PÉROU

Scandale Odebrecht : le président péruvien prêt à suspendre le procureur général

Allocution du président péruvien Martin Vizcarra, le 1er janvier 2018.
Allocution du président péruvien Martin Vizcarra, le 1er janvier 2018. Carlos Lezama, AFP

Le président du Pérou entend mettre fin à la corruption qui mine les administrations. Il a annoncé mardi son intention de suspendre le procureur général qui avait évincé deux procureurs enquêtant sur des affaires de corruption.

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Le président du Pérou veut en finir avec un procureur général suspecté de faire obstruction aux enquêtes liées à la corruption. Martin Vizcarra a annoncé mardi 1er janvier son intention de suspendre le procureur général, Pedro Gonzalo Chavarry. Celui-ci avait évincé lundi deux procureurs enquêtant sur des affaires de corruption touchant le groupe brésilien de BTP Odebrecht, quatre ex-présidents péruviens et la cheffe de l'opposition.

Déclaration d'urgence

"Demain (mercredi 2 janvier), je me rendrai en personne au Congrès pour y présenter le projet de loi qui déclare l'urgence sur le ministère public et qui a été approuvé cet après-midi (mardi) par le conseil des ministres", a dit Martin Vizcarra dans une allocution.

La déclaration d'urgence conduit à suspendre les responsables du ministère public et de les remplacer par d'autres, mandatés pour enquêter sur leurs décisions.

Lundi, le procureur général Pedro Gonzalo Chavarry avait écarté les procureurs Rafael Vela et José Domingo Perez qui enquêtaient depuis six mois sur l'affaire Odebrecht.

Éviction

Leur éviction, au nom d'une supposée violation du "principe de réserve" et d'un "manque de rigueur", intervient alors que fin décembre, José Domingo Perez avait lui-même accusé le procureur général Chavarry de dissimulation et d'obstruction concernant les enquêtes contre Odebrecht et contre la leader de l'opposition, Keiko Fujimori.

L'équipe que dirigeait le procureur Vela était chargée d'enquêter sur quatre anciens présidents péruviens. Alejandro Toledo (2001-2006) a fui aux États-Unis et fait l'objet d'une demande d'extradition. Ollanta Humala (2011-2016) a été emprisonné pendant neuf mois, jusqu'en juin dernier. Alan Garcia (1985-1990 et 2006-2011) a tenté d'obtenir l'asile politique auprès de l'ambassade d'Uruguay, qui le lui a refusé. Et Pedro Pablo Kuczynski (2016-2018) a démissionné en mars dernier.

Dans le collimateur également, Keiko Fujimori, actuellement en détention préventive, accusée d'avoir reçu des versements illégaux d'Odebrecht lors de sa campagne électorale de 2011.

Martin Vizcarra a écourté son séjour au Brésil, où il devait assister mardi à l'intronisation du président Jair Bolsonaro, afin de se joindre aux protestations contre l'éviction des deux procureurs.

"Dégage, Chavarry"

Le procureur Jose Domingo Perez s'est dit lundi soir "indigné" par sa mise à l'écart. "On favorise les intérêts de la corruption pour chercher l'impunité", a-t-il dénoncé.

La presse péruvienne a tiré à boulets rouges mardi contre la décision du procureur général. "Dégage, Chavarry", titrait le quotidien La Republica, et le doyen des journaux péruviens El Comercio exprimait en Une "Honte et indignation".

Dès lundi, des centaines de personnes ont spontanément manifesté devant le siège du ministère public aux cris de "Dégage, Chavarry!". D'autres manifestations sont prévues mercredi et jeudi.

Avec AFP

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