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Décès d'un supporter, insultes racistes : sombre soirée pour le foot italien

Les joueurs de Naples se disputent avec l'arbitre Paolo Mazzoleni après sa décision controversée de donner un carton rouge au défenseur sénégalais Kalidou Koulibaly.
Les joueurs de Naples se disputent avec l'arbitre Paolo Mazzoleni après sa décision controversée de donner un carton rouge au défenseur sénégalais Kalidou Koulibaly. Marco Bertorello, AFP

La rencontre choc mercredi soir entre les deux clubs italiens, l'Inter Milan et Naples, a été assombrie par la mort d'un supporter et des insultes racistes proférées à l'égard du défenseur napolitain Kalidou Koulibaly.

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Le football italien a vécu une bien sombre soirée mercredi 26 décembre. Des cris de singe et des insultes racistes ont de nouveau retenti dans les tribunes du stade San Siro, où s'affrontaient l'Inter Milan et Naples, et un supporter est mort après la rencontre au cours d'échauffourées.

C'est l'international sénégalais Kalidou Koulibaly, défenseur napolitain, qui a été victime d'attaques racistes fusant des tribunes. "Déçu de la défaite et surtout d'avoir abandonné mes frères. Mais je suis fier de la couleur de ma peau. D'être Français, Sénégalais, Napolitain. D'être un homme", a tweeté Koulibaly, en italien, après le match. Une heure plus tôt, le défenseur central avait été exclu du terrain pour deux cartons jaunes reçus coup sur coup, le deuxième pour avoir applaudi ironiquement l'arbitre.

"On a demandé trois fois la suspension du match et il y a eu trois annonces. Mais le match a continué", a déploré son entraîneur Carlo Ancelotti sur la chaîne Sky.

Un racisme récurrent

Ces cris de singe sont un phénomène récurrent dans le football italien. Koulibaly a reçu jeudi le soutien de Cristiano Ronaldo, qui en avait déjà été victime à Rome en février 2016, lors d'un match face à la Lazio. "Non au racisme et à toutes offenses et discriminations", a écrit le Portugais sur Instagram.

Plus récemment, le milieu de terrain français de la Juventus Turin, Blaise Matuidi, avait été victime de faits similaires à deux reprises, en janvier 2018 à Cagliari et en décembre 2017 sur le terrain du Hellas Vérone.

Lors de la saison 2016-2017, le Ghanéen Sulley Muntari, qui évoluait à Pescara, avait quitté la pelouse de Cagliari après avoir été lui aussi la cible de cris racistes.

>> À lire : Derby milanais : Balotelli cible de nouvelles attaques racistes

Avant eux, l'Ivoirien Zoro, le Ghanéen Boateng, le Nigérian Omolade ou le Camerounais Eto'o avaient déjà été confrontés à des actes racistes, sans que cela donne lieu à de réelles sanctions.

"Quasiment aucun incident ne répond aux critères qui doivent être réunis pour que les clubs soient sanctionnés. Et les sanctions, quand il y en a, ne sont qu'avec sursis. C'est ridicule", avait déclaré à l'AFP Mauro Valeri, responsable de l'Observatoire sur le racisme et l'antiracisme dans le football, après l'affaire Muntari en mai 2017.

Jeudi, le maire de Milan, Giuseppe Sala (centre-gauche), a déclaré ainsi avoir eu "honte" des cris racistes et demandé "pardon" à Koulibaly au nom de sa ville.

"Nous condamnons toute forme de violence, qu'elle soit physique ou verbale, la discrimination raciale étant un facteur aggravant. Nous n'acceptons pas que de tels comportements abiment le football", a déclaré le nouveau président de la fédération italienne de football, Gabriele Gravina, qui souhaite simplifier les règlements pour permettre aux arbitres d'interrompre plus facilement un match.

Décès d'un supporter

Des incidents ont également eu lieu en marge du match choc, provoquant la mort d'un supporter milanais de 35 ans, jeudi matin. Il a été renversé par un véhicule pendant une attaque menée par une centaine d'ultras contre des minibus transportant des tifosi napolitains.

Selon le préfet de police de Milan, Marcello Cardona, des dizaines d'ultras de l'Inter, mais aussi de Varese et de Nice, ont participé à cette attaque "ignoble" dans laquelle quatre supporters de Naples ont été blessés.

Trois ultras de l'Inter ont été arrêtés et le préfet a annoncé qu'il demanderait l'interdiction des déplacements de supporters de l'Inter jusqu'à la fin de la saison, ainsi que la fermeture pour six matches du virage où se réunissent les principaux groupes de tifosi du club nerazzuro.

Le ministre de l'Intérieur et homme fort du gouvernement italien, Matteo Salvini, a annoncé qu'il convoquerait en janvier dirigeants et supporters de Serie A et B. "Ce n'est pas possible de mourir pour un match de foot", a-t-il insisté, sans mentionner les insultes contre Koulibaly.

Avec AFP

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