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Netflix accusé de céder à la censure de l'Arabie saoudite

Dans le premier épisode de la série Patriot Act sur Netflix, l'humoriste Hasan Minhah critique violemment le pouvoir saoudien.
Dans le premier épisode de la série Patriot Act sur Netflix, l'humoriste Hasan Minhah critique violemment le pouvoir saoudien. Capture d'écran - Netflix

La plateforme américaine Netflix a retiré, sur demande de Riyad, un épisode du show humoristique Patriot Act de Hasan Minhaj critiquant le prince héritier Mohammed Ben Salmane. Les accusations de censure ne se sont pas fait attendre.

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Pour Netflix, la censure c’est simple comme un coup de fil de Riyad. Le service de streaming a rendu un sketch de l’humoriste américain Hasan Minhaj sur le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane (MBS) inaccessible depuis l’Arabie saoudite, ont rapporté plusieurs médias américain mardi 1er janvier. Une décision qui a soulevé un tollé de critiques.

Le royaume wahhabite n’a pas dû goûter les critiques du comédien d’origine indienne dans l’épisode de son émission humoristique Patriot Act consacré à l’Arabie saoudite, diffusé en octobre 2018. “Il est temps de réévaluer notre relation avec l’Arabie saoudite. Et je dis ça en tant que musulman et américain”, lance dans ce sketch Hasan Minhaj avant de poursuivre en dénonçant le bilan de l’action de MBS. Il y revient sur son implication présumée dans le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi et la campagne militaire saoudienne sanglante au Yémen. “Au bout du compte, MBS ne modernise pas l’Arabie saoudite. La seule chose qu’il modernise c’est la dictature saoudienne”, conclut Hasan Minhaj.

Le pouvoir saoudien a estimé que ce sketch violait la loi locale contre la cybercriminalité, rapporte le Financial Times. Le texte interdit la "préparation, la production ou la transmission de matériel heurtant l’ordre public, les valeurs religieuses, morales et la vie privée".

Netflix a reconnu au quotidien britannique avoir décidé de supprimer l’épisode après réception d’un courrier de la commission saoudienne de la Communication et des Technologies de l’information. "Nous appuyons fortement la liberté artistique à travers le monde et avons seulement retiré cet épisode en Arabie saoudite après avoir reçu une requête légale valide et pour nous conformer à la législation locale", a affirmé la plateforme vidéo américaine.

"Scandaleux"

Une précision qui n’a pas suffi à calmer la colère des organisations de défense des droits de l’Homme. "Le soutien proclamé par Netflix à la liberté d’expression ne signifie rien si la plateforme cède ainsi aux demandes d’un régime qui n’accorde aucune liberté à ses citoyens, qu’elle soit artistique ou politique", a réagi un porte-parole de Human Right Watch, interrogé par le quotidien britannique The Guardian.

"La décision de Netflix est scandaleuse", s’est emportée Karen Attiah, éditrice qui travaillait avec Jamal Khashoggi au Washington Post. "Hasan Minhaj est une voix pertinente, honnête (et drôle) qui défie le pouvoir saoudien", a-t-elle ajouté sur Twitter.

>> À lire : L'affaire Khashoggi ou les mauvais calculs du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane

Pour sa part, le comédien américain Hasan Minhaj n’a pas commenté la décision de Netflix. À 33 ans, il fait partie des humoristes qui comptent aux États-Unis et a même assuré en 2017 le très convoité monologue du dîner des correspondants de la Maison Blanche. Un statut qui lui a permis de signer avec Netflix, en 2018, un contrat pour une émission hebdomadaire sur la plateforme de streaming.

Les Saoudiens qui voudraient malgré tout écouter l'humoriste s’emporter contre leur dirigeant peuvent toujours se tourner vers YouTube où l’épisode de Patriot Act consacré à leur pays est toujours disponible.

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