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L'Assemblée nationale adopte les mesures d'urgence promises aux Gilets jaunes

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, à l'Assemblée nationale, le 20 décembre 2018.
La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, à l'Assemblée nationale, le 20 décembre 2018. Alain Jocard, AFP

L'Assemblée nationale a voté, dans la nuit de jeudi à vendredi, les mesures d'urgence censées apaiser la crise des Gilets jaunes en France. Les sénateurs doivent adopter le projet de loi dans la foulée.

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Prime exceptionnelle, heures supplémentaires défiscalisées, exonération élargie de hausse de CSG pour des retraités: l'Assemblée nationale a donné son feu vert dans la nuit de jeudi 20 à vendredi 21 décembre aux mesures d'urgence du gouvernement pour répondre à la crise des Gilets jaunes.

Après plus de treize heures de vifs débats, le projet de loi portant "mesures d'urgence économiques et sociales" a été approuvé par 153 voix, avec le soutien de la majorité LREM-MoDem et de l'UDI-Agir, contre 9 et 58 abstentions. Les socialistes se sont abstenus, comme la quasi-totalité des Républicains. Le RN et ses apparentés ont voté pour ou privilégié l'abstention. PCF et LFI, dénonçant un "trompe-l'oeil", ont voté contre.

Le texte, examiné en procédure accélérée, passera dans la foulée ce vendredi par le Sénat. Son président Gérard Larcher a souhaité un "vote conforme" de la chambre haute, à majorité de droite, ce qui permettrait l'adoption du texte avant les vacances parlementaires.

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Ces mesures apportent "des réponses rapides, fortes et concrètes" à la crise des Gilets jaunes, "condition d'un apaisement [même si] cela ne suffira pas", a affirmé la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, présente aux côtés d'Agnès Buzyn (Santé). C'est plutôt un "trompe-l'oeil", dénonçait la gauche de la gauche.

"Vous allez avoir Noël aux ronds-points"

"Vous pensez que vous allez régler le problème avec quatre mesures et un grand débat […], il ne vous restera qu'à croiser les doigts pour que les gens s'en contentent ?", a répondu le chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, lançant par ailleurs : "Vous allez avoir Noël aux ronds-points. Le député communiste Pierre Dharréville raillait quant à lui : "Votre projet de loi répond à la règle des trois E : embrouille, entourloupe et emberlificotage."

Communistes et Insoumis ont réclamé en vain le retrait de la mesure portant sur la défiscalisation des heures supplémentaires, "mesure sarkozyste dangereuse" selon eux. La demande des Républicains d'exonérer ces heures supplémentaires de cotisations patronales a été rejetée elle aussi, la majorité ne souhaitant pas que les entreprises recourent à ce moyen au lieu d'embaucher de nouveaux salariés.

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Les oppositions de gauche comme de droite ont jugé "injuste" la prime exceptionnelle de 1 000 euros détaxée que les entreprises auront la possibilité de verser, d'ici au 31 mars, à des salariés rémunérés jusqu'à 3 600 euros.

Un budget pour 2019 "insincère"

L'article 4 du projet de loi, qui prévoit un rapport du gouvernement sur "la revalorisation exceptionnelle de la prime d'activité au 1er janvier 2019" – la mesure de revalorisation elle-même ne passant pas par la loi mais le règlement – a donné lieu à des débats houleux sur la promesse d'Emmanuel Macron (hausse de revenu de 100 euros autour du Smic).

La tension est montée entre Agnès Buzyn et les socialistes Boris Vallaud et Valérie Rabault. Cette dernière a accusé le gouvernement d'avoir présenté un budget pour 2019 "insincère" avec des crédits insuffisants pour la prime d'activité. "Vous nous avez laissé une ardoise de 800 millions d'euros. Ça, c'est un budget insincère !"

Avec AFP

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