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Gilets jaunes : cortège itinérant à Paris, et blocages aux frontières

Quelques dizaines de Gilets jaunes se sont retrouvés sur les Champs-Élysées samedi, sous haute tension.
Quelques dizaines de Gilets jaunes se sont retrouvés sur les Champs-Élysées samedi, sous haute tension. Zakaria Abdelkafi, AFP

Le sixième acte de la mobilisation des Gilets jaunes a rassemblé plus de 38 000 manifestants samedi. La police a interpellé 220 personnes, dont Éric Drouet, l’une des voix du mouvement.

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À trois jours de Noël, les Gilets jaunes ont mobilisé leurs troupes dans toute la France pour un sixième samedi consécutif de manifestations, alors que la fronde a nettement marqué le pas.

38 600 manifestants étaient rassemblés en France, contre 66 000 samedi dernier, selon le ministère de l'Intérieur. Au total, ils étaient 2 000 dans la capitale, a précisé la préfecture. La police a procédé à 220 interpellations dans toute le pays, dont 81 gardes à vue. Parmi les personnes interpellées, Éric Drouet, l'un des premiers leaders du mouvement. Le chauffeur routier de 33 ans est à l'origine de l'appel à manifester à Versailles, avant celui d'un rassemblement à Montmartre.

Samedi matin, plusieurs centaines d'entre eux s'étaient rejoints devant le Sacré Cœur, dans le quartier de Montmartre à Paris avant de se diriger sans violence vers le quartier de l’Opéra. Le cortège est mobile et très encadré par les forces de police, a indiqué Roméo Langlois, envoyé spécial de France 24 sur place.

Dans la soirée, la circulation a repris sur les Champs-Élysées sous forte présence policière. En fin d'après-midi, de premiers incidents ont eu lieu sur l'avenue touristique et commerçante. Les forces de l'ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes et de canons à eau sur quelques dizaines de Gilets jaunes. Trois motards de la police ont été pris à partie, forçant l'un d'entre eux à abandonner sa moto sous les jets de pavés et de trotinettes.

Peu après 21 heures, Christophe Castaner a constaté "un réel tassement de la mobilisation" pour le sixième acte des Gilets jaunes. Selon le ministre de l'Intérieur, "certains continuent à venir manifester, animés par la haine des institutions".

De son côté, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a dénoncé sur son compte Twitter un "visage raciste et putschiste" derrière les violences.

La capitale française a été le théâtre de violents affrontements lors de manifestations précédentes. Aussi les commerces parisiens, qui devraient accueillir de nombreux clients avant Noël, ont été "invités à faire preuve de vigilance" par la préfecture de police.

Le château de Versailles fermé

Dans la capitale, toutes les stations de métro qui desservent les Champs-Élysées étaient fermées, tout comme la station Miromesnil, non loin du ministère de l'Intérieur et de l'Élysée.

Une manifestation était également attendue à Versailles, après l'appel sur Facebook d'Éric Drouet, l'une des figures du mouvement. Face au château visité par des millions de personnes chaque année, ils étaient quelques dizaines à faire entendre leurs revendications, liées pour beaucoup au pouvoir d'achat, selon le préfet des Yvelines, Jean-Jacques Brot.

>> À voir sur France 24 : "Gilets jaunes : sur les ronds-points de France, le démantèlement est en cours"

Son directeur de cabinet, Thierry Laurent, a avancé vendredi les chiffres de 1 400 personnes qui se sont déclarées "participantes" et 8 000 "intéressées" par l'événement Facebook.

>> À lire sur France 24 : Moins d'impôts, autant de services publics, la "double attente" des Français

Journalistes agressées

Deux journalistes de France 2 Montpellier ont été "violemment" agressées par des manifestants alors qu'elles couvraient un rassemblement au Boulou, près de la frontière espagnole. "Vendues", "vous ne faites que trafiquer la réalité", criaient avec Gilets jaunes, hommes et femmes confondus. Anne Domy et Audrey Guiraud, les deux journalistes, disent avoir été "sauvées" par un autre Gilet jaune qui s'est interposé et leur a permis de s'enfuir "sous une pluie d'insultes".

Les deux femmes ont porté plainte. La chaîne a indiqué à qu'elle comptait faire de même.

Ce n'est pas la première fois que des reporters sont agressés depus le début de la grogne sociale. À Toulouse notamment, cinq journalistes de CNEWS et BFMTV avaient porté plainte fin novembre pour "violences aggravées", "menaces de mort", "tentative d'agression en réunion", rapportant avoir reçu des coups de pied, des crachats et avoir été poursuivis dans la rue.

Des blocages aux frontières

Les forces de l’ordre ont délogé des centaines de Gilets jaunes du péage du Boulou, à la frontière espagnole, a indiqué la préfecture des Pyrénées-Orientales. Retranchés sur un pont au-dessus de l’axe routier, les manifestants ont jeté des objets sur la bretelle, rapporte l’AFP. "L'autoroute est en train d'être nettoyée pour permettre la reprise normale du trafic", a précisé la préfecture.

Les Gilets jaunes ont laissé passer les voitures, mais bloqué les poids lourds, "symboles des importations espagnoles vers la France à des prix bradés depuis de longues années", selon l’un d’entre eux.

La semaine dernière, environ 69 000 membres des forces de l'ordre avaient été déployés, dont 8 000 à Paris, appuyées par des véhicules blindés à roues de la gendarmerie. Ces véhicules blindés étaient à nouveau mobilisés samedi. Ils étaient "positionnés" en province, à Toulouse, Bordeaux et dans les Bouches-du-Rhône et "en alerte" à Paris.

À Toulouse comme à Bordeaux, quelque 2 500 manifestants ont battu le pavé. La manifestation toulousaine a été marquée par des heurts avec les forces de l'ordre qui ont été prises à partie avec des projectiles. Onze personnes ont été interpellées, selon la préfecture.

200 Gilets jaunes ont d'abord filtré les camions à la frontière avec l'Italie avant de rejoindre le péage de Turbie, près de Nice. D'autres blocages ont également été signalés à Menton, à côté de l’Italie, au Perthus près de l’Espagne, à Strasbourg près de la frontière allemande ou encore dans des villes du Nord, proches de la Belgique.

Avec AFP

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