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L'Élysée somme Alexandre Benalla de s'expliquer sur d'éventuelles "missions" privées

Alexandre Benalla, ancien collaborateur de l'Élysée, a été auditionné par une commission d'enquête du Sénat à Paris, en septembre 2018.
Alexandre Benalla, ancien collaborateur de l'Élysée, a été auditionné par une commission d'enquête du Sénat à Paris, en septembre 2018. Bertrand Guay, AFP

Dans un courrier adressé au procureur de Paris, l'Élysée somme Alexandre Benalla de s'expliquer sur d'éventuelles missions personnelles qu'il aurait menées pendant ses fonctions au palais présidentiel.

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Alexandre Benalla a-t-il profité de ses fonctions à l’Élysée pour développer des relations d’affaires privées ? Dans un courrier adressé au procureur de la République de Paris, l’Élysée somme l’ex-chargé de mission d’Emmanuel Macron de s’expliquer sur "d'éventuelles missions personnelles et privées" qu'il aurait menées pendant ses fonctions, a révélé Le Monde jeudi 27 décembre.

Cette mise en garde a été envoyée samedi 22 décembre, après les révélations du Monde sur la visite d'Alexandre Benalla au Tchad, trois semaines avant celle d'Emmanuel Macron venu réveillonner avec les troupes basées à N'Djamena.

Sur un ton ferme, le directeur de cabinet du président, Patrick Strzoda, affirme, dans cette lettre, que l'Élysée ne pourrait "laisser sans réaction l'existence de relations d'affaires en France ou à l'étranger avec des intérêts privés, tout à fait incompatibles" avec les fonctions de l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron, remercié en août.

Des activités "que vous n'avez jamais révélées avant votre prise de fonctions ou qui auraient été nouées ou qui se seraient perpétuées alors que vous étiez en fonctions", insiste le directeur de cabinet.

>> À lire : Benalla, le chat noir de l'Élysée

Patrick Strzoda lui demande également de fournir "toutes informations pertinentes à ce sujet ainsi que sur les rémunérations que vous auriez reçues directement ou par personnes interposées au titre de ces missions".

"Bien entendu nous vous interdisons de vous prévaloir d'une quelconque recommandation ou appui tacite de la présidence de la République dans la poursuite de vos activité", conclut-il.

La présidence a précisé mercredi à l'AFP qu'Alexandre Benalla n'avait informé l'Élysée que "la semaine dernière", après son voyage de début décembre.

Un passeport diplomatique

Selon les révélations de Médiapart jeudi 27 décembre, Alexandre Benalla était en possession d’un passeport diplomatique délivré le 24 mai 2018, soit trois semaines après les violences du 1er Mai, à l’origine de l’affaire Benalla. Citant des sources sécuritaires, Médiapart précise que le passeport est utilisé depuis plusieurs mois, notamment ces dernières semaines pour des voyages en Afrique et en Israël.

De son côté, le Quai d'Orsay affirme qu’il a réclamé fin juillet la restitution des deux passeports diplomatiques qui lui ont été attribués dans le cadre de ses fonctions à l'Élysée, a déclaré à l'AFP la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Agnès von der Mühll. "Toute utilisation depuis lors de ces passeports aurait été faite en dépit des engagements pris par l'intéressé", a-t-elle ajouté. "À la vue des informations de presse tendant à indiquer que M. Benalla aurait continué à utiliser ces documents, le ministère (...) examine les suites à donner, y compris judiciaires".

"Je ne me tairai plus"

Alexandre Benalla a de son côté expliqué qu'il s'agissait d'un voyage d'affaires, portant sur des projets d'investissements au Tchad de "grands patrons du Moyen-Orient", au cours duquel il a rencontré pendant deux heures le président tchadien Idriss Déby.

Le chef de l'État, qui a rencontré Idriss Déby le 22 décembre, date de la lettre de Patrick Stzoda, a tenu à préciser à son homologue tchadien qu'il n'avait rien à voir avec la visite de son ex-chargé de mission, a révélé Le Monde. L'Élysée a réaffirmé jeudi que "quelles que soient les démarches qu'entreprend M. Benalla, il n'est pas un émissaire officiel ou officieux de la présidence de la République. S'il se présentait comme tel, il est dans le faux".

>> À lire : Affaire Benalla : "Une communication à la Trump : on assume et on attaque"

S'estimant accusé à tort, l'ancien chargé de mission a dénoncé jeudi des propos "diffamatoires" et "calomnieux", "sous-entendant" qu'il ait pu se "prévaloir d'une fonction, d'un titre, ou d'un pouvoir aux fins de démarchages professionnels".

Selon lui, "certaines personnes de l'entourage d'Emmanuel Macron" veulent "saccager" ses vies familiale et professionnelle. "Je ne me tairai plus", a-t-il menacé.

Alexandre Benalla a été limogé par l'Élysée cet été et mis en examen pour "violences volontaires", accusé d'avoir outrepassé ses fonctions en participant à une interpellation musclée en marge des manifestations du 1er mai à Paris.

Avec AFP

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