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En désaccord avec Trump, le ministre américain de la Défense Jim Mattis démissionne

James Mattis, le 29 mars 2018.
James Mattis, le 29 mars 2018. Brendan Smialowski, AFP

Reconnaissant des divergences avec le président Donald Trump, au lendemain de l'annonce du retrait américain de Syrie, le ministre de la Défense Jim Mattis a présenté jeudi sa démission. Il quittera ses fonctions fin février 2019.

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Un départ de plus dans l'administration Trump. Le ministre américain de la Défense Jim Mattis a présenté jeudi 20 décembre sa démission, reconnaissant, dans une lettre au président américain rendue publique par le Pentagone, des divergences avec Donald Trump.

"Parce que vous avez le droit d'avoir un ministre de la Défense dont les vues sont mieux alignées sur les vôtres […], je pense que me retirer est la bonne chose à faire", écrit l'ancien général des Marines dans cette lettre datée de jeudi, au lendemain de l'annonce du retrait militaire américain de Syrie, auquel il était farouchement opposé.

L'administration Trump prépare également un retrait "important" des troupes stationnées en Afghanistan a indiqué jeudi soir, sous couvert d'anonymat, un responsable américain. Le Wall Street Journal et le New York Times évoquent le départ de la moitié des 14 000 militaires américains présents sur le sol afghan.

>> À lire aussi : "L'EI a été vaincu" : Trump lance le retrait des troupes américaines de Syrie

Quelques minutes auparavant, Donald Trump avait indiqué, sur Twitter, que Jim Mattis quitterait ses fonctions fin février 2019 et qu'il lui trouverait un remplaçant sous peu.

Jim Mattis a fait part de sa volonté de démissionner après s'être entretenu en tête à tête avec Donald Trump dans le bureau Ovale, a annoncé un haut représentant de la Maison blanche. "Le président et lui avaient des divergences sur certaines questions. Je ne sais pas si c'est lié spécifiquement à la Syrie", a-t-il déclaré.

"Il faut traiter les alliés avec respect"

Dans sa missive d'une page et demi au président, Jim Mattis énumère ses convictions, notifiant qu'elles diffèrent totalement de celles du président, sans toutefois mentionner explicitement le retrait de Syrie.

"La force de notre nation est inextricablement liée à la force de notre système, unique et complet, d'alliances et de partenariat", écrit le désormais ex-chef du Pentagone, rappelant au président que "les 29 démocraties de l'Otan ont démontré la solidité de leur engagement en combattant à nos côtés après les attaques du 11-Septembre contre l’Amérique". La coalition antijihadiste, qui regroupe 74 pays, en est une autre preuve, ajoute-t-il.

"Comme vous, j'ai dit depuis le début que les forces armées des États-Unis n'avaient pas pour vocation à être le gendarme du monde", poursuit-il, en référence à la justification par Donald Trump de retirer au plus vite les 2 000 soldats américains déployés en Syrie.

Mais "il faut traiter les alliés avec respect", ajoute-t-il, et "nous devons faire tout notre possible pour favoriser un ordre international propice à notre sécurité, notre prospérité et nos valeurs, et nous sommes renforcés dans cet effort par la solidarité de nos alliances".

"Transition en douceur"

"De même, je suis convaincu qu'il nous faut être résolus et sans ambiguïté dans notre approche envers les pays dont les intérêts stratégiques sont de plus en plus opposés aux nôtres", ajoute le ministre de la Défense, citant la Chine et la Russie.

"C'est un jour très triste pour notre pays", a lancé Nancy Pelosi, chef des démocrates à la Chambre des représentants. "Lisez sa lettre ! Je pense que tout le monde dans le pays devrait lire sa lettre de démission", a-t-elle ajouté. En écho, Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat, a déploré le départ de l'un des "rares symboles de force et de stabilité" au sein de l'équipe au pouvoir.

Jim Mattis précise qu'il quittera ses fonctions le 28 février, "une date qui devrait donner suffisamment de temps pour nommer et confirmer un successeur", et lui permettre de participer à une dernière réunion ministérielle de l'Otan, prévue en février à Bruxelles. "Je m'engage à faire tous les efforts pour assurer une transition en douceur", conclut-il dans ce message qui montre sans ambiguïté que ce départ se fait à des conditions qu'il a lui-même fixées.

L'hypothèse d'un départ de Jim Mattis avait pris de l'épaisseur depuis octobre et un entretien de Donald Trump à CBS dans lequel le président américain décrivait le général comme "une sorte de démocrate" qui pourrait quitter l'administration.

Avec AFP et Reuters

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