REPORTAGE

RD Congo : l'Église catholique fait entendre sa voix pour l'élection présidentielle

Le nouvel archevêque de Kinshasa Fridolin Ambongo harangue la foule, le 25 novembre.
Le nouvel archevêque de Kinshasa Fridolin Ambongo harangue la foule, le 25 novembre. John Wessels, AFP

En République Démocratique du Congo, où l'église catholique tient une place centrale, les leaders religieux n'hésitent pas à s'exprimer librement sur la crise politique qui dure depuis le maintien de Joseph Kabila au pouvoir en décembre 2016.

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À quelques jours des élections présidentielles, plusieurs dizaines de milliers de Congolais se massent dans le plus grand stade de Kinshasa pour assister à l'investiture du nouvel archevêque, Fridolin Ambongo. À cette occasion, les candidats aux élections n'hésitent pas à se montrer.

En République démocratique du Congo, l'influence de l'église dépasse souvent celle des partis politiques. Ce jour-là, les fidèles veulent surtout apercevoir leur nouveau leader spirituel. "Je lui fais vraiment confiance, car c'est un homme de Dieu, témoigne Axel. Il est là pour nous recadrer, nous mettre sur le droit chemin. Je lui fais plus confiance qu'aux hommes politiques."

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La parole de Dieu prévaut plus que celle de tout homme politique. "La religion nous amène vers la vie, commente Prémice. Et les politiciens, eux, on ne sait pas s'ils sont pour nous ou peur eux."

En temps de crise, l'Église n'hésite pas à s'exprimer ouvertement sur la vie politique. La conférence épiscopale nationale du Congo revendique ce droit à émettre un avis sur la crise politique. En décembre 2017 et janvier 2018, un collectif d'intellectuels chrétiens a organisé des marches pacifiques pour dénoncer le maintien de Joseph Kabila au pouvoir. Elles ont été réprimées par les forces de l'ordre.

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À l'approche des élections, le Comité laïc de coordination demande aux fidèles de ne pas être simples spectateurs du processus. "Il faut que le peuple puisse, à travers des institutions comme l'église par exemple, aller au-delà de la simple observation", commente Thierry Nlandu, du comité laïc de coordination. Jusqu'à présent, les représentants religieux sont restés discrets dans les médias. Mais dans chaque église, les croyants prient pour que l'élection ne plonge pas le pays dans la violence.

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