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La dynastie Bongo, au pouvoir depuis plus de 50 ans au Gabon

Omar Bongo lors d'une allocution en 1980 à l'ambassade du Gabon à Paris.
Omar Bongo lors d'une allocution en 1980 à l'ambassade du Gabon à Paris. Georges Bendrihem, Gabriel Bouys, AFP

Une tentative de coup d'État a eu lieu lundi au Gabon. Des militaires ont réclamé le départ du président Ali Bongo, héritier d'Omar Bongo, qui a gouverné le pays durant plus de quarante ans. Chronologie.

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Lors d'une tentative de coup d'État, lundi 7 janvier, plusieurs militaires gabonais ont appelé à un soulèvement de la population dans une apparente tentative de coup d'État. Ils visaient notamment la formation d'un "Conseil national de restauration" de la démocratie en capitalisant sur l'absence du président Ali Bongo Ondimba, hors du pays depuis plus de deux mois après un AVC. Une tentative qui mise à mettre fin à l'emprise de la dynastie Bongo sur le Gabon, au pouvoir depuis plus de 50 ans.

>> À voir aussi : "Tentative de coup d'État au Gabon : 'La situation est sous contrôle'"

Omar Bongo, le père, a régné 41 ans

Le 17 août 1960, l'indépendance du Gabon, ancienne colonie française, est proclamée. En février 1961, Léon Mba devient président. Trois ans plus tard, il est déposé lors d'un coup d'État, puis réinstallé grâce à une intervention de l'armée française.

Le vice-président Albert-Bernard Bongo, qui deviendra plus tard Omar Bongo Ondimba, (à g.) prête serment aux côtés du président du Gabon, Leon Mba, lors de la cérémonie de prestation de serment à l'ambassade du Gabon à Paris, le 12 avril 1967.
Le vice-président Albert-Bernard Bongo, qui deviendra plus tard Omar Bongo Ondimba, (à g.) prête serment aux côtés du président du Gabon, Leon Mba, lors de la cérémonie de prestation de serment à l'ambassade du Gabon à Paris, le 12 avril 1967. AFP

Fin 1967, à la mort de Léon Mba, Albert-Bernard Bongo, alors vice-président, accède au pouvoir. Il impose le Parti démocratique gabonais (PDG) comme parti unique et dirige d'une main de fer, profitant notamment de la manne pétrolière.

En 1973, converti à l'islam, il devient El Hadj Omar Bongo, auquel il ajoutera Ondimba, le nom de son père, en 2003. Seul candidat, il est élu président en 1973, 1979 et 1986.

Parvenu au pouvoir avec l'aval de Paris, Omar Bongo Ondimba a été un des piliers de la "Françafrique", expression utilisée pour dénoncer un système de cooptation politique, réseaux occultes et chasses gardées commerciales mis sur pied après l'indépendance des colonies françaises d'Afrique noire.

Le président français Valéry Giscard d'Estaing (à d.) s'entretient avec son homologue gabonais Omar Bongo, le 4 novembre 1977 à Paris, lors de sa visite officielle en France.
Le président français Valéry Giscard d'Estaing (à d.) s'entretient avec son homologue gabonais Omar Bongo, le 4 novembre 1977 à Paris, lors de sa visite officielle en France. STF, AFP

De janvier à avril 1990, de graves troubles sociaux tournent à l'émeute. En mai, le multipartisme est adopté, mais Omar Bongo remporte toutes les élections présidentielles (1993, 1998 et 2005) face à une opposition qu'il parvient à diviser ou rallier à sa cause. Les scrutins sont contestés ou suivis de violences.

2009 : Ali Bongo, l'héritier

Le 16 octobre 2009, Ali Bongo Ondimba, fils d'Omar Bongo décédé en juin, est investi président. Il avait été élu en août lors d'un scrutin contesté. Des violences post-électorales et des pillages avaient secoué Port-Gentil (ouest), faisant plusieurs morts. Rapidement, l'opposition dénonce une "dérive autoritaire" et une "personnalisation du pouvoir".

En 2010, la justice française ouvre une enquête sur le patrimoine considérable amassé en France par Omar Bongo et d'autres chefs d'État africains (c'est l'affaire des "biens mal acquis").

En décembre 2014, de violents heurts opposent manifestants de l'opposition et forces de l'ordre, lors d'un rassemblement interdit réclamant le départ d'Ali Bongo, faisant officiellement un mort.

Le régime, confronté à une crise économique à cause du plongeon des cours du pétrole à partir de 2014-2015, fait face à des tensions sociales croissantes, avec des grèves dans la fonction publique et le secteur privé.

>> À voir aussi : "Le clan Bongo, une affaire française" : l'enquête de Laurent Dy et Donatien Lemaître

En 2014, le journaliste français Pierre Péan affirme qu'Ali Bongo a falsifié son acte de naissance, dans son livre "Nouvelles affaires africaines". Cette thèse, vigoureusement démentie par le pouvoir, affirme que le président est un enfant nigérian adopté par Omar Bongo pendant la guerre du Biafra, à la fin des années 1960. Selon la Constitution, il faut être né gabonais pour briguer la présidence. La polémique a fait l'objet de plusieurs procédures judiciaires en France et au Gabon. Une instruction est en cours à Nantes dans le cadre d'une plainte pour "faux" concernant l'acte de naissance déposée par sa demi-sœur.

Depuis 2016 : réélection contestée et absence prolongée

Avant la présidentielle du 27 août 2016, l'opposition demande en vain l'invalidation de la candidature d'Ali Bongo, répétant qu'il est un enfant nigérian adopté et qu'il ne peut pas être président. Le 31 août, la commission électorale annonce la réélection d'Ali Bongo, devant son adversaire Jean Ping.

S'ensuivent des violences sans précédent : manifestations anti-Bongo, interpellations par centaines, Assemblée incendiée, assaut des forces de sécurité contre le QG de Jean Ping... Ces troubles font trois morts selon les autorités, une trentaine, selon l'opposition.

Le 2 septembre 2016, Jean Ping se proclame "président élu". Mais, le 24 septembre, la Cour constitutionnelle valide la réélection d'Ali Bongo.

Reportées trois fois, les législatives prévues en décembre 2016 se déroulent finalement en octobre 2018, avec une victoire écrasante du parti au pouvoir.

Le 24 octobre 2018, Ali Bongo est victime d'un accident vasculaire cérébral en Arabie saoudite. Il est hospitalisé pendant plus d'un mois à Riyad, puis transféré à Rabat. Les rares communications officielles sur sa santé alimentent les rumeurs. En novembre, une partie de ses pouvoirs est transférée au Premier ministre et au vice-président.

La proclamation fin décembre des résultats des législatives entraîne la fin des fonctions du gouvernement.

Avec AFP

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