Wall Street, frustrée par la Fed, ouvre en baisse

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New York (AFP)

Wall Street a démarré la séance en baisse jeudi au lendemain d'une réunion de la banque centrale américaine (Fed) dont les conclusions ont été jugées décevantes par les investisseurs.

Vers 14H40 GMT, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average reculait de 0,49% à 23.210,33 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, lâchait 0,03% à 6.634,57 points.

L'indice élargi S&P 500 abandonnait 0,38% à 2.497,40 points.

Cette réunion de la banque centrale avait fait plonger les indices de la Bourse de New York mercredi, les courtiers estimant que le ton employé par la Fed après une hausse de ses taux et un abaissement de ses perspectives pour l'an prochain n'était pas assez conciliant: le Dow Jones avait lâché 1,49% et le Nasdaq 2,17%

"Le marché boursier s'est réveillé dans un nouvel ordre mondial qui hantait ses nuits depuis plusieurs mois: celui où le patron de la banque centrale n'est pas forcément prêt à voler à sa rescousse avec des mots et des actes réconfortants", a décrypté Patrick O'Hare de Briefing.

La Fed a augmenté mercredi ses taux directeurs d'un quart de point, mais elle a dans le même temps revu à la baisse, de trois à deux, ses perspectives de hausses de taux pour l'an prochain et ses anticipations de croissance et d'inflation pour 2018 et 2019.

Ces modifications de perspectives économiques et monétaires, qui actent la prise en compte d'un risque de calage de l'économie américaine --du fait notamment d'une croissance mondiale moins vigoureuse--, ont été jugé insuffisantes par les acteurs du marché.

"Ils s'attendaient à ce que M. Powell (le président de la Fed) écoute un peu plus leurs préoccupations", a estimé Nicholas Colas de DataTrek, alors que Wall street a plongé ces dernières semaines du fait de ces craintes sur la conjoncture, effaçant même mercredi l'ensemble de ses gains de l'année.

Cette situation a également troublé les marchés boursiers à travers le monde, les places asiatiques et européennes dévissant nettement.

"Il n'est pas rare qu'un patron de la Fed remette en question le comportement des marchés. Mais c'est sans doute la première fois qu'il ignore totalement les signaux envoyés par ceux-ci", a indiqué quant à lui Chris Low de FTN Financial.

Dans ce contexte de défiance, et alors que la volatilité évolue au plus haut depuis le début de l'année, "il a intérêt à avoir raison maintenant" concernant son relatif optimisme, a affirmé M. Colas, estimant qu'un faux pas de la Fed pourrait être source de lourdes conséquences.

Sur le marché obligataire, le taux sur la dette à dix ans des Etats-Unis évoluait à 2,764%, contre 2,755% mercredi à la clôture, et celui à 30 ans à 2,978%, contre 2,981% la veille.