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Juncker doute de l'aptitude de la Roumanie à assumer la présidence de l'UE

Le président de la Commisision européenne, Jean-Claude Juncker, et la Première ministre roumaine, Viorica Dăncilă, à Bruxelles, en février 2018.
Le président de la Commisision européenne, Jean-Claude Juncker, et la Première ministre roumaine, Viorica Dăncilă, à Bruxelles, en février 2018. John Thys, AFP

Dans une interview publiée samedi, le président de la Commission européenne a dit douter de la volonté de la Roumanie, qui doit prendre la présidence tournante de l'UE en janvier, "de mettre ses propres préoccupations au second plan".

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Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a exprimé ses doutes, samedi 29 décembre, sur l'aptitude de la Roumanie à assumer, pour la première fois, la présidence de l'Union européenne, dont elle doit prendre les rênes pendant six mois dès janvier.

Si ce pays est "techniquement bien préparé" à piloter l'UE, Jean-Claude Juncker a cependant estimé que "le gouvernement de Bucarest n'a pas encore pleinement compris ce que signifie présider les pays de l'UE", dans un entretien paru dans le quotidien allemand die Welt.

"L'action prudente exige aussi la volonté d'être à l'écoute des autres et la ferme volonté de mettre ses propres préoccupations au second plan. J'ai quelques doutes à ce sujet", a-t-il poursuivi.

Il a également émis des réserves quant à la capacité de la Roumanie, confrontée à de vives tensions politiques nationales, à apparaître comme une "unité compacte" en Europe.

Cohabitation explosive

Ce pays prendra le 1er janvier la présidence tournante de l'UE pour la première fois depuis son adhésion en 2007, succédant à l'Autriche.

Cela fait plusieurs mois que les institutions européennes sont devenues la cible de la majorité de gauche au pouvoir en Roumanie qui n'a de cesse de dénoncer une Union "inique" déniant au pays le "droit d'avoir ses propres opinions", selon les termes du chef du parti-social démocrate (PSD) au pouvoir, Liviu Dragnea.

Ces tensions avec Bruxelles ont été exacerbées en raison de la volonté du pouvoir roumain d'imposer une vaste refonte du système judiciaire pour corriger les "abus" des magistrats. L'UE estime pour sa part que cette réforme saperait la lutte contre la corruption, un mal endémique dont souffre ce pays.

La Roumanie aura en outre du mal à parler d'une seule voix car elle connaît une cohabitation explosive entre la majorité de gauche et le président de centre droit Klaus Iohannis. Ce dernier, un pro-européen convaincu, représente son pays au Conseil européen.

Avec AFP

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