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L’Allemagne ferme sa dernière mine de charbon, fin d’une époque dans la Ruhr

C'est la fin de la mine de Bottrop dans la Rhur, où le charbon est entré dans la culture populaire depuis un siècle et demi.
C'est la fin de la mine de Bottrop dans la Rhur, où le charbon est entré dans la culture populaire depuis un siècle et demi. Oliver Berg, AFP

C'était la dernière descente dans le puits pour les mineurs de Bottrop. En pleine transition énergétique, l'Allemagne a fermé vendredi sa dernière mine de houille, dans la région emblématique de la Ruhr.

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Une page se tourne dans la Ruhr. La mine de charbon de Bottrop, la dernière encore en activité en Allemagne, a fermé, vendredi 21 décembre, après une ultime descente de mineurs dans le puits.

"Un chapitre de notre histoire se termine, a estimé Armin Laschet, ministre-président du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, dans un message à ses concitoyens. Notre région doit beaucoup au charbon : des centaines de milliers d’emplois, du bien-être et une source d’énergie qui a rendu fort notre pays."

>> À écouter sur RFI : Allemagne : fermeture de la dernière mine de charbon de la Ruhr

Si la fin de l’exploitation de "l’or noir" avait été programmée par le gouvernement fédéral en 2007, l’Allemagne n’en a pas pour autant fini avec le charbon. Près de 40 % du mix électrique allemand repose encore sur ce minerai, sous deux formes : la houille, importée, et le lignite, très polluant et bon marché.

Le pays compte ainsi plusieurs immenses mines de lignite à ciel ouvert. Et les centrales au charbon venues d'Australie ou de Chine turbinent à plein régime, y compris dans la Ruhr.

600 000 mineurs dans les années 50, 33 000 en 2007

La première économie européenne est en effet lancée dans une transition énergétique périlleuse, et a besoin du charbon pour accompagner la sortie du nucléaire, tandis que la montée en puissance des énergies renouvelables pose des problèmes de transport et de stockage.

>> À voir : Allemagne : les déplacés du charbon

L’histoire de la Ruhr est intimement liée à celle de ses mines. Le charbon y a été exploité pendant deux siècles et employait quelque 600 000 personnes dans les années 1950. En 2007, il n'y avait déjà plus que 33 000 mineurs.

Dès jeudi, les églises et cathédrales de la région ont organisé des messes dédiées alors que les clubs de football rhénans, Dortmund et Schalke en tête, ont rendu hommage avant les rencontres à leurs racines minières.

Car les hauts fourneaux, qui se dressaient sur les collines rhénanes depuis le XIXe siècle – et avec des mines descendant jusqu'à 1 500 mètres sous terre –, représentaient bien plus qu'un outil de travail. Ils accueillaient une société ouvrière et masculine avec son jargon, son entraide, ses échanges sans détour et sa passion pour le foot, qui se prolongeait à l'église et au comptoir des "Kneipe" (bistrots).

Une difficile reconversion s'annonce pour la Ruhr

La fermeture de la dernière mine est un événement en Allemagne. Le quotidien Bild dressait jeudi le portrait d'un ouvrier décédé lundi lors du démontage d'une fosse d'anthracite à Ibbenbüren, et a publié vendredi un supplément consacré à cette fermeture, avec des portraits des mineurs et en Une un grand "Merci pour le charbon".

"Merci !", a également écrit vendredi sur Twitter le ministre allemand de l'Économie, Peter Altmaier. "Nous devons énormément de choses aux mineurs : chaleur, prospérité et sécurité", a-t-il déclaré.

Dans la Ruhr, déjà frappée par le déclin de la sidérurgie – son autre fierté industrielle –, une difficile reconversion s'annonce, doublée d'une mise en valeur touristique des anciens sites. Les autorités rhénanes tentent de faire du bassin minier un pôle de compétitivité, dense en universités, centres de recherche et start-ups. L’Allemagne va dépenser 2,7 milliards d'euros d’ici 2022 pour accompagner la transition.

Avec AFP et EFE

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