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L'ingérence russe visait à inciter les Noirs à s'abstenir à la présidentielle américaine

Un supporter de Trump à Indianapolis (Indiana), le 6 novembre 2018.
Un supporter de Trump à Indianapolis (Indiana), le 6 novembre 2018. REUTERS, Chris Bergin

Selon des rapports du Sénat américain, la campagne de propagande menée par la Russie sur les réseaux sociaux avant la présidentielle américaine de 2016 a tenté d'inciter les Noirs à s'abstenir de voter.

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Des rapports publiés lundi 17 décembre par le Sénat américain mettent en lumière l’ampleur et la nature de la campagne de propagande menée par la Russie sur les réseaux sociaux avant la présidentielle américaine de 2016. Celle-ci a tenté d'inciter les Noirs à s'abstenir de voter, avant de prendre le procureur spécial Robert Mueller lui-même pour cible après la victoire de Donald Trump, affirment ces documents.

L'agence Internet Research Agency (IRA), basée à Saint-Pétersbourg et considérée par la justice américaine comme une ferme à "trolls" payée par le Kremlin, a cherché pendant la campagne présidentielle à dissuader des franges de la population plutôt proches des démocrates, comme les jeunes, les minorités ethniques et la communauté LGBT, de voter, selon ces textes.

>> À lire sur France 24 : "Dans les coulisses de l'usine à trolls russe, l'Internet Research Agency"

Elle a mis un accent particulier sur les électeurs noirs d'après l'analyse la plus complète à ce jour des milliers de messages et publications diffusés sur les réseaux sociaux par l'IRA, entre 2015 et 2017, menée conjointement par l'université d'Oxford et des spécialistes des nouveaux médias Graphika.

Hilary Clinton accusée d’être opportuniste

L'autre rapport commandé par le Sénat a lui été élaboré par la compagnie New Knowledge et l'université de Columbia notamment.

L'IRA avait ainsi créé de nombreux comptes sous de faux profils américains destinés à la communauté noire. L'un d'eux, intitulé "Blacktivist", envoyait des messages négatifs sur la candidate démocrate Hillary Clinton, accusée d'être une opportuniste, seulement soucieuse de gagner des voix.

"Cette campagne visait à convaincre que la meilleure manière d'améliorer la cause de la communauté afro-américaine était de boycotter les élections et de se concentrer sur d'autres sujets", écrivent les auteurs du rapport.

Parallèlement, une partie des 3 841 comptes Facebook, Instagram, Twitter ou Youtube étudiés cherchait à pousser les électeurs blancs proches des républicains à participer au scrutin.

Initialement, les messages soutenaient les thèses républicaines – la défense du port d'armes ou la lutte contre l'immigration – sans citer de favori. Une fois que la candidature de Donald Trump a pris de la consistance, les messages de l'IRA lui ont été clairement favorables, selon cette étude.

Des employés de l'IRA inculpés

Selon une étude du Pew Research Center, le taux de participation des électeurs blancs avait augmenté en 2016, alors que celui des Noirs, à 59,6 %, était en recul de cinq points par rapport à 2012.

Plusieurs employés de l'IRA, financée par l'oligarque Evguéni Prigojine, ont été inculpés par la justice américaine pour ingérence dans l'élection de 2016.

La campagne de propagande a ensuite évolué pour se trouver une nouvelle cible après la victoire de Donald Trump : le procureur spécial Robert Mueller, chargé d'enquêter sur les soupçons de collusion entre l'équipe de campagne du républicain et la Russie, a indiqué lundi soir le Washington Post.

Des comptes alimentés par des Russes sur les réseaux sociaux ont ainsi partagé des publications affirmant que Mueller était corrompu, un post sur Instagram allant jusqu'à prétendre qu'il avait par le passé travaillé avec "des groupes islamistes radicaux".

Avec AFP

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