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À Matignon, indépendantistes et loyalistes de Nouvelle-Calédonie actent leurs divergences

Le Premier ministre Édouard Philippe et Thierry Lataste, haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, le 14 décembre à Matignon.
Le Premier ministre Édouard Philippe et Thierry Lataste, haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, le 14 décembre à Matignon. Stéphane de Sakutin, AFP

Responsables politiques indépendantistes et loyalistes de Nouvelle-Calédonie se sont retrouvés vendredi autour du Premier ministre à Matignon. Les deux camps ont constaté leurs désaccords, notamment sur l'organisation de nouveaux référendums.

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Plus d’un mois après la tenue d’un référendum d'autodétermination historique en Nouvelle-Calédonie, des responsables politiques indépendantistes et loyalistes se sont rencontrés vendredi 14 décembre à Matignon.

Cette réunion du Comité des signataires de l'accord de Nouméa avait été annoncée par Édouard Philippe lors de sa visite éclair à Nouméa au lendemain du scrutin du 4 novembre, remporté avec 56,7 % des voix par le camp pro-France.

Ce comité a notamment permis de fixer au 12 mai prochain la date des élections provinciales qui doivent rebattre les cartes de la composition du congrès de Nouvelle-Calédonie – actuellement dominé par les loyalistes.

Les deux camps ont surtout constaté leurs divergences lors de la rencontre de vendredi. Principal point de désaccord, la possibilité, prévue par l'accord de Nouméa de 1998 – si un tiers des membres du Congrès en fait la demande –, d'un deuxième référendum en 2020 et d'un troisième en 2022.

Dans l'archipel colonisé par la France en 1853, le référendum, intervenu dans le cadre du processus de décolonisation de l'accord de Nouméa, a donné lieu à un vote en partie identitaire, les Kanak votant majoritairement oui à l'indépendance et les autres communautés non.

Avec un score surprise de 43,3 %, plus haut que le prédisaient les sondages, les indépendantistes sont sortis galvanisés du scrutin. En conséquence, ils entendent faire appliquer jusqu'au bout l'accord de Nouméa et les deux référendums potentiels, au terme desquels ils espèrent la victoire de l'indépendance.

"La question du deuxième et du troisième référendum n'a pas à être discutée"

Pour Roch Wamytan, de l'Union calédonienne - FLNKS, "l'accord de Nouméa, a un début, en 1998, et une fin, après le troisième référendum. Donc la question du deuxième et du troisième référendum n'a pas à être discutée". Une position partagée par Victor Tutugoro de l'UNI-FLNKS (Union nationale pour l'indépendance).

En face, au sein de la droite loyaliste jusque-là très divisée, les Républicains calédoniens et le Rassemblement-LR ont créé un "front loyaliste" pour contrer les indépendantistes.

Outre leur opposition à de nouveaux référendums qu'ils jugent "mortifères" pour l'économie, ils réclament la réouverture du corps électoral provincial, pour l'heure restreint aux personnes présentes sur le Caillou depuis au moins novembre 1998. Ce que refusent les indépendantistes, toujours au motif de l'application stricte de l'accord de Nouméa.

Dans l'après-midi, les parties ont discuté, comme le souhaitait le Premier ministre, des "enjeux économiques et sociaux", dans un territoire marqué par de fortes inégalités sociales.

Mais les indépendantistes de l'Union calédonienne ont quitté la réunion, estimant qu'il s'agissait d'une manœuvre de diversion pour "perturber une discussion essentiellement politique", selon Roch Wamytan.

Avec AFP

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