Jerome Powell rassure en disant que la Fed sera patiente sur les taux

Washington (AFP) –

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Le patron de la Fed Jerome Powell a réconforté les marchés vendredi en assurant que la Banque centrale serait "patiente" sur les taux d'intérêt et en réaffirmant avec force l'indépendance de l'institution.

Lors d'une conférence à Atlanta (Géorgie), M. Powell a affirmé que face à l'inflation modeste et aux "inquiétudes" des marchés vis-à-vis d'un ralentissement économique, la Fed serait "patiente en évaluant comment l'économie évolue".

"La politique monétaire n'est pas sur une trajectoire pré-établie", a-t-il ajouté alors que les projections moyennes de la Banque centrale prévoient pour l'instant deux hausses des taux d'un quart de point de pourcentage en 2019.

"Nous sommes toujours préparés à changer le cours de notre politique monétaire de façon significative si nécessaire", a poursuivi le président de la banque centrale.

Il a relevé que les données économiques récentes "restaient solides", soulignant les fortes créations d'emplois encore annoncées vendredi (312.000) pour décembre tandis que le taux de chômage reste sous les 4%.

Le taux de sans-emploi est remonté à 3,9% en décembre contre 3,7% le mois précédent mais c'est pour de bonnes raisons: davantage de chercheurs d'emplois (plus de 400.000) se sont présentés sur le marché du travail, dans un signe de confiance envers l'économie.

"Nous avons aussi des salaires qui continuent à augmenter graduellement ce qui est bienvenu et ce qui ne soulève pas d'inquiétude du côté de l'inflation", a encore indiqué M. Powell.

Le salaire horaire moyen a enregistré une hausse de 0,4% en décembre, sa plus forte progression depuis août, et de 3,2% sur un an.

M. Powell a néanmoins pris acte des "inquiétudes" des marchés alors que la Bourse de Wall Street se montre hyper-nerveuse depuis quelques mois.

"De bonnes données économiques, c'est ça l'histoire" aux Etats-Unis "mais les marchés financiers ont envoyé des signaux différents", a admis M. Powell.

Il a attribué au ralentissement chinois, accentué par les tensions commerciales avec Washington, la récente baisse de la progression de l'activité manufacturière aux Etats-Unis qui fait craindre que la croissance américaine a atteint un pic.

"Le message de Jerome Powell n'est pas dramatiquement différent de ce qu'il était" en décembre lors de sa dernière conférence de presse après une nouvelle hausse des taux d'intérêt "mais il était suffisamment différent pour calmer la Bourse, au moins aujourd'hui", a résumé l'économiste en chef de FTN Financial, Chris Low.

Wall Street, qui avait ouvert en hausse après un bon rapport sur l'emploi, a conforté sa trajectoire dans le vert après les propos conciliants du patron de la Banque centrale.

- Indépendance -

Alors qu'il s'exprimait aux côtés de ses deux prédécesseurs, Janet Yellen et Ben Bernanke, Jerome Powell a aussi vigoureusement défendu l'indépendance de la Réserve fédérale, qui a été sous le feu des critiques du président Donald Trump.

"Non", a lancé sans hésitation Jerome Powell quand on lui a demandé s'il donnerait sa démission si le président des Etats-Unis le lui demandait.

M. Powell a été l'objet de très nombreuses attaques de la part de M. Trump qui lui reproche les hausses de taux d'intérêt (quatre en 2018).

L'hôte de la Maison Blanche voit les relèvements monétaires comme une erreur nuisant à sa politique économique, un avis partagé par de nombreux investisseurs et économistes qui jugent que la Fed ne voit pas les signes de ralentissement que commence à donner la première économie mondiale.

M. Powell a précisé qu'aucune entrevue avec le président n'était prévue à ce stade, semblant démentir des informations de presse selon lesquelles les conseillers de Donald Trump tentaient d'arranger un rendez-vous entre les deux hommes pour tenter d'apaiser les tensions.

Le patron de la Banque centrale en a profité pour rappeler que la Fed avait "une culture très solide pour agir de manière apolitique".

Il a été immédiatement soutenu par Janet Yellen qui a dit craindre que les critiques du président Trump "ne minent la confiance" dans la Banque centrale.