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Plusieurs morts en marge des élections législatives au Bangladesh

La Première ministre bangladaise Sheikh Hasina a toutes les chances de remporter une large victoire aux élections du 30 décembre.
La Première ministre bangladaise Sheikh Hasina a toutes les chances de remporter une large victoire aux élections du 30 décembre. AFP

Les Bangladais se sont rendus aux urnes, dimanche, pour des élections législatives au terme d'une campagne marquée par des violences meurtrières. Au moins 17 personnes ont été tuées dans des affrontements en marge du vote.

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Les électeurs bangladais se sont rendus aux urnes, dimanche 30 décembre, pour renouveler leur Parlement au terme d’une campagne assombrie par des affrontements meurtriers.

Au moins dix-sept personnes ont été tuées et plus d'une vingtaine blessées le jour du vote dans des affrontements entre partisans du parti au pouvoir, la Ligue Awami, et militants du principal parti d’opposition, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), selon les autorités. L'AFP affirme que deux hommes ont été abattus par la police.

Les bureaux de vote ont ouvert à 8 h (2 h GMT) sous haute sécurité pour un scrutin qui devrait donner sans surprise un quatrième mandat à la Première ministre Sheikh Hasina, d'après des résultats donnés par une chaîne de télévision

>> À lire sur RFI : les enjeux du scrutin au Bangladesh

La dirigeante de 71 ans, au pouvoir depuis 10 ans, reste très populaire auprès d'une partie de ses concitoyens en raison d'une période de forte croissance économique, pour avoir débarrassé le Bangladesh de son image de nation miséreuse et frappée de toutes les calamités du monde et pour avoir accueilli sur son sol les centaines de milliers de Rohingya fuyant la Birmanie.

Mais ses détracteurs la décrivent comme une autocrate en germe qui a emprisonné sa rivale emblématique Khaleda Zia et réprimé la dissidence au travers des arrestations en masse de militants d'opposition, des disparitions forcées et des lois draconiennes qui musèlent la presse.

"Éviter les rumeurs"

Le gouvernement a annoncé avoir déployé 600 000 membres de la police, de l'armée et d'autres forces de sécurité pour prévenir des violences dimanche, lors du onzième scrutin législatif depuis l'indépendance du Bangladesh en 1971.

Le régulateur des télécoms a ordonné aux opérateurs mobiles bangladais de couper la 3G et la 4G jusqu'à dimanche soir minuit, afin "d'éviter que des rumeurs ne se répandent", a indiqué un porte-parole.

Les décès annoncés dimanche portent à huit le nombre de morts confirmées par la police depuis l'annonce, le 8 novembre, de la date du scrutin. Le BNP affirme pour sa part que huit de ses militants ont été tués.

Les 104 millions d'électeurs du pays doivent choisir entre une coalition menée par Sheikh Hasina et celle constituée, il y a seulement trois mois, par Khaleda Zia, actuellement emprisonnée dans le cadre d'une affaire de corruption.

D'après les sondeurs, Sheikh Hasina, dont le père Sheikh Mujibur Rahman fut le premier président du Bangladesh, semble en passe de décrocher facilement son troisième mandat consécutif de cinq ans depuis 2008, après un premier passage au pouvoir entre 1996 et 2001, un record dans l'histoire du pays.

"Ce n'est pas une élection libre, mais plutôt une sélection contrôlée"

Sa coalition doit remporter 151 sièges lors du scrutin majoritaire uninominal pour dominer le Parlement composé de 300 sièges.

Le BNP, qui avait boycotté le précédent scrutin en 2014, accuse les membres de la Ligue Awami d'avoir agressé ses militants afin de décourager les électeurs. La Ligue Awami rejette cette accusation.

Le parti de Khaleda Zia, opposante et ennemie jurée de Sheikh Hasina, a également accusé la commission électorale de partialité, ce qu'elle a nié. Le parti fait état de 15 000 militants emprisonnés depuis le 8 novembre.

Human Rights Watch et plusieurs autres organisations internationales de défense des droits de l'Homme ont dénoncé samedi, dans un communiqué commun, des mesures répressives qui ont créé un climat de peur pouvant dissuader les sympathisants de l'opposition de se rendre aux urnes.

"Nous faisons de notre mieux pour avoir une élection libre et équitable", a déclaré à l'AFP un responsable de la commission électorale, Rafiqul Islam, répondant aux inquiétudes de l'ONU et des États-Unis qui s'interrogent également sur la crédibilité du processus électoral.

D'après l'opposition, 17 candidats auraient été arrêtés sur des accusations montées de toutes pièces et 17 autres autres opposants empêchés de participer au scrutin par des tribunaux contrôlés par Sheikh Hasina.

"Ce n'est pas une élection libre et équitable. C'est plutôt une sélection contrôlée", a déclaré un diplomate occidental sous couvert d'anonymat.

Sheikh Hasina a rejeté toute accusation de répression et a appelé les votants à la soutenir pour continuer à renforcer l'économie, qui connaît une croissance annuelle de plus de 6 % depuis sa victoire de 2008.

Les bureaux de vote doivent fermer à 16 h (10 h GMT).

Avec AFP

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