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Démission surprise de Jim Yong Kim, le président de la Banque mondiale

Jim Yong Kim lors d'un discours le 5 novembre 2018 à Pékin.
Jim Yong Kim lors d'un discours le 5 novembre 2018 à Pékin. Nicolas Asfouri, AFP

Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale depuis six ans, a annoncé lundi sa démission. Une surprise qui donnera à l'administration Trump, hostile au multilatéralisme, l'occasion de désigner la nouvelle direction de cette institution.

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C'est une surprise. Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, en poste depuis six ans, a annoncé lundi 7 janvier sa démission, effective le 1er février. Dans un communiqué, il indique seulement qu'il va rejoindre "une société" d'investissements et se focaliser "sur les investissements dans les infrastructures dans les pays en développement". Parmi ses nouvelles fonctions, Jim Yong Kim a indiqué qu'il allait à nouveau participer au conseil d'administration de Partners in Health.

Un Américain est habituellement nommé à la tête de la Banque mondiale, tandis que la direction du FMI est confiée généralement à un Européen. Ce partage des rôles, fortement contesté par les pays émergents, ouvre la voie à une nomination d'un nouveau dirigeant par l'administration Trump, qui est très critique vis-à-vis des prêts de la Banque mondiale envers certains pays comme la Chine.

Âgé de 59 ans, Jim Yong Kim sera remplacé dans l'intérim par Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale. Il avait été promu par le président démocrate Barack Obama en 2012, puis reconduit en 2016, et son mandat devait durer jusqu'en 2021.

Travail "plus important que jamais"

"Cela a été un grand honneur que de servir en tant que président d'une institution remarquable, forte d'un personnel passionné dédié à sa mission qui est d'éliminer l'extrême pauvreté de notre vivant", a-t-il dit dans un communiqué, qui ne donne pas la raison de son départ.

"Le travail de la Banque mondiale est plus important que jamais alors que les aspirations des pauvres progressent dans le monde et que les problèmes comme celui du changement climatique, des épidémies, des famines et des réfugiés continuent de croître en ampleur et en complexité", a encore écrit Jim Yong Kim.

Le Trésor américain a réagi en affirmant avoir "apprécié" le service de Jim Yong Kim et en soulignant que la Banque continuera de fonctionner "sous la direction compétente de Kristalina Georgieva". "Le secrétaire au Trésor (Steven Mnuchin) a hâte de travailler avec les autres gouverneurs pour désigner un nouveau dirigeant", a indiqué une porte-parole à l'AFP.

Bilan contesté

Sous la houlette de Jim Yong Kim, médecin de formation, l'institution de développement, qui compte 189 pays membres, est parvenue à boucler une augmentation de capital et a eu davantage recours au secteur privé pour financer des projets dans les pays en développement.

Mais en interne, son bilan avait été hautement contesté. Il avait dû affronter une grogne interne inédite alimentée par une réorganisation contestée et une controverse sur le versement de bonus à de hauts dirigeants en 2014. Son plan d'économies de 400 millions de dollars, accompagné de licenciements, avait déstabilisé à l'époque les quelque 15 000 salariés de cette institution, qui a toujours été présidée par un Américain depuis sa création en 1945.

Avant son renouvellement à la présidence, l'association des personnels de la Banque mondiale avait dénoncé une "crise de leadership". Plusieurs anciens cadres avaient déploré dans une lettre ouverte l'absence d'une "stratégie claire" et appelé à un processus de sélection plus transparent et ouvert.

Avec AFP

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