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Pédophilie : "Je n'ai jamais cherché à cacher" ces faits, se défend le cardinal Barbarin

Le cardinal Philippe Barbarin, le 3 avril 2016, lors d'une messe à la cathédrale Saint-Jean de Lyon.
Le cardinal Philippe Barbarin, le 3 avril 2016, lors d'une messe à la cathédrale Saint-Jean de Lyon. Jeff Pachoud, AFP

Le procès de Mgr Barbarin, poursuivi pour non-dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs, s’est ouvert à Lyon. Le cardinal a déclaré qu’il n’avait "jamais cherché à cacher, encore moins à couvrir ces faits horribles."

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Le cardinal Philippe Barbarin s’est finalement présenté devant le tribunal correctionnel de Lyon, lundi 7 janvier, au côté de cinq anciens membres du diocèse accusés de non-dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs.

"Je n'ai jamais cherché à cacher, encore moins à couvrir ces faits horribles", a-t-il déclaré. "Je n'ai pas toujours su employer les mots les meilleurs et les plus adroits dans le passé", a encore reconnu l'archevêque de Lyon dans une déclaration lue à la barre, peu avant de répondre aux questions du tribunal au premier jour du procès.

Pédophilie : "Je n'ai jamais cherché à cacher" ces faits, déclare le cardinal Barbarin

"Un procès spectacle"

En début de journée, la défense de Philippe Barbarin et de cinq anciens membres du diocèse de Lyon avait également fustigé d'emblée un "procès spectacle". "Ce procès est un procès spectacle. Il y a plus de journalistes que de public dans la salle", a lancé Me Xavier Vahramian, avocat de Régine Maire, l'ex-responsable lyonnaise de la cellule d'écoute des victimes de prêtres pédophiles.

Cette première matinée d'audience a été consacrée aux questions de procédure. Les avocats de la défense ont soulevé un certain nombre de points d'irrecevabilité ou de nullité. Notamment : "l'absence de préjudice personnel direct et certain". Ils en veulent pour preuve le fait que plaignants et prévenus, à de rares exceptions, ne sont jamais rentrés en contact.

"Vous n'avez absolument rien compris des souffrances de ces victimes d'agressions sexuelles qui, même adultes, sont incapables de sortir de cet état de sidération", a répliqué Me Nadia Debbache, une avocate des plaignants. "Leur préjudice personnel, c'est le fait d'avoir été maintenus dans cette situation par votre silence", a-t-elle ajouté.

"La responsabilité du diocèse de Lyon qui protège depuis 25 ans un pédophile"

Le scandale lyonnais a éclaté en 2015 avec la mise en cause du père Bernard Preynat pour des abus commis un quart de siècle plus tôt sur de jeunes scouts. Estimant que parce qu'il était au courant de ces agissements anciens, Mgr Barbarin aurait dû lui-même dénoncer le prêtre à la justice, des victimes ont aussi porté plainte contre lui.

"Depuis le départ, on met en évidence la responsabilité du diocèse de Lyon qui protège depuis 25 ans un pédophile", a dénoncé François Devaux, cofondateur de La parole libérée, l'association à l'origine des révélations.

En 2016, le parquet avait renoncé aux poursuites. Le procureur avait alors conclu à la prescription du délit de non-dénonciation, considéré comme "instantané", car l’archevêque de Lyon avait eu connaissance, par un tiers, des agissements du prêtre dans les années 2000.

>> À lire : "Pédophilie : à Lourdes, les évêques demandent pardon pour leur 'silence coupable'"

Mais neuf plaignants ont lancé depuis une procédure de citation directe devant le tribunal sur la base, selon eux, d'une "mauvaise interprétation de la loi" lors du classement sans suite de leur première plainte.

Outre les explications des six responsables du diocèse, dont les actuels archevêque d'Auch Maurice Gardès et évêque de Nevers Thierry Brac de la Perrière, François Devaux attend également "la position de la justice française sur ces faits-là et comment elle interprète les lois".

"On ne répare pas une injustice par une autre"

La défense, de son côté, crie à l'acharnement et compte sur le procès pour "rétablir un certain nombre de vérités car on ne répare pas une injustice par une autre", prévient un avocat du cardinal, Me Jean-Félix Luciani. Les accusés encourent trois ans de prison et 45 000 euros d'amende.

Le cardinal Barbarin l'assure : en 2015, il a "mis en œuvre ce qui (lui) avait été dit par Rome". "Après, tout le monde est tombé sur moi", déplore-t-il, même s'il compte sur "le soutien de la prière et d'énormément de monde, pas bruyant".

>> À lire : "Pédophilie dans l'Église : la pétition d'un prêtre relance l'affaire Barbarin"

"Je demande qu'on me montre en quoi, dans ma manière d'agir il y avait une faute. S'il y en a une et qu'on me la montre et qu'on me l'explique, eh bien j'assumerai", assurait le religieux en novembre dernier.

Le pape François figure au premier rang de ses soutiens. Celui-là même qui a condamné cet été dans une lettre toutes formes d'abus, dans un contexte plus large de révélations de nombreux scandales pédophiles à l'étranger.

Avec AFP

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