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Derrière la fuite massive de données de personnalités, un jeune hacker allemand "énervé"

La chancelière allemande Angela Merkel fait partie des victimes d'un jeune hacker de 20 ans.
La chancelière allemande Angela Merkel fait partie des victimes d'un jeune hacker de 20 ans. Odd Andersen, AFP

Un jeune Allemand de 20 ans a reconnu avoir piraté et publié sur Internet les informations personnelles d'Angela Merkel et de près d'un millier de personnalités allemandes. Les autorités affirment qu'il a agi seul.

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C’est un jeune de vingt ans, habitant encore chez ses parents qui serait l’auteur de la plus importante fuite de données personnelles de l’histoire allemande. Les autorités ont confirmé, mardi 8 janvier, avoir interpellé dans l'État de Hesse un homme qui a reconnu les faits.

L'étudiant, dont le nom n'a pas été révélé, est accusé d’avoir publié, depuis début décembre, sur l’Internet des informations personnelles telles que les numéros de portables, l’adresse ou encore des communications privées, d’environ 1 000 hommes politiques, journalistes et personnalités du show-business allemand.

Il était "énervé"

L’ampleur des données ainsi rendues publiques et le fait que des personnalités de premier plan – telle que la chancelière Angela Merkel – fassent partie des victimes, a suscité un vif émoi en Allemagne. Certains médias, comme le quotidien Tagesspiegel, craignaient déjà qu’il s’agisse d’une nouvelle attaque de cybercriminels russes visant à déstabiliser une démocratie occidentale.

Les données d'un millier de politiciens, dont Angela Merkel, de journalistes et de personnalités du show-business ont été mises en ligne en décembre.
Les données d'un millier de politiciens, dont Angela Merkel, de journalistes et de personnalités du show-business ont été mises en ligne en décembre. Capture d'écran DTube, AFP

Il n’en est rien. "Il n’existe aucun élément indiquant, à ce stade de l’enquête, que le suspect a reçu de l’aide extérieure", a précisé Georg Ungefuk, le porte-parole du département de lutte contre la cybercriminalité au parquet de Francfort, lors d’une conférence de presse.

Le jeune homme n’aurait pas non plus nourri de sombres desseins politiques en s’attaquant à une grande partie des parlementaires et des membres du gouvernement. Il a simplement déclaré aux enquêteurs que "certaines déclarations de politiciens l’ont énervées", sans préciser lesquelles. Il a ajouté qu’il était "désolé et n’avait pas pris la mesure de ses actes".

Cette cyberattaque d’envergure n’est pas non plus l’acte d’un as du piratage informatique. "Tout ce que nous pouvons dire est qu’il avait de grandes affinités avec l’informatique, qu’il a passé beaucoup de temps devant son ordinateur pour apprendre les techniques de hacking, mais il ne semble pas avoir suivi de formations particulières", ont reconnu les autorités allemandes.

Doxxing

Les enquêteurs ont refusé de détailler la façon dont le suspect a réussi à obtenir ces données sensibles, mais ont assuré que son "mode opératoire était ingénieux". Il aurait réussi à piller ses informations en plusieurs fois tout au long de l’année 2018, sans que ses allées et venues numériques alertent ses victimes.

Loin, donc, d’apparaître comme un membre d’une importante organisation cybercriminelle, le jeune homme évolue plutôt dans la communauté du "doxxing", indiquent les autorités. Il s’agit d’une pratique qui consiste à rechercher sur Internet toutes les informations disponibles sur une victime puis de les publier afin de lui nuire. Aux États-Unis, par exemple, des internautes s’étaient organisés après les manifestations d’extrême droite de 2017 à Charlottesville pour découvrir sur Internet la véritable identité des participants de ce rassemblement.

Le jeune Allemand a été relâché après l’interrogatoire qu’il a subi lundi. Faute de charges retenues contre lui à ce stade de l’enquête, les autorités ont estimé qu’il n’y avait pas de raison de le placer en détention préventive. Il risque, cependant, d’être poursuivi pour "espionnage" et recel de données privées. S’il est reconnu coupable, il risque une peine allant jusqu’à trois ans de prison.

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