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Londres prête à payer 50 millions d'euros de plus pour contrôler la frontière à Calais

Theresa May et Emmanuel Macron assistant à la signature du nouveau traité par les ministres britannique et français de l'Intérieur.
Theresa May et Emmanuel Macron assistant à la signature du nouveau traité par les ministres britannique et français de l'Intérieur. Pool, AFP

Le président français et la Première ministre britannique ont signé un traité contraignant le Royaume-Uni à accepter davantage de migrants. Londres s'est dit prête à payer 50 millions d'euros de plus pour contrôler la frontière à Calais.

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Emmanuel Macron et Theresa May ont signé, jeudi 18 janvier, un nouveau traité sur le contrôle de l'immigration entre la France et le Royaume-Uni, lors du 35e sommet franco-britannique à l'Académie militaire royale de Sandhurst, près de Londres.

Ce nouveau texte vise à "renforcer la gestion conjointe de notre frontière commune avec un traitement amélioré des mineurs non accompagnés demandeurs d'asile", selon un communiqué publié à l'issue de la rencontre du président français avec la Première ministre britannique.

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Ce traité présenté comme étant "juridiquement contraignant" vient donc compléter les accords du Touquet, signés en 2003, afin de contrer la montée en puissance du phénomène de l'immigration clandestine au Royaume-Uni, en renforçant les contrôles au départ de la France. Concrètement, Londres acceptera désormais sur son territoire davantage de migrants, en particulier mineurs, et plus rapidement.

Les réactions à Calais

Le traité prévoit également une contribution complémentaire de Londres de 50 millions d'euros au contrôle de la frontière à Calais, où échouent de nombreux clandestins dans l'espoir de franchir la Manche.

Si Paris semble avoir obtenu tout ce qu'elle souhaitait sur le dossier, certains responsables politiques français n'ont pas caché leur déception. Pourfendeur des accords du Touquet, le président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, aurait préféré un nouvel accord plutôt qu'un texte complétif. "Il n'y a rien de nouveau, je ne vous cache pas que j'attendais un nouveau traité qui changerait vraiment la donne", a-t-il déploré sur BFM-TV.

>> À lire : Un Brexit mettrait-il fin aux accords du Touquet ?

Avec ce nouvel accord, a regretté Xavier Bertrand, "la situation ne va pas changer". "Les Britanniques vont faire un chèque qui ne va permettre de payer qu'une partie de la facture". "Où sont les forces britanniques supplémentaires ? Où est la surveillance en mer ?", s'est-il demandé, accusant "les Anglais [de ne pas] jouer le jeu".

Londres s'engage davantage dans le Sahel

Le sommet fut également l’occasion pour les deux pays de de renforcer leur collaboration dans le domaine de la défense. Theresa May a ainsi annoncé que Londres affecterait trois hélicoptères Chinook pour soutenir les opérations militaires françaises au Sahel. La Première ministre a vanté au côté du président français la "relation forte et profonde" entre les deux pays, deux plus grandes puissances militaires européennes.

Le Royaume-Uni s'est parallèlement engagé à verser plusieurs dizaines de millions d'euros pour soutenir les initiatives pour le développement au Sahel. La force expéditionnaire conjointe mise en place dans le cadre de l'Otan sera capable de mobiliser 10 000 hommes à partir de 2020, a par ailleurs souligné Theresa May.

De son côté, Emmanuel Macron a annoncé que des soldats français seraient déployés en 2019 en Estonie au sein du contingent britannique, pour faire face à toute menace venant de Russie.

En outre, la coopération "unique" entre les services de renseignements britanniques et français sera renforcée, a souligné Theresa May. D’autres accords ont également été signés dans la recherche, l'éducation, le nucléaire civil et la coopération entre acteurs économiques. Sur le plan culturel, la tapisserie de Bayeux sera prêtée au Royaume-Uni en 2022, a ajouté Theresa May, l'Élysée ayant auparavant précisé qu'il faudrait auparavant la restaurer.

Avec AFP et Reuters

 

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