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Affaire Nissan : le bras droit de Carlos Ghosn libéré sous caution

À Tokyo, une chaîne de télévision diffuse des portraits de l'ex-patron de Nissan Carlos Ghosn et de son bras droit Greg Kelly le 30 novembre 2018.
À Tokyo, une chaîne de télévision diffuse des portraits de l'ex-patron de Nissan Carlos Ghosn et de son bras droit Greg Kelly le 30 novembre 2018. Kazuhiro Nogi / AFP

Contrairement à Carlos Ghosn, qui lui reste incarcéré, son bras droit à la tête de Nissan, l'Américain Greg Kelly, arrêté en même temps le 19 novembre, est libéré sous caution. C'est une décision du tribunal de Tokyo.

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L'Américain Greg Kelly, ancien numéro 2 à la tête de Nissan, a été libéré sous caution, par décision du tribunal de Tokyo. Il avait été arrêté le 19 novembre en même temps que Carlos Ghosn, qui reste lui en garde à vue jusqu'au 1er janvier au moins. Greg Kelly qui, contrairement à Carlos Ghosn, ne fait pas l'objet d'un troisième mandat d'arrêt, est sorti de prison, mardi dans la soirée.

Il est apparu sur les images de télévision les traits tirés, et s'est aussitôt engouffré dans un taxi, visage fermé, sans s'exprimer. Dans un communiqué cité par l'agence de presse Kyodo, il a réfuté les accusations et dit espérer "un acquittement" lors du procès à venir. "Je veux restaurer ma réputation", a-t-il insisté.

Sa libération a été obtenue en échange du paiement d'une somme de 70 millions de yens (environ 560 000 euros au cours actuel), montant que le tribunal confirme avoir reçu en espèces. Elle est assortie de conditions : d'après les médias japonais, il ne sera pas autorisé à quitter le Japon, ni à entrer en contact avec des personnes liées au dossier.

Considéré comme le bras droit du magnat de l'automobile chez Nissan, Greg Kelly avait été inculpé le 10 décembre pour avoir, selon les accusations du parquet, aidé le dirigeant à dissimuler une partie de ses revenus aux autorités boursières, environ 5 milliards de yens (39 millions d'euros) sur cinq années, de 2010 à 2015.

L'homme, âgé de 62 ans, est aussi soupçonné d'avoir participé à une minoration similaire d'émoluments de Carlos Ghosn de 2015 à 2018. Lui-même dément toute malversation.

Greg Kelly était entré dans la filiale américaine de Nissan en 1988, après avoir exercé la profession d'avocat, et a progressivement gravi les échelons jusqu'à devenir un membre de la direction du groupe en 2008, chargé d'organiser les tâches du président, puis administrateur en 2012.

"Trahison"

Dans une vidéo mise en ligne sur Internet, la femme de Greg Kelly évoquait "la possibilité qu'il soit libéré le jour de Noël". "Il doit être opéré rapidement pour cause de douleurs cervicales", avait expliqué Dee Kelly, s'inquiétant "d'une détérioration de sa santé". Il pourrait être hospitalisé dès sa sortie de prison, ont indiqué plusieurs médias japonais.

Le responsable américain avait été attiré mi-novembre à Tokyo par un employé de Nissan pour y être arrêté, selon la version de son épouse qui a dénoncé "un complot international, une trahison de certains dirigeants de Nissan pour prendre le contrôle [du constructeur japonais].

Peu après l'interpellation des deux hommes, le groupe avait démis Carlos Ghosn de la présidence du conseil d'administration et M. Kelly de ses fonctions de représentation. Carlos Ghosn demeure en revanche PDG de l'entreprise française Renault.

"Laver son honneur"

Selon une source proche du dossier, Carlos Ghosn espérait également être libéré sous caution la semaine dernière et ses avocats préparaient sa sortie, avant que ne tombent les nouvelles charges.

Le dirigeant de 64 ans, qui veut "faire entendre sa voix et laver son honneur", a été transféré depuis plusieurs semaines dans une cellule plus spacieuse, bénéficiant de meilleures conditions de détention. Il rencontre régulièrement les différents représentants de l'ambassade de France, du Brésil et du Liban, pays dont il détient la nationalité, mais n'a pu voir sa famille.

Au cours des auditions, Carlos Ghosn aurait reconnu avoir signé des documents mentionnant des paiements qu'il était censé percevoir au moment de quitter Nissan, en tant que consultant, mais il assure, selon une personne au fait des investigations, que ces montants n'étaient pas définitivement établis et n'avaient donc pas à être inclus dans les rapports publics de l'entreprise. Sur l'autre motif d'abus de confiance, il lui est reproché d'avoir "failli à sa fonction de PDG et d'avoir causé un préjudice à Nissan".

>> À voir sur France 24 : "LE DÉBAT - Affaire Carlos Ghosn : dérive solitaire ou lutte de pouvoir ?"

Concrètement, le bureau des procureurs l'accuse d'avoir fait couvrir par Nissan "des pertes sur des investissements personnels" au moment de la crise financière d'octobre 2008. La somme incriminée s'élève à 1,85 milliard de yens (14,75 millions d'euros).

Pour résoudre ce problème financier, il aurait obtenu qu'un ami saoudien se porte garant et aurait effectué des virements d'un montant équivalent sur le compte de ce dernier depuis un compte d'une filiale de Nissan. De son côté, Carlos Ghosn dément tout lien entre les deux affaires et assure que ce proche a été rétribué pour des services rendus à Nissan.

Avec AFP

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