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Theresa May écarte à nouveau l'idée d'un second référendum sur le Brexit

Des manifestants à Londres, le 23 juin 2018, demandent la tenue d'un nouveau référendum sur le Brexit.
Des manifestants à Londres, le 23 juin 2018, demandent la tenue d'un nouveau référendum sur le Brexit. Niklas Hallen, AFP

La Première ministre britannique s’est exprimée, lundi, devant la Chambre des communes pour rejeter une nouvelle fois tout projet d’organiser un nouveau référendum sur le Brexit. Hier impensable, l'idée a de plus en plus le vent en poupe.

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Vers un nouveau référendum sur le Brexit ? L’idée fait de plus en plus son chemin outre-Manche. En affirmant le 10 décembre que le Royaume-Uni pouvait décider seul de renoncer à quitter l’Union européenne, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a donné un argument de plus aux Britanniques favorables à un nouveau vote, augmentant la pression en ce sens sur l’exécutif. À tel point que la Première ministre, Theresa May, qui s’est exprimée à la Chambre des communes lundi 17 décembre, a une nouvelle fois sèchement rejeté les appels qui se multiplient au Royaume-Uni pour un second référendum sur le Brexit.

"Ne rompons pas la confiance du peuple britannique en essayant d'organiser un nouveau référendum" sur le Brexit, qui "entraînerait des dégâts irréparables pour l'intégrité de notre vie politique", a-t-elle dit.

L’idée de faire revoter le pays n’est pas nouvelle. Celle-ci est née dès le lendemain du référendum du 23 juin 2016 et a depuis régulièrement été citée par les tenants du maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne (UE). Elle n’a cependant jamais été prise au sérieux et a régulièrement été rejetée par l’ensemble des partis politiques.

>> À lire : Theresa May maintenue par son parti mais toujours aussi contestée au Parlement

Mais alors que Theresa May a du mal à convaincre son Parlement de valider l'accord convenu avec Bruxelles en novembre sur les modalités du divorce, rendant de plus en plus vraisemblable une séparation sans accord, de nombreuses voix demandent un nouveau référendum.

Un ancien conseiller de la Première ministre, Nick Timothy, a ainsi acté que l’accord de divorce était "aussi mort qu’un dodo" et a écrit le 12 décembre dans le Daily Telegraph que Theresa May n’avait désormais que deux options : tenter d’obtenir un accord commercial avec l’UE semblable à l’accord norvégien ou bien proposer un second référendum.

Un discours semblable à celui exprimé par l’ancien secrétaire d’État aux Transports, Jo Johnson – le petit frère de Boris Johnson –, qui a appelé à un nouveau vote en démissionnant le 9 novembre. "Étant donné que la tournure prise par le Brexit est à ce point éloignée de ce qui avait été promis, demander l’avis des gens est ce qu’il y a de plus démocratique à faire", a-t-il ainsi écrit dans sa lettre de démission publiée sur Medium.

Le match Tony Blair-Theresa May

Ces prises de position font écho à un mouvement qui a pris de l’ampleur ces dernières semaines. En octobre, des centaines de milliers de partisans du maintien du Royaume-Uni au sein de l’UE ont ainsi défilé dans les rues de Londres pour réclamer un second référendum. Ils étaient notamment soutenus par le maire de la capitale britannique, Sadiq Khan, et l’ancien Premier ministre Tony Blair.

Ce dernier a d’ailleurs provoqué l’agacement de Theresa May, rapporte le Guardian, avec ses nouvelles déclarations pro-référendum. "La situation actuelle est unique dans l'histoire politique moderne de la Grande-Bretagne, a déclaré l'ancien dirigeant travailliste dans un discours à Londres. Le gouvernement ne contrôle plus rien – ni le calendrier, ni les événements, ni ce qui nous attend. Ce qui semblait improbable il y a quelques mois ne l'est plus (...) Nous allons nous tourner de nouveau vers le peuple."

"Le fait pour Tony Blair d'aller à Bruxelles et de chercher à saper nos négociations en plaidant pour un deuxième référendum est une insulte envers le poste qu'il a occupé et le peuple qu'il a servi", a répondu la Première ministre, dans une déclaration transmise aux médias samedi soir. "Nous ne pouvons pas, comme il le ferait, abdiquer la responsabilité de cette décision."

>> À voir : Brexit : le risque du "no deal"

Le Sunday Times a toutefois révélé dimanche que des proches de Theresa May étaient missionnés au Parlement pour tenter de créer une coalition favorable à un nouveau vote. Les deux personnes impliquées, son adjoint David Lidington et son directeur de cabinet Gavin Barwell, ont depuis démenti.

En attendant, pour les bookmakers, cela ne fait aucun doute : un nouveau vote est désormais le scénario le plus probable. Selon William Hill, l’un d’entre eux cité par The Independent, il y a 54 % de chances qu’un tel référendum se tienne dans les deux ans.

Avec AFP et Reuters

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