ÉTATS-UNIS

Douzième jour de "shutdown" : rendez-vous sous haute tension à la Maison Blanche

L'administration américaine vivait son 12e jour de "shutdown", le 2 janvier 2019, en raison d'un blocage au Congrès sur la loi budgétaire.
L'administration américaine vivait son 12e jour de "shutdown", le 2 janvier 2019, en raison d'un blocage au Congrès sur la loi budgétaire. Andrew Caballero-Reynolds, AFP

Leaders démocrates et républicains du Congrès sont attendus mercredi après-midi à la Maison Blanche pour tenter de trouver avec Donald Trump un compromis sur la loi budgétaire et mettre fin au "shutdown" qui paralyse l'administration américaine.

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Au 12e jour d'un "shutdown" qui paralyse partiellement l'administration américaine, Donald Trump a invité, mercredi 2 janvier, les élus des deux bords pour tenter de sortir de l'impasse, mais martèle qu'il ne lâchera pas sur son mur, au cœur de la discorde.

À la veille de la mise en place du nouveau Congrès – le 116e de l'Histoire – où les démocrates contrôleront désormais la Chambre des représentants, les négociations sur la loi budgétaire sont à l'arrêt, les deux camps se renvoyant la balle dans un débat stérile.

Donald Trump réclame quelque 5 milliards de dollars pour édifier son mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique afin de lutter contre l'immigration clandestine. Ses adversaires politiques s'y opposent, jugeant que le "magnifique mur" vanté par le magnat de l'immobilier n'est pas une réponse adaptée au débat complexe sur l'immigration.

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Les ténors du camp démocrate au Congrès, Nancy Pelosi et Chuck Schumer, sont attendus, avec leurs homologues républicains, en milieu d'après-midi à la Maison Blanche pour une réunion centrée sur "la sécurité aux frontières", selon les termes de l'exécutif. Leur dernière visite dans le Bureau ovale, le 11 décembre, s'était très mal passée, donnant lieu à des échanges particulièrement tendus et agressifs.

Donald Trump, qui a renoncé cette année à ses vacances dans son luxueux club de Mar-a-Lago, en Floride, multiplie les tweets rageurs, parfois contradictoires, sur le mur et son financement. "La plupart du mur a déjà été complètement rénové ou construit", a-t-il notamment tweeté mercredi matin, contre toute évidence.

La Maison Blanche dénonce "le refus du compromis" des démocrates. Sarah Sanders, porte-parole de Donald Trump, a jugé mardi soir que la dernière proposition de Nancy Pelosi était vouée à l'échec car "elle ne garantit pas la sécurité aux frontières" et "place les besoins d'autres pays au-dessus" de ceux des citoyens américains.

Mitt Romney offensif face à Donald Trump

Nancy Pelosi a proposé d'adopter les budgets de la plupart des administrations jusqu'au 30 septembre tout en ne finançant que jusqu'au 8 février le budget sensible du département de la Sécurité intérieure, qui supervise notamment la sécurité des frontières.

Les républicains ont toujours le contrôle du Sénat mais toute loi budgétaire devant être adoptée par 60 voix sur 100 à la chambre haute, ils ne peuvent se passer des démocrates.

Mercredi matin, l'élu républicain à la Chambre des représentants, Steve Scalise, a tenté de dramatiser le débat en appelant les démocrates "à arrêter de jouer avec la sécurité des États-Unis". "Le temps des jeux politiques est révolu. Des vies sont en jeu", a-t-il lancé dans une tribune publiée sur Fox News.

>> À lire : Le financement du mur mexicain, condition de Trump pour la fin du "shutdown"

Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a annoncé qu'il attendrait désormais d'être certain qu'un texte puisse passer les deux chambres, puis être promulgué par Donald Trump, avant de le soumettre au vote.

Dans ce climat d'incertitude, un nouveau sénateur républicain – et ancien candidat à la Maison Blanche – a donné de la voix : Mitt Romney. Dans une tribune publiée dans la Washington Post à deux jours de sa prise de fonction, il a ouvertement déploré que Donald Trump n'ait pas, lors de ses deux premières années au pouvoir, endossé le costume présidentiel.

"Les mots et les actes de Trump ont suscité la consternation à travers le monde", a-t-il déploré. Assurant qu'il n'avait pas l'intention de réagir à chaque tweet ou polémique, il a toutefois averti qu'il dénoncerait sans relâche les propos ou les mesures "racistes, sexistes, contre les immigrés, malhonnêtes ou qui sapent les institutions démocratiques".

Avec AFP

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