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La Somalie ordonne au représentant spécial de l'ONU de quitter le pays

Nicholas Haysom, le 14 février 2016 à Kaboul.
Nicholas Haysom, le 14 février 2016 à Kaboul. Mohammad Ismail, REUTERS

Les autorités somaliennes ont ordonné à l'émissaire des Nations unies, Nicholas Haysom, de quitter le pays, accusé par le gouvernement d'"ingérence délibérée" dans ses affaires intérieures.

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Le gouvernement somalien a ordonné à l'émissaire des Nations unies pour ce pays de quitter le territoire, en l'accusant d'"ingérence délibérée" dans ses affaires intérieures. "Le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour la Somalie, Nicholas Haysom, n'est plus le bienvenu en Somalie et ne peut plus travailler dans le pays", a déclaré mardi 2 janvier le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Cette décision survient quelques jours après que Nicholas Haysom a fait part au Ministère somalien de la Sécurité intérieure de ses inquiétudes face aux actions des services de sécurité somaliens, soutenus par l'ONU, dans des violences récentes qui ont fait plusieurs morts dans la campagne pour la présidence régionale de l’État du Sud-Ouest. Le courrier de l'émissaire de l'ONU, envoyé le 30 décembre, a fuité sur Internet.

"Robow était une menace"

Les forces de sécurité somaliennes ont été utilisées pour mettre fin à trois jours de manifestations dans la ville de Baïdoa (sud-ouest), du 13 au 15  décembre, au cours desquelles quinze personnes ont été tuées et quelque 300 autres arrêtées, selon l'ONU.

Les manifestants protestaient contre l'arrestation de Muktar Robow, un des fondateurs du groupe jihadiste des Shebab et jihadiste repenti briguant la présidence de leur région. Il était accusé par le gouvernement d'avoir "organisé une milice" à Baïdoa afin d'y "saper la stabilité" et de n'avoir "jamais renoncé à ses idéologies extrémistes".

>> À lire : En Somalie, l'arrestation d'un ex-chef jihadiste repenti fragilise les espoirs de paix

Très populaire dans son État natal, Mukhtar Robow a attiré les foules lors de sa campagne. Son slogan "J’ai su créer les Shebab, je saurai comment les détruire" a fait mouche dans cette région où les jihadistes gèrent une administration parallèle. Face à son adversaire considéré comme le favori du gouvernement, "Robow était une menace pour le candidat du gouvernement", explique Hussein Sheikh-Ali, un responsable militaire interrogé par Reuters. Cette arrestation "aura des conséquences considérables pour les espoirs de paix en Somalie".

Le 19 décembre, c'est bien la favori du gouvernement et ex-ministre fédéral de l’Énergie et de l’Eau, Abdiaziz Hassan Mohamed, qui est devenu le président régional de l'État du Sud-Ouest.

>> À lire (en anglais) le portrait de Mukhtar Robow

Transparence du gouvernement

Dans sa missive, l’émissaire de l'ONU ne se contente pas d’exprimer ses craintes et évoque également une possible arrestation arbitraire de Mukhtar Robow. Il demande donc au gouvernement davantage de transparence sur les raisons de l’arrestation de l’ancien shebab.

Nicholas Haysom rappelle également tous les moyens déployés par l’ONU, pour soutenir les forces de police somaliennes et celles ce l'État du Sud-Ouest (salaire, équipement, formation, ...). Une manière d'évoquer sans le dire une possible suspension de l’aide.

Il ajoute en outre que l’Union européenne, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont d’ores et déjà cessé leur soutien à la police de l’État du Sud-Ouest, en raison d'inquiétudes sur ses agissements durant la période électorale.

Avec AFP

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