditions de liberté provisoire n’étaient pas respectées", a-t-il précisé.

Concernant Charles Blé Goudé, le procureur a également présenté comme conditions, s’il est libéré, qu’il soit soumis à "un couvre-feu de 23 heures à 6 heures du matin" et qu’il se présente deux fois par semaine devant les forces de police.

Destin présidentiel

S’ils seront interdits de s’exprimer publiquement depuis le lieu de leur liberté provisoire, les deux hommes pourront toujours recevoir les membres de leur entourage et ainsi préparer depuis l’étranger leur retour en Côte d’Ivoire. Car tous deux sont loin d’avoir tourné la page de la politique.

Interrogé par le journaliste François Mattei dans son livre-entretien "Libre, pour la vérité et la justice" sur sa volonté de redevenir président en 2020, Laurent Gbagbo ne dément pas. "Il n’est pas indispensable d’être président pour faire de la politique et se rendre utile. La Côte d’Ivoire, l’Afrique, c’est ma vie et je serai toujours concerné par leurs destins", ajoute-t-il.

Quant à Charles Blé Goudé, ancien chef du mouvement des Jeunes patriotes de 46 ans, il n’a jamais caché ses ambitions politiques et se voit depuis plusieurs années déjà un destin présidentiel.

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