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Affluence et perturbations pour un vote historique en RD Congo

Des Congolais font la queue pour voter à Kabare, dans le Sud-Kivu, le 30 décembre 2018.
Des Congolais font la queue pour voter à Kabare, dans le Sud-Kivu, le 30 décembre 2018. Fredrik Lerneryd, AFP

Quarante millions d'électeurs étaient appelés dimanche à désigner le successeur de Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 en RD Congo. Le scrutin pourrait donner lieu à la première alternance démocratique de l'histoire du pays.

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Les bureaux de vote sont passés, dimanche 30 décembre, à l'étape cruciale du comptage des voix en République démocratique du Congo où se sont tenues des élections générales historiques, entre espoirs de changement, peur de nouvelles violences, nombreux retards et problèmes techniques.

Trois fois reportées, ces élections à un tour doivent désigner le successeur du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis l'assassinat de son père en janvier 2001. C'est la première fois que le pays peut vivre une transmission pacifique du pouvoir d'un président à l'autre depuis l'indépendance en 1960.

À défaut des résultats encore disponibles, les deux principaux candidats de l'opposition ont déjà contesté dimanche soir le déroulement des opérations de vote.

Quatre personnes ont été tuées dans le Sud-Kivu où un agent électoral a voulu bourrer les urnes en faveur du dauphin de Joseph Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary, a accusé un proche du candidat de l'opposition Félix Tshisekedi. Pas n'importe quel proche, mais Vital Kamerhe, ex-président de l'Assemblée nationale, ex-candidat en 2011, et homme fort du Sud-Kivu. "Le peuple va assumer son choix", a prévenu Vital Kamerhe qui deviendrait Premier ministre en cas de victoire de Félix Tshisekedi.

"Cette journée de vote ne s'est pas déroulée sans rebondissement"

L'autre candidat de l'opposition, Martin Fayulu, a dénoncé "de nombreuses et graves irrégularités" dans le déroulement des opérations de vote. Martin Fayulu affirme par exemple que ses observateurs "ont été chassés de plusieurs bureaux de vote". Sans revendiquer la victoire, Martin Fayulu a écarté l'hypothèse de celle du candidat du pouvoir : "Est-ce que quelqu'un de sérieux peut dire que Shadary a gagné l’élection ?". "J'ai déjà gagné. Je serai élu, c'est moi le président à partir de ce soir", avait affirmé le même Emmanuel Ramazani Shadary, dès le matin en sortant d'un bureau de vote.

>> À lire : Portrait des trois principaux candidats à l'assaut du fauteuil présidentiel en RD Congo

La majorité a envisagé la possibilité de donner ses premières tendances lundi matin. Au total, les 40 millions d'électeurs inscrits ont le choix entre 21 candidats – dont la plupart n'ont même pas fait campagne.

Files d'attente interminables, machines à voter en panne et pluies torrentielles ont perturbé le premier tour de l'élection. Mais aucun incident majeur n'a été relevé jusqu'à présent dans cet immense pays à l'histoire agitée, où le vote a été reporté en mars dans deux régions, officiellement pour cause de violences (Beni-Butembo dans l'Est et Yumbi dans l'Ouest).

Nombreux couacs de la machine à voter

La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) estime que "le climat général du déroulement du vote a été relativement calme", sur la base de l'observation de 78 % des bureaux de vote.

"Nos observateurs sur le terrain ont fait état de la destruction du matériel électoral à Kingabwa (un quartier de Kinshasa)", a dit le porte-parole de la Cenco, l'abbé Donatien Nshole.

Objet de toutes les polémiques depuis plus d'un an, la "machine à voter" a connu de nombreux couacs dans la journée. "À Kinshasa, dans certains bureaux de vote, les listes électorales n'étaient pas à jour, elles n'étaient parfois pas présentes, certains électeurs n'y retrouvaient pas leur noms et n'ont pas pu voter. Beaucoup de bureaux de vote ont ouvert en retard", affirme Thomas Nicolon, correspondant de France 24 à Kinshasa. Il décrit "un vote globalement calme sur l'ensemble du territoire mais non sans irrégularités et sans anomalies".

"Il n'y a pas de machines et les quelques machines qui sont là, elles ont des problèmes, elles ne marchent pas, et nous n'avons pas de matériel électoral", a déclaré Pesible, un électeur.

Le vote "avec la machine est très compliqué. J'ai appuyé sans trop savoir pour qui. Je n'ai pas vu le numéro ni le visage de mon candidat", regrette une dame d'un âge avancé en sortant de l'isoloir.

Incidents et irrégularités

Vital Kamerhen, directeur de campagne de l'opposant Félix Tshisekedi, affirme avoir reçu plusieurs signalement de fraudes commises en faveur du candidat du pouvoir. Il évoque notamment un incident à Inongo, dans l'ouest, où le président du bureau de vote a voté à plusieurs reprises pour Emmanuel Ramazani Shadary.

Il a ensuite indiqué que quatre personnes, dont un policier et un agent électoral, ont été tuées dans la province du Sud-Kivu (est). La Cenco n'a pas confirmé ces informations.

Christoph Vogel : "Il y a eu un nombre limité d'actes de violence lors du vote"

Kinshasa a refusé toute aide logistique des Nations unies, présentes depuis 20 ans au Congo, de même que toute mission d'observation occidentale.

Selon le dernier sondage publié vendredi par l'unité de recherches sur la RD Congo de l'Université de New York, Martin Fayulu est en tête des intentions de vote avec 47 %. Il devance Felix Tshisekedi, crédité de 24 %. Emmanuel Ramazani Shadary arrive troisième avec 19 %.

Les résultats provisoires seront annoncés le 6 janvier, avant d'inévitables contentieux devant la Cour constitutionnelle.

>> À lire sur RFI : Avant les élections, un groupe d'experts de l'ONU rend son rapport

Avec AFP et Reuters

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