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Sorti de garde à vue, le Gilet jaune Éric Drouet juge que "tout ce qui se passe est politique"

Éric Drouet, l'un des leaders des Gilets jaunes, le 23 décembre 2018, à Paris.
Éric Drouet, l'un des leaders des Gilets jaunes, le 23 décembre 2018, à Paris. François Guillot, AFP

Sorti de garde à vue jeudi après-midi après son arrestation la veille, Éric Drouet, l'un des leaders des Gilets jaunes, a affirmé que "tout ce qui se passe ici, c'est politique".

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Éric Drouet, figure médiatique des Gilets jaunes, a estimé, jeudi 3 janvier, à sa sortie de garde à vue, que son interpellation, mercredi soir près des Champs-Élysées, relevait du "jamais vu".

Une convocation devant le tribunal correctionnel lui a été délivrée par un officier de police judiciaire pour le 15 février, a annoncé le procureur de Paris, Rémy Heitz, dans un communiqué.

Il devra répondre du chef d'"organisation d'une manifestation sur la voie publique sans autorisation", aussi bien pour les faits de mercredi soir que de ceux du 22 décembre, pour lesquels il avait été placé en garde à vue une première fois et convoqué initialement le 5 juin.

"Tout ce qui se passe ici c'est politique, la façon dont c'est fait, c'est politique. Même eux (les policiers, NDLR) n'ont pas l'habitude que ça se déroule comme ça, qu'il y ait des haut gradés qui assistent à l'audition, qui posent eux-mêmes les questions, c'est du jamais vu", a déclaré Éric Drouet à des journalistes à sa sortie du commissariat parisien où il était entendu depuis son interpellation avec d'autres personnes.

>> À lire : Liban, Tunisie, Burkina Faso... Les Gilets jaunes font des émules à travers le monde

Le chauffeur routier de Melun (Seine-et-Marne), initiateur de la première mobilisation nationale des Gilets jaunes le 17 novembre, avait été placé en garde à vue pour organisation d'une manifestation sans déclaration préalable, alors qu'il se dirigeait vers les Champs-Élysées, où il avait appelé d'autres sympathisants à se rassembler.

"En dépit des sommations faites par le chef du dispositif d'ordre public de la direction de l'ordre public et de la circulation, il se maintenait sur la voie publique", a expliqué Rémy Heitz dans son communiqué, affirmant qu'un appel à se rassembler avait été lancé sur les réseaux sociaux et qu'Éric Drouet, lors de son interpellation, se rassemblait avec une centaine de personnes rue Royale, non loin des Champs Élysées.

"Il n'y a pas eu d'appel" à manifester hier, a affirmé l'intéressé. "Ce n'est pas moi, c'est une page, il y a mon nom inscrit nulle part et malgré ça, on essaie de nous mettre sur le dos des inculpations. On essaie de nous mettre l'organisation d'une manifestation non déclarée, alors que là, ça n'avait rien d'une manifestation, c'était un rendez-vous au restaurant".

Dans une vidéo diffusée mercredi en fin d'après-midi sur Facebook, Éric Drouet affirmait : "Ce soir, on va pas faire une grosse action, mais on veut choquer l'opinion publique. Je sais pas s'il y en aura qui seront avec nous sur les 'Champs' (...) On va tous y aller sans gilet".

Indignation de l'opposition après l'arrestation d'Éric Drouet

L'arrestation d'Éric Drouet avait provoqué l'indignation de l'opposition de droite comme de gauche, à deux jours d'un 8ème samedi de manifestations dans plusieurs villes de France.

Soutien affiché du mouvement, Marine Le Pen a dénoncé jeudi matin une répression de l'exécutif. "Les vœux de hargne du 31 décembre et la violation systématique des droits politiques de ses opposants dessinent un visage terriblement inquiétant d'Emmanuel Macron", a estimé sur Twitter la cheffe du Rassemblement national.

Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, avait, lui, réagi juste après l'arrestation de celui pour lequel il avait avoué sa "fascination". "De nouveau Éric Drouet interpellé. Pourquoi ? Abus de pouvoir. Une Police politique cible et harcèle désormais les animateurs du mouvement gilet jaune", a-t-il tweeté.

Jeudi, le député LFI Éric Coquerel s'est pour sa part indigné sur franceinfo d'une "vraie persécution" contre Éric Drouet et les Gilets jaunes.

Taxant le gouvernement d'"amateurisme", le président des Centristes, Hervé Morin, a lui appelé à "sortir de l'arrogance et du mépris" vis-à-vis des "gilets jaunes", qui sont mobilisés en France depuis un mois et demi pour réclamer notamment plus de pouvoir d'achat.

Initiée le 17 novembre, la mobilisation des Gilets jaunes a nettement décru ces dernières semaines mais de nouveaux appels à manifester samedi 5 janvier à Paris, Bordeaux, Martigues ou encore Nice, ont été lancés ces derniers jours sur les réseaux sociaux.

Avec AFP

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