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2018, l’année où Facebook, le roi des réseaux sociaux, a perdu de sa superbe

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a vécu une année noire rattrappé par une multitude de scandales
Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a vécu une année noire rattrappé par une multitude de scandales Aaron Bernstein, Reuters

L’année Tech 2018 a moins été marquée par des produits révolutionnaires que par l’accumulation des scandales qui ont touché en particulier Facebook. La crise de confiance que les géants du Web ont vécue souligne les limites de leur modèle économique.

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Mark Zuckerberg, 34 ans et 58,3 milliards de dollars en banque, soumis au feu des questions des membres du Congrès américain, très remontés contre la multiplication des scandales qui ont frappé Facebook, l’empire du jeune multimilliardaire. Cette audition, en avril 2018, résume à elle seule une année marquée par la défiance grandissante du grand public à l’encontre de son idole d’antan : Facebook et, plus largement, le web social.

Pourtant, en début d’année, les dirigeants de Facebook pouvaient penser que le pire était passé. Durant une grande partie de 2017, le géant des réseaux sociaux avait été ébranlé par les accusations d’avoir été l’outil de prédilection des propagandistes russes pour faire élire Donald Trump. Mais en mars 2018, la bombe Cambridge Analytica a ébranlé ses fondations.

Le 2018 “Mea culpa” Tour

Cette société britannique d’analyse de données avait, en 2014, siphonné les informations personnelles de plus de 80 millions d’utilisateurs de Facebook, selon les révélations de plusieurs médias basées sur les aveux d’un ancien employé. Elle s’en était servi pour organiser en ligne des campagnes de propagande politique très personnalisées afin d’influencer, par exemple, les électeurs britanniques à voter en faveur du Brexit et les Américains à élire Donald Trump.

Face à ces révélations, Facebook s’est tout d’abord posé en victime des agissements de Cambridge Analytica. Mais la société britannique n’avait pu collecter les données à une échelle aussi massive qu’en raison du laxisme du géant de la Silicon Valley dans la protection de la vie privée de ses utilisateurs.

Pour les responsables politiques, c'était le scandale de trop. Les parlements de huit pays ont réclamé des explications de Mark Zuckerberg. Le PDG et ses lieutenants ont alors entamé une tournée mondiale de “mea culpa”, promettant devant les sénateurs américains, les élus britanniques ou encore les députés du Parlement européens de faire mieux.

Les auditions ne se sont pas bornées aux manipulations de Cambridge Analytica. Elles ont été l’occasion d’étaler au grand jour la vaste gamme de reproches qui pouvaient être adressés à Facebook. Ses dirigeants ont par exemple dû reconnaître qu’ils n’avaient pas été à la hauteur pour éviter que leur plateforme se transforme en outil de propagande anti-Rohingyas en Birmanie. En mars 2018, l’ONU avait, en effet, accusé Facebook d’avoir laissé se multiplier sur le site des messages appelant aux persécutions contre cette minorité musulmane. Le Parlement britannique a aussi rendu public des communications internes entre dirigeants qui suggèrent que le réseau social a abusé de sa position dominante pour tuer dans l’œuf la concurrence.

De Facebook à toute la Silicon Valley

Les actes de contrition à répétition des dirigeants du site n’ont pas permis de rassurer. L’action de Facebook a perdu plus de 30 % de sa valeur depuis mars. Si la baisse est en partie due à une morosité générale qui accable les marchés depuis quelque temps, elle reflète aussi des doutes des investisseurs quant à la capacité du réseau social à regagner le cœur de ses utilisateurs, souligne la chaîne économique Bloomberg.

Surtout, la crise de confiance n’a pas touché que Facebook. Elle a affecté tous ceux dont le modèle économique repose sur la fourniture d’un service gratuit en échange d’une collecte de données exploitées à des fins publicitaires. Jack Dorsey, PDG de Twitter, et Sundar Pichai, patron de Google, ont dû également répondre aux questions des parlementaires américains, respectivement le 5 septembre et le 11 décembre. À leur tour, ils ont dû défendre leurs services face à des élus qui les soupçonnent de faire prévaloir la recherche du profit sur la protection de la vie privée de leurs utilisateurs ou de ne pas être suffisamment actifs pour lutter contre la diffusion de “fake news”.

Conséquence de ce climat délétère : le modèle de croissance de la Silicon Valley a commencé à être critiqué de l’intérieur. Facebook et Google ont été frappés par des mouvements de contestation de leurs propres troupes. Les fondateurs de WhatsApp et Instagram, deux services rachetés à prix d’or par Facebook, ont décidé de quitter le navire amiral, critiquant le peu d’égard, selon eux, de la direction du groupe pour la protection des données personnelles.

En novembre, un rapport interne, obtenu par le Wall Street Journal, révélait que seule une petite majorité des salariés du réseau social demeurait optimiste quant à l’avenir du groupe, contre plus de 80 % en 2017. Au sein de Google, le malaise a éclaté au grand jour en novembre lorsqu’une lettre ouverte a appelé la direction à abandonner un très controversé projet de moteur de recherche spécifique à la Chine et adapté aux exigences de la censure locale.

Pour le Wall Street Journal, ce vent de révolte est inédit au sein de la Silicon Valley et restait inimaginable il y a seulement un an. Les dirigeants de Facebook, Google & Co. peuvent tenter de se rassurer en se disant que 2019 ne pourra pas être pire. Sauf à commencer à perdre des utilisateurs : dans son bastion historique américain; Facebook n'a pas enregistré de hausse des visites quotidiennes depuis fin 2017.

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