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RD Congo : dans l'attente des résultats, la crainte de violences

Des membres de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) dépouillent les votes à Kinshasa, le 30 décembre 2018.
Des membres de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) dépouillent les votes à Kinshasa, le 30 décembre 2018. Baz Ratner, Reuters

Alors que la République démocratique du Congo attend les résultats de l'élection présidentielle à un tour qui a eu lieu dimanche, les déclarations se multiplient dans chaque camp. Des anomalies dans le dépouillement auraient été relevées.

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Au lendemain de l’élection présidentielle, la République démocratique du Congo est dans l’attente des premiers résultats de ce scrutin. Alors que la tension monte pour savoir qui va succéder au président Jospeh Kabila, Internet a été "suspendu" lundi 31 décembre à la mi-journée pour une "période indéterminée" sur "instruction du gouvernement", a indiqué un fournisseur d'accès.

Le camp du candidat d'opposition Martin Fayulu a accusé l'"Agence nationale de renseignements" d'avoir coupé internet pour endiguer la diffusion d'une "vague" de procès-verbaux "qui confirment la victoire écrasante" du candidat. "J'ai déjà gagné", a déclaré Emmanuel Ramazani Shadary, le "dauphin" du président Kabila, dès dimanche matin après avoir voté.

Sa coalition a invité "la population congolaise à garder son calme et à attendre les résultats provisoires". Emmanuel Ramazani Shadary, MartinFayulu, ainsi que l'autre candidat d'opposition Félix Tshisekedi, ont tous indiqué qu'ils disposaient de leur propre "centre de compilation" des résultats.

L'entourage de M. Tshisekedi a distillé à la presse des résultats le plaçant en tête avec plus de 50 % des voix dans une vingtaine de bureaux de vote à Kinshasa, sa place forte du Kasaï et dans le Sud-Kivu, bastion de son directeur de campagne Vital Kamerhe.

>> À lire : Portrait des trois principaux candidats à l'assaut du fauteuil présidentiel

Les évêques relèvent des anomalies dans le dépouillement

La Conférence des évêques (Cenco) a de son côté relevé dès lundi matin des anomalies dans le comptage des voix, sur la base d'un rapport partiel de ses 40 000 observateurs. "Le vote a été interrompu dans certains bureaux de vote suite aux dysfonctionnements notamment de la machine à voter", décrit Thomas Nicolon, le correspondant de France 24. "L’Église a notamment noté que certains observateurs et témoins ont été exclus des bureaux de vote avant le dépouillement".

"Il y a eu plusieurs cas" d'observateurs obligés de quitter les bureaux de vote dans les 26 provinces, a aussi indiqué un porte-parole de l'ONG Symocel, l'autre grande mission d'observation électorale congolaise avec celle des évêques. "Nous avons même eu des cas où nos observateurs ont été molestés et violentés, à Mbuji-Mayi", a détaillé ce porte-parole, Luc Lutala.

Trois fois reportées, ces élections à un tour doivent désigner le successeur du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis l'assassinat de son père en janvier 2001. C'est la première fois que le pays peut vivre une transmission pacifique du pouvoir d'un président à l'autre depuis l'indépendance en 1960.

Mais des violences sont à craindre. "L’annonce des résultats de cette présidentielle pourra éventuellement causer des problèmes de sécurité. Chaque candidat est persuadé de pouvoir gagner cette élection", résume Thomas Nicolon.

Taux de participation, transparence des opérations du dépouillement, centralisation des résultats : des questions cruciales se posent qui peuvent allumer la mèche d'une contestation violente, comme lors des deux précédentes élections de 2006 et 2011.

Les résultats provisoires officiels de ces élections présidentielle, législatives et provinciales sont attendus dimanche 6 décembre, selon la commission électorale.

>> À lire sur RFI : Avant les élections, un groupe d'experts de l'ONU rend son rapport

Avec AFP et Reuters

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